Qu’est-ce qu’un internaute libre ?

L’année 2013 aura été celle de l’explosion d’une véritable bombe au sein de l’Internet. Si l’on soupçonnait et l’on savait depuis longtemps que les états du monde entier tentaient d’espionner les internautes pour savoir ce qu’ils faisaient sur le réseau, on ignorait l’ampleur de l’opération. Le fait de savoir que de nombreux états nous espionnent ou sont susceptibles de nous espionner nous amène à réfléchir sur le statut de l’internaute libre.

Les internautes et l’Internet

La plupart des internautes sont insouciants et inconscients de la réalité de l’Internet et des dangers qui s’y meuvent. Ces qualificatifs désignent deux des trois catégories d’internautes les plus courantes (la troisième étant celle des avertis conscients). Les insouciants sont ceux qui naviguent sur l’Internet sans vraiment connaître sa dimension réelle, son essence, quels en sont les dangers et les avantages réels ; pour eux, il s’agit plus d’un utilitaire et d’un banal moyen de communication plus efficace et plus pratique que tout ce qui a été fait jusqu’à présent. Les inconscients sont ceux qui ont une certaine connaissance de l’Internet, qui sont au courant des problèmes de vie privée liée aux programmes d’espionnages ou aux cookies, mais qui ne se sentent pas concernés, car n’ayant rien à cacher, ils n’ont rien à se reprocher et donc rien à craindre.

La dernière catégorie, celle des avertis conscients, sont ceux qui prennent au sérieux les problèmes de vie privée liés à l’Internet et font en sorte que leur navigation sur le réseau se fasse dans le respect de leur vie privée. On retrouve dans cette catégorie, le groupe des cybernautes, c’est-à-dire les activistes qui agissent sur l’Internet dans le but de défendre le réseau et ses utilisateurs et qui veillent à ce qu’il reste en dehors du contrôle d’une entité illégitime.

Richard Stallman à Wikimania 2005

Les cybernautes veillent sur l’Internet libre et sur les libertés de ses utilisateurs (Elke Wetzig, CC-BY-SA 3.0)

Un internaute n’est pas toujours libre

Naviguer sur Internet donne un sentiment de liberté sans limites, car il n’y a en apparence aucune force de l’ordre ou aucune loi explicite indiquant ce que l’on peut faire et ne pas faire. S’il est exact qu’aucune loi d’aucun état ne peut réellement s’appliquer de manière légitime sur le réseau du fait de sa dimension mondiale, les états utilisent quelques moyens pour contrôler les agissements de leurs citoyens. Pour savoir ce qu’un internaute fait sur le réseau, il y a plusieurs moyens, légaux comme illégaux, relativement efficaces. Sur le plan légal, les services de renseignement peuvent exiger que les entreprises détenant des données de connexions (les FAI, les entreprises proposant des services sur le web…) leur fournissent ces données. Le cadre de telles requêtes peut être légal (sans être pour autant légitime, une loi sécuritaire fondée au mépris de libertés individuelles n’est jamais légitime), mais peut aussi être illégal.

L’internaute n’est en réalité pas vraiment libre s’il laisse les états ou des entreprises infiltrer ses données de connexion qui sont une véritable mine d’or d’informations personnelles. Peu importe la finalité de la récupération de ces données, l’internaute perd de nombreuses libertés individuelles qui sont intimement liées à la vie privée. L’un des exemples les plus emblématiques est la liberté de penser, car si les états s’autorisent à tout savoir de ce que vous pensez tout haut comme de ce que vous pensez tout bas, ils peuvent alors conserver ces données qui pourraient vous être reprochées un jour.

La plupart des pays concernés par l’Internet démocratisé à grande échelle sont des démocraties certes, mais l’Histoire démontre à maintes et maintes reprises qu’une démocratie n’est pas éternelle et qu’elle peut basculer vers un régime dictatorial de manière progressive. Par conséquent, les informations que le régime démocratique a récolté sur vous pourront être utilisées par le régime dictatorial qui suivra qui pourra les utiliser contre vous.

Sommes-nous libres dans un univers surveillé ?

L’Internet existe sous de nombreuses formes ; certaines sont étroitement surveillées, d’autres le sont moins. La surveillance de l’Internet dépend à la fois de ce que les états recherchent, mais aussi de leur capacité technique à infiltrer le réseau, qui n’est pas illimitée. Bien entendu, nous n’avons pas une vraie liberté à naviguer dans un univers surveillé, car ceux qui vous surveillent savent ce que vous faîtes et peuvent vous contrôler en conséquence. Votre liberté n’est qu’apparente et masque la réalité qui est que la personne ou l’organisation qui vous connaît sait exactement ce que vous pensez, ce que vous aimez ou ce que vous voulez faire ; à partir de là, vous êtes aisément manipulable.

Paranoïa dites-vous ? Pourtant, les cookies que les sites web envoient sur votre ordinateur sont des incitations à consommer qui sont d’autant plus irrésistibles qu’elles vont dans le sens de vos goûts ; par ce biais, l’entreprise derrière le site tente de manipuler votre consommation pour que vous achetiez une chose que vous n’aviez pas prévu d’acquérir. Ainsi, vous n’êtes pas libres de choisir l’objet que vous voulez acquérir et le moment où vous voulez l’acquérir, car c’est l’entreprise qui le fait à votre place.

L’internaute libre dans tout ça ?

Logo du réseau Tor

Le réseau Tor : un moyen très efficace de naviguer librement sur l’Internet sans être surveillé (Tor Project, CC-BY 3.0)

Au milieu de toute cette imbrication de moyens de surveillance, la notion d’internaute libre a t-elle encore un sens ? La réponse est oui ; mais pour y parvenir, il faut y mettre les moyens techniques et psychologiques. Sur le plan technique, il faut empêcher les intrusions par le biais de l’utilisation de logiciels libres quand vous utilisez l’Internet. Deuxième point : empêcher l’interception des données que vous recevez par l’usage des connexions sécurisées (HTTPS, SSH…). Troisième point : consulter et supprimer régulièrement les cookies qui sont installés sur votre ordinateur par les sites web que vous consultez (fonctionnalité présente dans le navigateur web). Un autre moyen très efficace pour empêcher le pistage de vos connexions : l’utilisation du réseau Tor qui vous attribuera une IP intraçable à chaque que vous vous connectez ; il faut savoir cependant que naviguer avec Tor est comme utiliser la fonctionnalité de navigation privée, ce qui signifie que vous n’avez pas d’historique de connexion ou de cookies d’installé.

Si un internaute procède à la mise en œuvre de ces moyens techniques, qui ne sont pas difficiles à installer, il est déjà plus libre. Mais pour être totalement libre, il lui faut aussi franchir une barrière psychologique. Tout d’abord, il doit prendre conscience que les libertés individuelles dont il jouit ont été acquises par de grands combats et qu’il est de sa responsabilité à veiller à ce que personne, et pas même les états, ne vienne les lui enlever, même pour un motif qui pourrait paraître légitime. Il doit aussi comprendre que l’on n’agit pas en fonction des sentiments et que les états jouent sur le sentiment de la peur pour justifier leurs agissements. Enfin, il doit savoir dire non aux tentations et à ce qui pourrait paraître être des fatalités, mais qui n’en sont pas si on a la volonté de se battre.

L’internaute libre est au final celui qui est capable de dire non, aussi bien psychologiquement que techniquement, à ce que l’on tente de nous imposer par des moyens pervers. Mais il est aussi celui qui prend conscience que l’Internet appartient à l’Humanité et que les états n’ont pas à y faire leur loi de manière arbitraire et qu’il est de son devoir d’être humain de faire en sorte à ce que l’Internet reste un réseau mondial libre.

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Jeux vidéo : des œuvres culturelles à part entière

Icône représentant un vaisseau spatial attaquant un astéroïde

Le jeu vidéo : une oeuvre culturelle méprisée (David Vignoni, GNU 2.1)

Les élitistes bien-pensants de la culture ont des critères spécifiques pour décider de ce qui peut rentrer ou non dans le champ de la culture. Il semble que dans ces critères, il existe le critère de la non-production en rapport avec l’informatique et Internet. À ce titre, les jeux vidéos ne seraient pas des œuvres culturelles, mais juste des produits bons à jeter et à dénigrer, pour eux qui sont dans la Haute Sphère culturelle qui voit tout et qui sait tout.

Le jeu vidéo est une œuvre culturelle

Nier que le jeu vidéo est une œuvre culturelle est un énorme contre-sens, mais c’est aussi tellement conservateur. Le jeu vidéo fait partie des œuvres culturelles de notre temps et c’est à ce titre qu’il n’est pas considéré comme tel, car c’était mieux avant ; la doctrine dans l’élite culturelle est que seuls nos ancêtres étaient capables d’innover en matière de culture et que nous, pauvres mortels (souvent sans le titre ou le diplôme qu’il faudrait pour prétendre à être un acteur de la culture), sommes des incapables. Le jeu vidéo est pourtant une œuvre culturelle, mais une œuvre où le contact entre l’œuvre et son public sont différents dans la forme par rapport à ce que l’on pouvait avoir avant. Cependant, le fond est le même, un joueur qui manipule une manette de console ou une souris et un clavier est en contact avec l’œuvre au même titre que le spectateur qui admire une statue ou un tableau ou bien un lecteur qui lit un livre.

Le jeu vidéo dispose de son univers propre, né de l’imagination de ses créateurs et inspiré de bon nombres d’œuvres antérieures. Sa dimension culturelle est égale aux autres œuvres, car il développe et transmet une pensée, tout en alimentant l’imagination de ceux qui sont en contact avec lui. Le fait que les jeux vidéo soient plus axés sur certains pans spécifiques de la culture, qui ne sont pas considérés comme tel par l’élite bien-pensante, ne lui retire pas cette dimension culturelle. Le jeu vidéo est en réalité une nouvelle approche de l’appropriation d’une œuvre où le joueur doit la manipuler et s’y immerger pour la découvrir.

La production culturelle la plus aboutie

De toutes les productions d’œuvres culturelles, celle des jeux vidéo est sans nul doute l’une des plus avancées et l’une des plus adaptées à la révolution de l’Internet. La conception d’un jeu vidéo nécessite de nombreuses étapes, car le produit sera utilisé par les joueurs qui doivent apprécier le scénario, les graphismes et les mises en scène, mais également la jouabilité et de nombreux autres paramètres propres au jeu vidéo. Pour connaître les attentes des joueurs et pour pouvoir s’améliorer, les concepteurs n’ont d’autre choix que d’interragir avec ceux qui seront concernés au premier chef par le produit : les joueurs eux-mêmes. Dans la vie connectée d’aujourd’hui, une œuvre ne peut être créée que grâce à l’intéraction entre le concepteur de l’œuvre et ses utilisateurs.

Le jeu vidéo est l’une des catégories des œuvres culturelles qui ne s’est jamais aussi bien portée avec l’arrivée et la démocratisation de l’Internet, car il était déjà adapté à la sociologie nouvelle qu’apportait le réseau. A contrario, de nombreuses autres catégories qui ne permettait que peu ou pas l’intéraction concepteur-public ont dû commencer à revoir leur copie. Ce que l’Internet a permis, c’est l’accessibilité directe entre le créateur d’une œuvre et son public, grâce aux techniques et aux applications du réseau. Le jeu vidéo fonctionnait déjà selon cette pratique et l’arrivée du réseau mondial n’a fait que démultiplier cette puissance. Ainsi, là où certains modèles de création ont dû se remettre en question, celui du jeu vidéo a seulement été catalysé.

Une œuvre immersive

On reproche souvent aux jeux vidéo d’être trop immersifs ou de brider l’imagination des jeunes. Ce sont des faits, on ne peut guère les contester, mais ces reproches sont en partie injustifiés. Toute œuvre culturelle un tant soit peu réussie finie par immerger celui qui la contemple, et les jeux vidéo n’échappent pas à cette règle. Des affaires malheureuses montrent que les films ou les séries TV peuvent avoir autant d’influence sur une personne qu’un jeu vidéo si elle y est trop immergée. On note cependant que les jeux vidéo (avec quelques autres œuvres) semblent plus immersives que d’autres productions culturelles ; quelle en est donc la cause ? Le temps. Un jeu vidéo est très prenant, bien plus que n’importe quelle autre œuvre culturelle du fait de la richesse qu’il peut contenir et des possibilités et opportunités d’action qu’il offre. Ce qui le rend très immersif, c’est que son univers est vaste et qu’il peut être utilisé sous diverses formes par le joueur.

Est-ce que le jeu vidéo bride l’imagination des jeunes ? C’est une phrase que l’on retrouve dans certains arguments où l’on tente d’opposer les jeux traditionnels réels et les jeux vidéos. L’argument ? Le fait que ce soit visuel, le joueur n’a plus à imaginer comme il le ferait dans un autre jeu ou même s’il lirait un livre. Argument non-recevable, car il s’appliquerai aussi à toutes les œuvres visuelles (et elles sont nombreuses). Une chose à prendre en compte est qu’il y a deux types d’approches imaginatives de l’œuvres : pendant la contemplation et après la contemplation. Les critiques de manque d’imagination liée au jeu vidéo ne prennent en compte que la première, omettant (volontairement ?) la seconde qui est la plus importante. En effet, les jeux vidéo apportent au joueur un nouvel univers qu’il peut retranscrire, modifier ou juste s’en inspirer pour créer son propre univers en aval, un état de fait très courant qui est omis dans ce cas.

Acquisition de compétences et de pratique

Le jeu vidéo peut permettre d’acquérir ou d’améliorer des pratiques et des compétences (ici, l’anticipation) (Grm wnr, DP)

On considère uniquement le jeu vidéo pour un côté juste ludique, chronophage, qui serait à l’origine de la baisse du niveau intellectuel des jeunes… Bref, les jeux vidéos sont l’anti-thèse même de l’école. La réalité est bien différente : le jeu vidéo permet l’acquisition de compétences et la formation d’une certaine logique qui peut parfois se révéler utile dans la vraie vie. On pourrait rétorquer que savoir comment atteindre la plate-forme super-dure pour choper un bonus spécial dans un coffre n’est pas très utile dans la vraie vie, sauf que pour atteindre la-dite plate-forme, il faut faire preuve de logique et cet exercice fait souvent appel à un temps de réaction et à un synchronisme bien dosé pour parvenir à l’objectif, choses qui sont très utiles dans la vie de tous les jours (ex : l’anticipation quand on conduit un véhicule).

On pourrait multiplier les exemples et tous feraient état de fait que la plupart des pratiques et des compétences acquises plus ou moins inconsciemment dans les jeux vidéo servent dans la vie réelle. Mais pourquoi les jeunes n’en font-ils donc pas usage ? Peut-être parce que au lieu d’apprendre aux jeunes à se servir de ce qu’ils ont acquis au fil de leurs parties, on les culpabilise en leur faisant entendre qu’ils flinguent leurs études, que leur niveau intellectuel régresse à cause des jeux et qu’ils doivent arrêter… Au final, cela amène à un refermement des jeunes sur eux-mêmes vis-à-vis de ces thématiques et à un regroupement entre joueurs qui peut parfois amener à de bonnes brochettes de kikoo-lol avec un QI en-deçà de celui d’un poulpe lobotomisé.

Pour conclure, il faut cesser avec l’élitisme culturel qui marginalise le jeu vidéo et empêche les possibilités éducatives qu’il pourrait avoir de se développer. Cependant, il ne faut pas oublier que tout doit être bien dosé pour éviter les excès et ses conséquences désastreuses et le jeu vidéo ne fait pas exception à cette règle.

Accéder à un site web en se passant des moteurs de recherche

Ce tutoriel a été réalisé avec Firefox 20.0

Si la NSA s’est intéressée aux géants du web, c’est parce qu’ils détiennent de nombreuses données sur les internautes. La plupart de ces données sont les requêtes envoyées aux moteurs de recherche qui en disent long sur nos centres d’intérêts, nos goûts, mais aussi nos fournisseurs et bien d’autres choses. En quelques mots-clés, vous pouvez étaler votre quotidien et votre personnalité de manière encore plus détaillée que sur Facebook ou Twitter, et ce à votre propre insu. Les pratiques actuelles font que beaucoup d’internautes sont entièrement dépendants des moteurs de recherche lorsqu’ils cherchent à accéder à un site web qu’ils connaissent, alors qu’il existe des moyens autant efficaces dans leur navigateur.

Vos requêtes en disent long sur vous

Lorsque vous entrez un ou plusieurs mots dans la barre d’un moteur de recherche, celui-ci fait bien plus que vous afficher des résultats, il enregistre au passage l’objet de vos requêtes à des fins diverses (publicités, affinement futur des résultats…). Certes, il ne faut pas non plus abandonner totalement leur usage, mais il faut le limiter dans la mesure du possible. Une pratique qui est relativement courante est d’utiliser les moteurs de recherche pour accéder à des sites que les internautes consultent régulièrement. La conséquence est que le moteur de recherche enregistre que vous demandez souvent des requêtes autour de certains thèmes, il peut dès lors en conclure vos centres d’intérêts et disposer par conséquent d’informations personnelles et privées que vous ne vouliez pas nécessairement transmettre à un tiers.

C’est sans grande importance diriez-vous. Sauf que vous ne savez pas ce que l’organisation à laquelle appartient le moteur de recherche va faire de vos données ; elle peut très bien les vendre, les transmettre à des services secrets étrangers… Bref, elle peut en faire ce que bon lui semble. Ces informations qui étaient privées et personnelles deviennent publics et n’importe qui pourrait potentiellement y avoir accès. Quelques requêtes sur un moteur de recherche peuvent être plus révélatrices d’une personnalité qu’une mise sur écoute. Comment contourner ou limiter les effets de ce problème ? En utilisant des fonctionnalités internes à votre navigateur (notez que ce qui va suivre ne marchera pas si vous utilisez Chrome ou Internet Explorer).

La barre d’url et l’historique de navigation

Grâce à l’historique de navigation et à son cache, votre navigateur se souvient des sites que vous avez consulté (sauf si vous étiez en mode de navigation privée ou que vous avez supprimé votre historique et votre cache). Une première méthode, qui est un peu barbare, est l’utilisation de la barre d’url (la barre où s’affichent les adresses des sites web) où vous pouvez soit entrer le début de l’adresse du site que vous avez consulté (si vous vous en souvenez) ou bien entrer le nom du site ou le titre des pages que vous avez consulté, le navigateur vous affichera alors des propositions de pages web. Ces propositions varieront selon les termes et la précision des url que vous entrerez dans la barre.

Une autre méthode plus conventionnelle est l’utilisation de l’historique de navigation (Historique > Afficher l’historique). Dans cet outil, vous pouvez retrouver les pages et sites que vous avez déjà consulté soit en consultant la liste chronologique, soit en tapant le nom du sites ou des termes présents dans le nom des pages web dans la barre de recherche de l’historique qui vous affichera les pages qui contiennent les termes rentrés (dans leur titre ou leur url). Si vous utilisez la liste chronologique, ne perdez pas de vue que consulter une page web la fera remonter dans la liste chronologique ; par exemple, si vous avez consulté une page le mardi et que vous la consultez de nouveau le mercredi, il vous faudra la chercher dans la liste du mercredi si vous souhaitez la consulter de nouveau le jeudi.

Les marque-pages

Si certaines pages sont intéressantes, mais que leur url ou leur nom est trop complexe ou que vous avez la flemme de passer par l’historique, vous pouvez demander à votre navigateur d’enregistrer cette page dans vos marque-pages. Pour ce faire, il suffit d’aller dans le menu Marque-pages et de cliquer sur le bouton Marquer cette page ; la page que vous êtes alors en train de consulter sera enregistrée dans l’arborescence de vos marque-pages. Pour vous y retrouver, n’oubliez pas d’organiser vos marque-pages en différents dossiers pour éviter d’avoir à terme une liste de dizaines de pages désorganisée dans votre menu des marque-pages. Pour vos sites favoris, vous pouvez même les enregistrer dans votre barre personnelle, ce qui fera apparaître des boutons en lien vers ces sites dans la barre située sous la barre d’url.

Une autre fonctionnalité qui s’apparente aux marque-pages est la page Nouvel onglet où vous pouvez lister vos sites favoris. En cliquant sur le bouton avec un + situé à la droite de vos onglets, vous ouvrez un nouvel onglet avec un menu (s’il est activé) de 9 cases où apparaissent les pages que vous avez consulté le plus fréquemment. Les pages présentes dans ce menu changent au gré de leur nombre de consultation, mais vous pouvez épingler certaines pages dans ce menu pour qu’elles apparaissent systématiquement lorsque vous ouvrez un nouvel onglet. Pour cela, il vous suffit de placer votre souris sur la case où est présente la page qui vous intéresse ; deux boutons s’affichent dans la case, une croix en haut à droite et une épingle en haut à gauche. Si vous cliquez sur la croix, la page sera supprimée du menu ; si vous cliquez sur l’épingle, la page restera à son emplacement à chaque fois que vous ouvrirez un nouvel onglet, quel que soit son nombre de consultations.

La restauration de session

Vous effectuez un travail en utilisant plusieurs sites web simultanément dans différents onglets et vous devez l’interrompre pour une raison quelconque ? Vous ne savez pas comment faire pour conserver tous vos onglets, car vous avez consulté pleins d’autres sites entre-temps et que les sites que vous utilisez sont noyés dans votre historique ? Il existe une solution simple et efficace. Il vous suffit de fermer votre navigateur en laissant tous les onglets ouverts, le navigateur vous demandera si vous souhaitez fermer tous les onglets en même temps, cliquez sur le bouton Fermer les onglets. Lorsque vous reprenez votre travail plus tard, ouvrez votre navigateur comme d’habitude et cliquez sur le menu Historique ; là, vous avez la possibilité de cliquer sur un bouton Restaurer la session précédente qui restaurera tous les onglets qui étaient ouverts à la fermeture de votre navigateur. Si jamais votre ordinateur coupe brutalement, votre navigateur restaurera automatiquement la session quand vous le rouvrirez.

Voilà ! Grâce à quelques petites fonctionnalités de votre navigateur, vous pouvez consulter vos pages et sites favoris sans passer par les moteurs de recherche, préservant un peu mieux votre vie privée. Cela n’est possible cependant qu’à condition d’utiliser un logiciel libre qui ne récupérera pas vos préférences.

La culture : une notion sans loi

Les défenseurs du droit d’auteur associent souvent un concept à la culture : la loi ; selon eux, la première devrait respecter la seconde. Pour justifier l’existence et la nécessité d’avoir des lois liberticides dans un univers où la liberté est totale, on double à l’argument économique classique un argument sans justification valable et dangereusement nationaliste.

La culture et la liberté

On ne peut dissocier la notion de culture et la notion de liberté, elles sont étroitement liées et dépendent entièrement l’une de l’autre. La liberté de créer et la liberté d’expression permettent la création et la diffusion de la culture, qui elle-même permet à la liberté de penser qui ira alimenter de nombreuses libertés, dont la liberté de créer et la liberté d’expression. Au-delà de la notion de libre partage, la culture dite libre est aussi une culture qui est produite sans aucune contrainte et permet la libre diffusion des pensées sous de nombreuses formes. Cet aspect libre de la culture contraste avec le caractère codifié et contraignant qui a régit la création des œuvres pendant de nombreux siècles, que ce soit pour des motifs religieux, politiques ou tout simplement de la volonté d’une élite qui voulait un monde conformiste qui ne correspondrait qu’à sa seule vision.

Il a fallu attendre la fin du XIXe siècle pour que la science réussisse à s’émanciper de la répression religieuse et à innover librement pour permettre les progrès dont nous bénéficions de nos jours et qui se poursuivent encore. Quand était-il avant ? Les avancées scientifiques étaient bloquées par la religion, car les découvertes se heurtaient aux dogmes et aux écrits qui formaient le ciment même d’un mode de pensée qui interdisait toute vision déviant des Saintes Écritures.

Représentation du système géocentrique de Ptolémée

La religion a freiné l’avancée scientifique pendant plus de 500 ans, tout comme la religion de l’argent et de l’égoïsme freinent l’avancée et la créativité culturelle (Loon, J. van, DP).

Qu’en est-il de la culture ? Elle suit un cheminement semblable à celui de la science, mais avec un ou deux siècle de retard ; en effet, le grand déclencheur qui permet la libéralisation de la culture fut l’arrivée d’Internet et du numérique qui permettent aujourd’hui la libre diffusion des œuvres et démultiplication des moyens et des modes de création. Il est par ailleurs assez cocasse de voir certains fanatiques du droit d’auteur crier au totalitarisme à l’encontre de la culture libre, alors que leur discours colle assez bien avec l’une des emblématiques phrases de l’état totalitaire de l’Océania, tiré du roman 1984 de Georges Orwell : « La liberté, c’est l’esclavage ».
Mais avant cela, la culture n’était-elle pas libre ? Uniquement de manière illusoire. Durant les précédents millénaires, la culture se devait de respecter des codes liés à divers principes religieux, moraux ou politiques. Les œuvres qui déviaient des codes édictés, et qui devaient être respectés autant qu’un livre fondateur d’une religion, étaient détruites et leurs auteurs châtiés par des moyens qui ont changés en fonction des modes de gouvernement et de société.

La culture légale : une notion dictatoriale

Il s’agit là d’une des ultimes hypocrisies que l’on puisse trouver dans les raisonnements des pro- du droit d’auteur actuel. Selon eux, il y aurait une culture que l’on devrait qualifier de légale (la leur) et une autre qui serait illégale (celle des autres). Il y a deux grandes origines à cette idéologie. La première est la grande classique qui revient systématiquement : le mercantilisme exaspéré qui tente de s’approprier la culture pour le transformer en source de revenus au mépris de ceux qui en sont légitimement propriétaires : les Hommes. Le second est également assez répandu, mais moins perçu : le nationalisme culturel ; il se décline sous différentes formes, mais sa caractéristique est la suivante : la culture d’une nation est toujours supérieure à celle des autres. Pour marquer cette supériorité, il faut avoir un total contrôle sur elle et la mettre en concurrence avec les autres cultures qui sont considérées comme invasives et même illégales sur le territoire national.

Cette volonté de contrôler la culture est un des principaux mécanismes du conservatisme culturel où l’on tente de hiérarchiser les cultures selon leurs origines, leur public et leur place dans le temps. Certes, il est du devoir des états de préserver leur culture national et de la diffuser à leurs citoyens, mais en ont-ils vraiment la volonté ? Les cas de certaines institutions culturelles nationales montrent que si elles sont toutes prêtes à conserver la culture, elles sont beaucoup moins enclines à la diffuser de manière libre et transparente. Les symptômes de ce problème sont le copyfraud et la restriction de l’accès et/ou de la libre diffusion par des moyens à la limite de la légalité (comme l’interdiction de photographier des œuvres dans un musée) où l’on tente de placer la culture sous le coup d’une loi imaginaire afin de mieux la contrôler.
La culture est vecteur de pensée, nouvelle comme traditionnelle ; contrôler la culture et sa diffusion, c’est contrôler ces pensées et leur diffusion où les détenteurs ont un pouvoir de choisir librement quelle culture (et donc quelle pensée) doit être diffusée au peuple. Le contrôle des pensées est un thème que l’on retrouve dans les dictatures.

Dénicher la vraie culture de la fausse

Il existe des justificatifs à légaliser la culture, mais sont-ils légitimes ? En dehors des problèmes liés au droit d’auteur, il y a t-il d’autres raisons de légiférer sur la culture ? On pourrait dire que si on laisse la culture se créer sans aucune contrainte, on pourrait voir apparaître des créations injurieuses, ou pire encore, se faisant passer pour de la culture. Cependant, ce fait existe déjà avec même une législation, car contourner ce genre de code est très aisé dans une zone où la liberté est une maîtresse absolue. La culture a pour but de véhiculer des pensées et donc à terme de forger les idées et les pensées de chaque individu. Il est en réalité du devoir des institutions culturelles et des acteurs de la culture de donner aux gens l’opportunité de voir ce qu’est la vraie culture pour la différencier de celle qui tente de l’usurper.

Allégorie de la pensée

Nos idées et nos pensées sont issues de notre contact à une culture large et ouverte afin de forger notre esprit critique (Filosofias filosoficas, CC-BY-SA 3.0).

Or, une législation contraignante et des pratiques restreignant l’accès à la culture pour à la fois la préserver et la protéger ont les effets inverses. L’accès à la vraie culture étant très limité (en exceptant la culture libre), les gens n’ont pas l’éducation et la conscience nécessaires pour saisir l’essence primordiale de la culture et donc d’en discerner la vraie de celle qui l’usurpe. Mais ce fait ne dérange pas les détenteurs de la culture dite légale selon leurs propres termes, car ils conservent leur savoir et leur caractère élitiste et donnent aux gens l’illusion d’être en contact avec la culture et maintiennent leurs pensées sous contrôle.

La culture ne peut être contrainte par des lois ou des codes, car elle est indéfiniment liée à la notion de liberté qui l’alimente et est alimentée par elle. Légiférer sur la culture et lui donner des codes serait une régression qui empêcherai l’avancée des pensées, tout comme le contrôle de la science par la religion a empêché les avancées scientifiques pendant plusieurs siècles.