Sites web bridés par les FAI : méthodes pour contourner

Représentation d'un réseau des systèmes autonomes Internet fournis par l'association DIMES

Représentation d’un réseau des systèmes autonomes Internet fournis par l’association DIMES (J.I. Alvarez-Hamelin, Alain Barrat, Alessandro Vespignani, Luca Dall’Asta & Mariano Beiró, licence CC0, Wikimedia Commons)

Votre abonnement vous garantit un accès au haut débit, mais certains sites mettent longtemps à se charger. Vous vous dites sur le coup que les serveurs des sites en question sont surchargés et que donc la situation ira mieux ultérieurement. Cependant, au fil des jours, des semaines et des mois, vous vous apercevez que systématiquement ce sont les mêmes sites qui rament ; vous vous dites que ce sont les gens qui ont conçus le site ou l’hébergeur qui ont des infrastructures insuffisantes. Mais un jour, vous accédez à ces sites plus rapidement sur un autre ordinateur disposant d’un autre FAI ; quel est le mystère ? Ne cherchez pas davantage, les concepteurs du site ou l’hébergeur n’y sont pour rien : c’est votre FAI qui bride volontairement votre connexion à certains sites web, mais il existe quelques astuces simples pour contourner cet inconvénient.

Pourquoi certains sites sont bridés par les FAI ?

Comme son nom l’indique, le fournisseur d’accès à Internet (FAI) est une organisation dont la mission est de permettre l’accès au réseau Internet. Pour mener à bien cette mission, les FAI ont besoin d’infrastructures pouvant répondre à une demande constamment croissante. Ainsi, chaque année, des millions d’euros sont investis pour créer de nouvelles infrastructures permettant de supporter la hausse du trafic. En conséquence, les FAI exigent une taxe (n’ayons pas peur des mots) aux sites dont l’accès demande un trafic très important (par exemple Youtube) afin de compenser les frais de bande passante. Nous nous retrouvons alors dans la configuration où des sites payent et d’autre ne payent pas ; ne pouvant couper totalement l’accès aux sites non-payeurs (leur non-neutralité serait alors trop flagrante), les FAI réduisent autant que possible l’accès aux sites qui refusent de payer la taxe. Cela explique pourquoi des sites comme Youtube sont bridés sur certains FAI.

On notera que ces pratiques sont contraires au droit français et aux droits du consommateurs (bien que je sois contre l’idée que l’on puisse « consommer » Internet), mais que bizarrement, aucune association de consommateurs n’a jamais pensé à se pencher sur le sujet.

Utiliser un proxy ou un VPN

Contourner ce bridage est très simple ; en effet, la technique du bridage se base sur l’adresse IP que vous utilisez. À partir de cette adresse, votre FAI sait exactement sur quel site vous vous trouvez et donc si l’accès doit être réduit ou non. La solution est alors tout simplement de changer d’adresse IP avec une connexion sécurisée en utilisant un proxy ou encore mieux un VPN. Si vous les utilisez, votre FAI ne saura plus sur quel site vous vous trouvez et l’accès ne pourra alors pas être réduit ; mieux encore, ces techniques empêchent également les webmasters des sites que vous visitez de vous localiser. Attention au niveau des proxies ! Certains ne supportent pas les contenus multimédias, donc choisissez le bon proxy en fonction de votre besoin. Par ailleurs, veillez à utiliser un serveur se situant dans votre pays si vous voulez avoir un accès aux sites dans votre langue.

Changer de FAI

Une autre solution qui pourrait se présenter est changer de FAI. Plutôt que de vous adresser aux grandes entreprises classiques qui privilégient certains contenus en en censurant d’autres pour des motifs purement financiers, vous pouvez aussi vous adresser à des FAI indépendants, généralement de plus petite envergure, mais neutres. Un exemple intéressant de ce type de FAI que j’ai rencontré aux JDLL 2012 de Lyon : l’association ILLYSE (voir lien ci-dessous) qui propose un service neutre sur les régions lyonnaise et stéphanoise.

La grande solution à très long terme serait ce que j’ai prôné dans un billet précédent : la création d’un FAI mondial unique et neutre géré par les citoyens pour les citoyens sur lequel aucun état ou entreprise privée n’aurait une influence quelconque.

Liens utiles

Publicités

Patrouille RC : dans l’ombre des projecteurs, mais sous le feu des vandales et de la communauté

Nos amis les médias aiment bien parler de la fiabilité de Wikipédia (pensez donc, c’est la crise, il faut bien vendre). Pour cela, ils vont toujours aller s’adresser aux administrateurs (avec les conneries habituelles balancées par des mecs pas foutus de se renseigner 5 min), mais ce qu’ils raffolent aussi c’est de vandaliser Wikipédia pour tester la communauté. Sauf qu’ils ne testent pas tant la communauté que le groupe de la communauté spécialisé dans le travail ingrat, mais nécessaire, de la chasse aux vandalismes : la patrouille RC.

Un travail en surface

Les patrouilleurs RC sont implicitement les contributeurs les mieux connus de Wikipédia avec les administrateurs. En effet, comme leur nom l’indique, ils sont chargés de vérifier les modifications récentes, ils sont donc les contributeurs qu’un nouveau ou qu’une personne contribuant épisodiquement sous IP sont le plus susceptibles de rencontrer. Par ailleurs, l’attention de la population au niveau de la communauté de Wikipédia se focalise toujours sur les contributions en temps réel par les anonymes et donc sur le contrôle effectué par la patrouille RC. Ainsi, tout en restant dans l’ombre, elle se retrouve sous le feu des projecteurs. Bien sûr, ils ne sont pas les seuls à vérifier les modifications récentes ; tous les wikipédiens le font via les articles qu’ils ont en suivi, mais les patrouilleurs RC se démarquent du reste de la communauté par le fait qu’ils consacrent un temps plus ou moins long à cette seule et unique tâche.

Pour effectuer leur travail au mieux, les patrouilleurs RC disposent de nombreux outils techniques. Autres que les administrateurs-patrouilleurs qui disposent de leurs outils et les mettent à disposition des autres patrouilleurs, la patrouille RC utilise de nombreux outils permettant de visualiser les modifications en temps réel et d’agir en conséquence (page des modifications récentes, LiveRC…). Ils comptent aussi sur le soutien de Salebot, chargé de supprimer les vandalismes les plus évidents, et sur des filtres anti-erreurs spécifiques à certains types de contributeurs ou de vandalismes.

Un renouvellement constant

On ne peut pas vraiment dire qu’il y a un profil-type du patrouilleur, même si une bonne partie d’entre eux est déjà ou envisage de devenir administrateur pour être plus efficace dans la patrouille en disposant des outils personnellement, évitant de passer par la case « requête » qui peut avoir un délai plus ou moins prolongé. On remarque cependant que la patrouille RC maintien une activité constante du fait qu’on observe un renouvellement permanent des effectifs. Un phénomène assez particulier que l’on note est que les jeunes nouveaux wikipédiens (entendez au sens de jeune en âge IRL) semblent rapidement intéressés par la patrouille RC. Pourquoi ? Probablement de part sa facilité apparente qui est renforcée par le nombre assez important d’outils automatisés ou semi-automatisés ; facilité qui est à contraster avec le travail de construction d’un article qui peut être long et fastidieux. Je ne sous-entend pas par là que ces contributeurs sont des fainéants, j’indique juste qu’il s’agit d’un type de contributeurs qui veulent contribuer à Wikipédia, mais qui par manque de méthode, de temps ou autre, ne peuvent pas s’investir sur un travail à long terme dans les articles et préfèrent s’orienter vers un travail de court terme qui est la patrouille RC.

L’avantage est bien entendu que cela permet de renouveler les effectifs de la patrouille et d’apporter un regard nouveau dans le travail au sein de l’équipe. Le fait que ces nouveaux accumulent des coquilles n’est pas un inconvénient supplémentaire, car lorsqu’on débute, on ne réussi jamais tout du premier coup. Ensuite, cela se voit plus facilement sur la patrouille RC quand le patrouilleur a le malheur de tomber sur une personne très susceptible ou dont la courtoisie est aussi faible que le niveau de la mer d’Aral. Un inconvénient que je relèverai plus est que cette catégorie de contributeurs, si elle effectue un travail remarquable pour ce qui est de la suppression de vandalismes évidents, n’arrive pas toujours a bien réagir face à des ajouts plus ou moins douteux. Cela provient d’une certaine lacune qu’ils peuvent accuser dans le travail de rédaction d’articles ; ce qui peut être compensé par l’aide de la part de contributeurs plus expérimentés et aussi par la participation à la rédaction d’articles.

Critiques et attaques

Comme toute « structure » la patrouille RC doit subir critiques et attaques. Au niveau critiques, il y en a assez peu ; la critique principale à relever est la présence de trop de bandeaux automatisés et impersonnel ; même si le projet d’aide et d’accueil a effectué un travail remarquable dans la révision de ces bandeaux pour les rendre un peu plus personnels, les messages rédigés par une personne seront toujours les mieux lus. L’usage de ces bandeaux est en grande partie dû à l’effet stressant que génère une patrouille, surtout pendant les heures de pointe ; en effet, voir plusieurs modifications défiler en quelques secondes a tendance à stresser le contributeur qui ne peut pas vérifier toutes les contributions en en même temps rédiger un message. Ces bandeaux ont donc des avantages et des inconvénients et je pense qu’il vaut mieux peser sur ce qui correspond le mieux au type de contributeur.

La patrouille RC est aussi la cible d’attaques ; des attaques qui proviennent à la fois de l’extérieur et de l’intérieur de la communauté. Les attaques extérieures sont généralement envoyées par des gens imbus de leur personne qui croyaient pouvoir figurer sur Wikipédia ou qui voulaient modifier leur article à leur avantage. Les attaque provenant de l’intérieur de la communauté sont généralement plus agressives, car sous couvert de parler au nom de l’intérêt des nouveaux et des IPs (chose assez étrange pour des gens ne participant jamais au projet d’accueil des nouveaux et dont certaines relations « bouffent » les nouveaux encore plus vite que les patrouilleurs), elles se permettent d’attaquer les patrouilleurs en les traitant de « cow-boy » et autres noms d’oiseaux. Certains émettent même des doutes sur l’utilité de la patrouille, expriment leur volonté de la voir disparaître… En résumé des yakafaucons, des gens qui se permettent de donner des leçons et de faire des critiques alors qu’ils ne lèveraient pas le petit doigt pour faire le travail des patrouilleurs et qui n’en reconnaissent pas la valeur, car ils se fichent de savoir de ce qui se passe sur les articles de Wikipédia… tant qu’il ne s’agit pas des leurs.

Attaques d’autant plus injustifiées que la plupart des patrouilleurs participent au projet d’accueil des nouveaux et que les deux projets sont en contact constant.

Licence Creative Commons
Cette œuvre de Juraastro est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Pas de Modification 3.0 non transposé.

Combats idéologiques sur Internet : les nouvelles formes de propagande

L’un des principes fondateurs d’Internet est la liberté d’expression ; le réseau ne doit théoriquement souffrir d’aucune censure provenant de quelconque personne ou institution. Mais peut-on encore tolérer lorsque certaines personnes utilisent et abusent de la tolérance du réseau pour diffuser leurs idéologies fielleuses au nom de la liberté d’expression en violant le droit à la dignité d’autrui ? Est-il tolérable de voir des gens malhonnêtes intellectuellement manipuler le réseau pour mieux parvenir à leurs fins ?

Diffusion d’idéologies et manipulations

Nous avons tous le droit d’exprimer nos opinions, même si elles sont « mauvaises » ou « idiotes » par rapport à la pensée conformiste que la société tente de nous imposer par tous les moyens. En revanche, l’expression de ses opinions doit se faire dans le respect d’autrui sans piétiner sa liberté et ses droits. À force de le prendre pour une zone de non-droit, le réseau Internet est devenu le lieu de rendez-vous des pires idéologies qui le manipulent dans le but de se diffuser de manière massive. L’anonymat et la possibilité de manipuler les outils numériques sont des armes redoutables qui leur permettent de diffuser leurs messages comme ils le souhaitent et surtout de faire passer les messages qu’ils veulent faire passer en jouant sur les peurs des citoyens et en tronquant la réalité pour qu’elle corresponde mieux à leur discours.

Bien que ces personnes soient minoritaires en nombre brut, elles arrivent à se débrouiller pour faire croire que leur discours connaît une grande audience. Ainsi, ils n’hésitent pas à manipuler les statistiques de consultations de leurs sites en s’y connectant plusieurs fois sous des adresses IP différentes, donnant l’illusion qu’un nombre important de personnes a lu et soutient leurs idées ; ces techniques peuvent cependant faire apparaître des contradictions qui mettent à nu ces manipulations statistiques.

Démultiplication dans les commentaires de sites

Les sites d’actualités et de débats sont très souvent pris d’assaut par ces personnes qui au nom de la liberté d’expression diffusent leur idéologie de manière propagandiste. L’accès aux zones de commentaires sur ces sites est généralement aisé, car il suffit juste d’entrer un pseudonyme et une adresse courriel (souvent bidon) pour pouvoir commenter. Ainsi, la pratique très courante qui est aussi utilisée est d’abuser de faux-nez pour faire croire que plusieurs personnes sont du même avis, alors qu’il s’agit en réalité d’une seule et même personne derrière ces multiples pseudonymes. Ces personnes peuvent parfois être détectée par le lecteur lui-même, car chaque individu a ses manières propres de rédiger et de s’exprimer.

L’autre grande pratique est de se faire passer pour celui que l’on a désigné comme étant l’adversaire à combattre et lui faire dire dans les commentaires ce que l’on désire lui faire dire, afin de mieux faire passer le message et l’idéologie. Pratique d’autant plus malhonnête, car elle nuit à la dignité d’un groupe de personnes désigné et qu’elle manipule les pensées des lecteurs en leur présentant des stéréotypes et des idées complètement en dehors de la réalité qui sont émises par une poignée de fanatiques qui ne cherchent qu’à accroître leurs cohortes de dévots.

Ne nourrissez pas le troll

La célèbre, mais malheureusement grande, catégorie des trolls est un peu plus spéciale. Le principe du troll est d’exprimer une idée qui provoquera un débat polémique au sein des participants du site. La plupart des trolls sont des personnes qui ont les mêmes objectifs que cités précédemment, mais d’autres sont justes là pour s’amuser, sans rien apporter de constructif au site sur lequel ils sont. Leur but est tout simplement de se délecter de l’exaspération des gens face à des idées absurdes, simplistes et souvent malsaines. Détecter un troll qui n’est là que pour s’amuser du troll qui est là pour imposer une idéologie n’est pas souvent évident, car ils tiennent souvent le même type de discours : des discours polémiques sur des sujets de société et basés sur des stéréotypes.

En revanche, il est facilement aisé de détecter un troll tout court de part l’irrationalité de son discours et l’exaspération qu’il provoque ; pour les combattre, il n’existe qu’une seule technique : ne pas répondre. L’objectif du troll est que l’on s’intéresse à lui et à partir du moment où on lui répond, cela marque déjà une forme d’intérêt vis-à-vis de son discours, ce qu’il recherche précisément. On pourrait dire qu’il ne faut pas laisser cette personne déverser ses idées nauséabondes et que pour cela il faut balancer une contre-idée ; en effet, à la seule différence que le troll recherche cela car il est purement individualiste et qu’il ne pense qu’à lui-même. En lui répondant, vous apportez de l’eau à son moulin et vous lui permettez d’en rajouter une couche en exposant des idées de plus en plus sulfureuses. Si les lecteurs des commentaires sont assez intelligents, ils peuvent détecter par eux-même les idées absurdes qui ne sont pas dignes d’intérêt, il n’est donc nullement nécessaire de leur présenter une contre-idéologie qui ne ferait que servir les intérêts du troll.

Des solutions élémentaires

Combattre ces personnes qui se servent du réseau pour servir leurs intérêts et diffuser leurs idéologies fielleuses est une tâche ardue du fait que leur fanatisme leur procure une grande obstination, surtout si leurs idées arrivent à avoir un impact (peu importe lequel, l’important étant qu’un intérêt soit manifesté). Les deux grandes solutions sont l’ignorance des internautes vis-à-vis de ces personnes et la vigilance des modérateurs qui doivent supprimer ces commentaires (chose qui peut être facilitée s’il existe un filtrage de modération avant la publication du commentaire). Ces personnes ont besoin que l’on s’intéresse à elle pour vivre et s’exprimer sur le réseau, en leur supprimant ce facteur, vous leur supprimer leur raison d’être sur le réseau et ils disparaîtront d’eux-même.

Source

  • Alexandre Coste et Élodie Emery, « Qui sont les « trolls » qui nous pourrissent Internet ? », Marianne, n°830, du 16 au 22 mars 2013, p. 36 – 38.

Licence Creative Commons
Cette œuvre de Juraastro est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Pas de Modification 3.0 non transposé.

IRC : PDPC a été dissoute

PDPC, l’organisation parente du serveur IRC Freenode a été dissoute mardi 19 mars 2013 en raison de problèmes budgétaires. Cet événement ne marque cependant pas la fin de Freenode qui continuera à fonctionner, mais il soulève un problème quasi-insoluble : pour faire quelque chose, même un projet libre, il faut de l’argent ; un argent qui n’est pas toujours facilement accessible, surtout lorsqu’on utilise pas de publicité qui agresse le lecteur.

Bye bye PDPC sur le blog de Freenode.

Licence Creative Commons
Cette œuvre de Juraastro est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Pas de Modification 3.0 non transposé.

Protéger ses données personnelles sur Internet : une nécessité absolue

Internet fait aujourd’hui partie de notre quotidien, mais avec les nombreuses espaces soi-disant personnels que les grandes entreprises du web nous offrent gracieusement, nous oublions qu’Internet est à la base un lieu publique et interconnecté où n’importe quel être humain peut accéder à n’importe quelle donnée présente sur le réseau à partir du moment où il y est connecté. Ainsi, même des lieux d’Internet que l’on penserai privés sont en réalité publics ; l’utilisation de ces lieux étant généralement le stockage de données personnelles, il nous faut savoir les protéger des intrusions et savoir ce qu’il faut insérer ou non sur le réseau.

Qu’est-ce qu’une donnée personnelle ?

On appelle donnée personnelle sur Internet toute information permettant de près ou de loin d’identifier et/ou de localiser un internaute. La forme que peuvent prendre ces données sont diverses, il peut s’agir du nom, du prénom, de l’adresse IP, de la date de naissance, de photos, du métier, de la religion… Comme son nom l’indique la donnée personnelle appartient à la personne à la personne concernée et c’est elle et elle seule (sauf cas exceptionnels) qui a le pouvoir de décider de leur diffusion et de leur traitement ou non sur Internet et c’est aussi elle qui doit poser les conditions de diffusion et de traitement. Une personne dispose donc d’un pouvoir quasi-absolu sur ses données personnelles ; cependant, nombreux sont encore les utilisateurs candides qui déversent trop de données personnelles sur Internet, actes qui peuvent avoir des conséquences désastreuses à l’avenir.

Le danger des réseaux sociaux

Si les réseaux sociaux peuvent être un moyen partage et de communication, ils ont l’avantage (ou le défaut, tout dépend du point de vue) de nous exposer directement au monde extérieur. Nombreux sont les gens qui partagent tout ou presque avec leur famille ou leurs amis via ces réseaux, mais oublient que ces données peuvent arriver entre les mains de destinataires non désirés. Nous oublions trop souvent que ces réseaux permettent d’avoir une vie publique, ce qui implique que tout ce qui relève du privé ne devrait donc pas en théorie y figurer. Mais les capacités de stockage offertes et la facilité d’échange et de partage font que ces réseaux deviennent des lieux privilégiés pour communiquer et échanger à tous les niveaux (public et privé).

Le danger est extrêmement important pour de nombreuses raisons. Tout d’abord, les propriétaires des sites ont le droit et le pouvoir de changer les conditions de confidentialité et de réutilisation des données du site. Ce qui fait que du jour au lendemain, vos données peuvent se retrouver exposées au monde entier par simple décision de quelques personnes. Par ailleurs, même si vous supprimez vos données, il en restera toujours une trace quelque part, la capacité de stockage d’Internet étant quasiment infinie. Enfin, il existe de nombreuses personnes qui envoient des programmes de toutes sortes pour aspirer autant de données personnelles que possible, dans le but de les transformer en biens marchands (pour les cas les moins graves) ou pour directement vous attaquer via le réseau (pour les cas les plus graves comme le piratage).

Être responsable

Lorsque vous déposez des données personnelles sur Internet, vous devez être conscient des dangers auxquels elles sont exposées, ce qui par extension vous expose directement à ces mêmes dangers. Il vous faut par ailleurs être conscient que lorsqu’une donnée est déposée sur le réseau, il en restera définitivement une trace quelque part, même si vous la supprimez dans la seconde qui suit son dépôt. Vous devez donc aussi vous sentir près à endosser la responsabilité des conséquences qui pourraient arriver suite au dépôt de vos données personnelles par vous-même.

Ne soyez pas naïf au point de penser que vos données ne seront accessibles qu’aux personnes que vous désirez. Il existe une foule de personnes et de programmes malveillants sur Internet prêts à s’en emparer pour des motifs plus ou moins immoraux, voire illégaux. Vous devez donc veiller à ce que vos données soient protégées autant que possible des intrusions, cela passe par deux choses fondamentales : utiliser les outils de protection mis à votre disposition par le site sur lequel vous vous trouvez et surtout, réfléchir avant de déposer une donnée personnelle sur Internet, car ces mesures de protection ne marcheront pas toujours (le cas classique étant les données protégées sur Facebook qui peuvent être quand même accessibles pour les entreprises) ; dans ce cas-là, il se peut que la présence de ces données ait des conséquences néfastes dans la vraie vie.

Sachez cependant que la méthode la plus sécurisée d’échanger des données comme des photos reste toujours le courriel ou le courrier et qu’un anonymat parfait vous sécurisera toujours mieux qu’une identité réelle avec des données personnelles sécurisées de manière plus ou moins aléatoire.

Connaître les législations et leurs modalités

Le traitement et la collecte des données personnelles sur Internet sont régulées par la loi Informatique et libertés en France et par la Convention pour la protection des données à caractère personnel (STE N°108) dans l’Union Européenne. Il faut savoir que si la collecte de données personnelles n’a pas un caractère illégal tant qu’elle se fait dans un cadre privé, elle le devient si les données sont diffusées sans le consentement de la personne concernée. Une personne a tout pouvoir à propos du traitement de ses données personnelles et peut tout à fait demander à un site de retirer ces informations s’il le désire. Si les webmasters refusent ou bien mettent un temps beaucoup trop long pour prendre en compte vos requêtes, vous pouvez alors tout à fait demander aux autorités de votre pays (la CNIL dans le cas de la France) de faire le nécessaire pour que ces données soient retirées.

N’oubliez pas que vous avez le droit de refuser la diffusion et le traitement de vos données personnelles, mais qu’il est aussi de votre droit et même de votre devoir de veiller à la bonne utilisation de vos données. Sachez par ailleurs qu’il est de votre devoir de citoyen de signaler des traitements de données personnelles qui ne seraient pas conformes à la législation, même si ces données ne vous concernent pas.

Licence Creative Commons
Cette œuvre de Juraastro est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Pas de Modification 3.0 non transposé.