6 janvier 2014 : un an de blog déjà

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Le temps passe relativement vite pour un homme, mais il semble bien plus long pour un internaute. C’est du-moins l’impression que j’ai lorsque je fais une petite rétrospective de l’année écoulée, car aujourd’hui le présent blog souffle sa première bougie. Mais si pour l’être humain qui tape sur le clavier de son ordinateur, la date de sa création remonte à hier, pour l’internaute qui tient ce blog, cela semble remonter à une éternité ; peut-être est-ce parce que l’année 2013 a été riche en événements sur l’Internet.

Si ce blog était à la base surtout destiné à parler des projets de la Wikimedia Foundation, il s’est rapidement retrouvé dans une spirale bien plus grande pour atterrir dans le vaste monde de l’Internet libre, de la culture libre et de leurs défenseurs. Plus que jamais, je destine ce blog à la défense de l’idée de culture libre et d’un réseau libre et indépendant de toute structure étatique ou supra-étatique.

À l’occasion de ce premier anniversaire, je me permet de faire un petit bilan rapide de mon activité sur ce blog au cours de l’année écoulée avec une chronologie et quelques statistiques. Ce 6 janvier 2014 n’est pas seulement la date anniversaire de ce blog, mais également celle de la CNIL, fondée le 6 janvier 1978, soit 35 ans avant la création du présent blog ; aussi, bon anniversaire à la CNIL !

Chronologie

Statistiques

Bilan

  • Articles publiés : 108 billets + 2 dossiers
  • Vues cumulées : 10 059
  • Visiteurs cumulés : 5276
  • Nombre de vues par visiteur : 1,91
  • Commentaires : 262

Consultations par pages et par jour/mois

  • Page la plus consultée : Wikipédia : crash journalistique pour Lyon Capitale (1er juin 2013)
  • Page la moins consultée : La culture : une notion sans loi (1er décembre 2013)
  • Consultations moyennes par page : 71,87 vues
  • Mois avec le plus de vues : Avril 2013
  • Mois avec le plus de visiteurs : Juin 2013
  • Mois avec le moins de vues : Décembre 2013
  • Mois avec le moins de visiteurs : Décembre 2013
  • Moyenne mensuelle de vues/visiteurs : 838,25 vues / 439,67 visiteurs
  • Moyenne quotidienne de vues/visiteurs : 27,56 vues / 14,45 visiteurs

Consultations par pays

Où êtes-vous principalement situés ? En Europe occidentale, en Amérique du Nord et en Afrique de l’Ouest.

  1. France : 8 116 vues (80,68 %)
  2. Suisse : 501 vues (4,98 %)
  3. Belgique : 310 vues (3,08 %)
  4. Canada : 241 vues (2,40 %)
  5. États-Unis : 156 vues (1,55 %)
  6. Maghreb : 120 vues (1,19 %)
  7. Reste du monde : 615 vues (6,12 %)

Après avoir fait ce bilan, quels sont les projets pour l’avenir ? Continuer à tenir ce blog bien entendu, car rien n’est encore fini. Dans les semaines qui suivent, je prévoie de publier un web-livre, librement téléchargeable, qui compilera les billets du présent blog, ainsi que des billets de mes collègues Calimaq et Desert de sel, à propos de la réforme du droit d’auteur.

À cette occasion, je rappelle de la Commission européenne a lancé une consultation citoyenne pour envisager une réforme du droit d’auteur à l’échelle européenne. J’appelle un maximum de citoyens de l’Union à répondre à cette consultation afin de permettre un premier changement qui permettra plus de justice dans le système du droit d’auteur, mais aussi pour empêcher un durcissement du droit en vigueur qui est également prévu dans le texte initial de la consultation.

Comment augmenter la notoriété des sagas audio ?

Mon passage aux Joutes du Téméraire le week-end dernier m’a permis de découvrir IRL beaucoup de gens sympathiques au pôle des sagas audio, mais aussi d’alimenter ma réflexion sur comment pouvoir augmenter la notoriété du mouvement. Les comportements que j’ai pu observer et les échanges que j’ai pu avoir aux Joutes et sur IRC avec diverses personnes m’ont permis de voir plus ou moins où sont les endroits qui coincent, mais aussi pourquoi il est plus difficile de rendre aujourd’hui une saga audio célèbre qu’il y a 10 ans.

Une communauté alimentée par l’intérieur

Une caractéristique malheureuse qui a été observée dans le pôle des sagas audio est sa faible fréquentation par des personnes extérieures à la sagasphère (apparemment pas plus d’une cinquantaine sur les deux jours, sachant qu’une assez bonne partie semblait déjà connaître les sagas audio). Bien qu’il y ait d’autres facteurs qui ont eu un rôle non-négligeable (notamment la dispersion des différents pôles aux quatre coins de l’établissement), une chose qui a bien dissuadé la plupart des visiteurs potentiels est le côté IRL qui a pris le pas sur le côté festival à bien des moments. Je ne reprendrai pas les problèmes et comportements observés au festival même, car cela est déjà suffisamment débattu sur le forum, mais je vais plus me pencher sur l’aspect global de la communauté que j’ai pu y observer.

La communauté netophonixienne est ce qu’on pourrait nommer une communauté multipolaire fermée, c’est-à-dire qu’elle est organisée autour de plusieurs pôles de personnes, tout en ayant peu d’interactions directes avec l’extérieur. De fait, elle est alimentée par la sagasphère elle-même qui constitue une très grande majorité de ses membres et est son propre moteur. Le but initial de la communauté qui est de rassembler les acteurs de la sagasphère pour faire progresser le mouvement n’a certes jamais été détourné, mais une chose à noter est que la communauté a peu de liens globaux avec l’extérieur. Ces liens existent, mais sont indirects par le biais des différents acteurs participant au forum qui disposent autour d’eux d’une communauté propre extérieure à Netophonix. C’est pour cela qu’elle est multipolaire fermée : elle a différents pôles de personnes gravitant autour d’elle tout en ayant peu ou pas d’interaction avec eux.

Le temps des sites web de masse

Si les festivals sont un moyen de faire connaître le mouvement sagasphérique, il ne faut pas oublier que son principal moyen de diffusion historique et actuel est Internet. Les sagas de la première heure (Le Donjon de Naheulbeuk, Les Aventuriers du Survivaure, Adoprixtoxis, Reflets d’Acide…) sont également d’une manière globale les sagas les plus connues. Plusieurs facteurs entrent en ligne de compte pour l’expliquer : le caractère innovant de la saga audio à l’époque, le public touché par ces œuvres, l’humour bien trouvé, mais surtout l’absence à l’époque des sites web de masse tels que Youtube ou Dailymotion.

Or, où trouve t-on de nos jours les notoriétés ? Ou plutôt, grâce à quel genre de médias arrivent-elles à obtenir de la notoriété en peu de temps ? Grâce à des sites comme Youtube qui sont le pur reflet de la société de consommation où le public consomme et où les requins du marketing créent une icône sur la base du succès de quelques vidéos sur un site web. Mais d’un autre côté, il y a ceux qui arrivent à créer un buzz qui leur assure derrière une notoriété non-négligeable sur le web qui parvient à durer. La sagasphère peut-elle rivaliser avec cela grâce aux moyens de diffusion classique ?

Quelles ouvertures ?

Bien entendu, je ne prône pas la création de comptes Youtube pour diffuser les sagas MP3, car ce serait contre-productif pour les auteurs et la communauté ; les auditeurs auraient tout qui leur serait servi sur un plateau et ne feraient plus que consommer une saga comme ils consommeraient un Coca, avec en plus une qualité sonore moindre à cause de la compression de Youtube. Peut-on améliorer la communication sans se prostituer sur les sites web de consommation de masse ? Oui.

En interne du Netophonix, améliorer l’organisation de la liste des sagas audio, une chose qui est déjà en cours. Sur le plan des festivals, il n’y a pas de secrets : il faut essayer de séparer la partie IRL brute de la partie festival pour éviter le couac des 9 et 10 novembre dernier. Une assez bonne partie des membres de la sagasphère sont des étudiants et ont donc à leur disposition (je pense notamment aux radios campus) une palette assez large de moyens pour faire découvrir les sagas audio dans les milieux universitaires. Bien entendu, il faudra aussi trouver des innovations en matière de com’ sur Internet pour augmenter la visibilité du Netophonix (actuellement au rang 68 602 des sites web les plus consultés en France) qui doit être à mon sens un carrefour d’échanges et de découvertes à propos de la sagasphère.

Bien entendu, tout le monde dans le mouvement n’a pas pour but de voir ses œuvres connues comme celles de PoC ou de JBX, mais veulent juste se faire plaisir et faire plaisir à ceux qui veulent les écouter. Aussi, il ne faudra jamais perdre de vue qu’on ne peut pas imposer l’augmentation de la notoriété aux gens, mais juste l’offrir à ceux qui la désire. La diffusion par Internet est l’un des grands aspects des sagas audio qui ne doit pas être remplacé par un autre, mais le système actuel doit être amélioré.

Droit d’auteur : la fin d’une ère

Le droit d’auteur est un monument qui régit la création et la diffusion de la culture depuis déjà pas mal d’années. Il semble avoir été toujours là, mais comparé à la culture, il est encore tout jeune ; le droit d’auteur tel que nous le connaissons est une notion dont les bases se trouvent il y a environ deux siècles. À l’ère d’Internet et du libre partage, cette notion appartient à présent au passé, car l’équilibre entre l’auteur et le public a changé ; une ère s’achève pour le droit d’auteur, une autre arrive.

Le droit d’auteur aujourd’hui

Petite mise au point sur le droit d’auteur tel qu’il est construit de nos jours. Le droit d’auteur tel qu’on le connaît à présent trouve ses origines au XVIIIe siècle, ce qui est, comparé à la culture qui a plusieurs millénaires d’âge, très jeune. Avant cette période (même si des velléités apparaissent dès la Renaissance), il n’y avait pas de droit d’auteur du fait que les productions culturelles étaient souvent anonymes et que les procédés de copie que l’on connaît maintenant n’existaient pas, réduisant très fortement le risque de contrefaçon. Par ailleurs, la culture n’était pas considéré comme un bien marchand de la manière dont certains aimerait bien la voir de nos jours. La culture était avant tout une production artisanale et était le fruit du talent de leur auteur qui ne pouvait que très rarement être copié, ce qui n’impliquait pas de protections particulières.

L’apparition et la démocratisation de l’imprimerie commence à remettre en cause ce modèle plus ou moins idéal pour les auteurs, notamment dans le milieu littéraire. Ainsi, au cours des XVIIe et XVIIIe, des revendications apparaissent (la plupart émanent des philosophes des Lumières eux-mêmes) pour permettre une protection sur les œuvres littéraires. Considérant que les intérêts des auteurs et des éditeurs sont communs, l’Angleterre créé la notion de copyright au XVIIe siècle qui inspire ensuite les américains lorsqu’ils insèrent leur propre copyright dans leur constitution en 1787. Du côté français, c’est la Révolution française qui met en place des protections pour les œuvres dans les années 1791 – 1793, afin de remplacer les privilèges abolis en 1789. Au fil des deux siècles suivants, le droit d’auteur se construit, notamment autour de la Convention de Berne, pour donner celui que nous connaissons d’aujourd’hui.

Graphique montrant l'évolution de la durée du droit d'auteur (jaune et bleu) et de l'espérance de vie (rouge) en France de 1791 à 2007

La grande aberration du droit d’auteur élargi au descendant : une impossibilité d’accès libre à une œuvre pendant au moins un siècle (Psychoslave, licence Art libre).

Qu’est-ce que le droit d’auteur ? Ce sont des prérogatives exclusives qui sont accordées à l’auteur. Il est divisé entre le droit moral (inaliénable), qui permet de reconnaître la paternité de l’auteur sur son œuvre et vise le respect de l’intégrité de l’œuvre, et le droit patrimonial qui lui confère un monopole sur l’exploitation de son œuvre ; ce dernier est souvent cédé par contrat à ceux qui produisent l’auteur et exploitent et promotionnent son œuvre. Il est assez amusant de voir que l’auteur a tellement de prérogatives sur ses œuvres qu’il est plus ou moins un monarque absolu (ce qui est le comble pour une création des Lumières) sur ses créations, décidant de leur destiné comme bon lui semble, sans qu’il n’ait de comptes à rendre. La législation actuelle est tellement rigide et accorde tellement de prérogatives à l’auteur qu’en réalité, nous violons tous inconsciemment le droit d’auteur (voir le blog de Désert de sel en lien en fin d’essai). Par ailleurs, ce droit d’auteur empêche tellement de choses qu’il est en réalité une arme contre la diffusion de la culture qui reste aux mains des élites qui ont à la fois la culture et les droits d’auteurs et qui n’accordent que ce qu’ils souhaitent aux citoyens, qui en sont dépourvus, avec les conditions qu’ils choisissent eux-mêmes (et à leur avantage). La grande absurdité est aussi la règle du maintien des droits sur les œuvres plusieurs décennies après la mort de l’auteur ; en effet, les héritiers touchent une rente quasiment à vie sur des productions qu’ils n’ont pas réalisés : ils vivent sur le talent (qu’ils n’ont pas souvent) de leurs parents et ce, sans faire le moindre effort. Par ailleurs, ils bloquent l’accès libre à des œuvres pour plusieurs décennies (voir graphique ci-dessus).

La culture libre

La culture qui a dominé les deux derniers siècles est ce que j’appellerai une culture fermée, refusant les échanges (sauf contrepartie) et où l’auteur et le public sont séparés par une barrière invisible. Par ailleurs, cette culture n’hésite pas à faire usage de répression violente envers ceux qui ne sont pas de son côté (les peines lourdes encourues en cas de violation des droits d’auteur et les procès). En parallèle de la culture fermée, s’est développée à partir des années 70-80 la culture libre, basée sur les principes de collaboration, de libre partage et d’échanges. Contrairement à la culture fermée, il s’agit d’une culture citoyenne, ouverte à tous dans des règles à la fois peu contraignantes, mais qui imposent le respect et la moralité des liens entre les acteurs. Les piliers de cette culture sont bien entendu les licences libres qui sont une complémentarité au droit d’auteur.

Logo du projet GNU

La licence GNU permet la transparence, le libre partage et la libre modification (Aurelio A. Heckert, GFDL 1.3)

Les licences libres permettent le libre partage et la libre modification des créations tant que les droits moraux de l’auteur sont respectés, notamment la paternité. Ces licences permettent à des projets ouverts de grande envergure, comme Wikipédia ou OpenStreetMap, d’exister où les citoyens crééent et améliorent leurs propres outils. Mais au-delà, cela permet aussi une meilleure transparence sur des sujets sensibles liés à l’informatique grâce aux projets open source. Les licences libres permettent au final des choses que l’on ne soupçonnerai pas de prime abord : la transparence et la citoyenneté, et par combinaison, la démocratie.
Il existe aussi les licences de libre diffusion qui ont un peu plus de restrictions que les licences libres, mais accordent au public les droits fondamentaux qui lui manquent avec le droit d’auteur actuel, notamment le libre partage. Cependant, certaines (je pense notamment à la CC-BY-NC-ND) ne sont pas des licences qui représentent l’équilibre entre l’auteur et le public que doit être le droit d’auteur. Dans des cas plus libres, ces licences sont surtout une protection à l’encontre d’organisations qui sont bien tentées d’exploiter les œuvres sous licence libre comme elles l’entendent (même sans respecter la licence).
Licences libres et licences de libre diffusion sont l’aperçu des conditions du futur droit d’auteur.

Internet : nouvelle interaction entre les auteurs et le public

Les législations sont toutes d’accords sur ce point : le droit d’auteur est un équilibre entre les auteurs et le public. Cependant, le droit d’auteur actuel accorde tellement de privilèges à l’auteur et/ou aux autres ayant-droits que cet équilibre est rompu ; il y a actuellement un déséquilibre en faveur de ces derniers. Internet permet aujourd’hui un échange d’informations dans des proportions jusque-là jamais atteintes avec deux principes fondamentaux : la liberté et l’égalité. Que permet Internet vis-à-vis du droit d’auteur ? Tout simplement de remettre les pendules à l’heure. En effet, Internet permet des échanges et une implication plus directe des communautés de fans dans la conception des œuvres, ce qui influe fortement sur leur évolution. Du temps des comics-strip des années 70, l’évolution de l’histoire dépendait de l’inspiration de l’auteur, mais aussi des résultats économiques des œuvres ; si jamais une œuvre voyait ses ventes diminuer, le héros mourrait, mais pouvait ressusciter si jamais l’intérêt du public se faisait de nouveau sentir. Dans ces affaires, le public était une simple variable, mais n’était pas un acteur déterminant.

Carte représentant les différents conditions d'application du droit d'auteur dans le monde

Le droit d’auteur est en déséquilibre, trop à l’avantage des auteurs et des ayants droit (Balfour Smith, Canuckguy & Badseed, CC-BY 3.0)

Avec Internet, les choses changent ; le public peut directement échanger à propos de l’œuvre et de son évolution. Il peut aussi être le défenseur des droits moraux de certains auteurs qui voient leurs œuvres remixées, mais peut aussi être le défenseur de l’essence originelle d’une œuvre qui dérive trop (voir le billet de Calimaq, lien en fin d’essai). Hier juste spectateur, le public devient acteur dans la création des œuvres. Dans les projets libres, cette tendance se remarque encore plus où le public est acteur et spectateur de l’œuvre, il échange d’égal à égal avec le ou les auteurs qui, eux, font de même ; l’un des exemples les plus probants de ce phénomène est celui des sagas MP3 où les auteurs peuvent compter sur une large communauté composite pour créer et améliorer leur œuvre, tout en faisant de même avec d’autres auteurs, et peuvent aussi compter sur une communauté de fans qui donnent des avis et participent de fait, à la conception de l’œuvre. D’autres exemples, comme des films financés par des dons de particulier, montrent que la place du public change dans la conception des œuvres et est en train de faire de lui un collaborateur de l’auteur, ce qui pourrait lui donner certains droits.

La résistance des conservateurs et des économistes

Tout changement dans une organisation entraîne une acquisition d’avantages pour une partie de la population au détriment d’une autre, c’est un équilibre humain. Ainsi, le nouveau droit d’auteur qui apparaît est bien entendu défavorable aux auteurs par rapport au précédent ; mais le précédent était défavorable au public, tandis que le nouveau lui sera. En réalité, le changement s’amorce d’un déséquilibre vers un équilibre, le trop-plein de privilèges accordés aux auteurs reviendront au public, tandis que ces derniers garderont leurs droits fondamentaux qui leur permettront de rester égal-à-égal avec le public. Malgré cela, il existe toujours une caste qui refusera la perte de ses privilèges et préférera partir en croisade et se poser en martyr plutôt que ne rien faire. Nous assistons ainsi à des attaques frontales de la part de conservateurs et de professionnels qui voient leur activité menacée par un processus logique et irréversible contre de nombreux aspect de ce processus. Pour cela, ils n’hésitent pas à mettre en avant les difficultés financières, la soi-disant illégalité de certaines productions ou actions ou encore leur soi-disant immoralité.

Bannière anti-SOPA du site de LibreOffice

SOPA, PIPA, ACTA, Hadopi… autant de mesures pour tenter de freiner vainement un processus déjà en marche et irréversible (The Document Foundation d’après le code de Zachary Johnson, CC-BY-SA 3.0)

Une autre grande catégorie des gens partant en croisade contre ce processus sont les intérêts financiers de la culture fermée. Ces structures qui se font des millions sur le dos des auteurs et du public ne peuvent en effet penser qu’elles puissent perdre un jour leurs mines d’or. C’est dans cette logique que des projets de loi comme SOPA, PIPA ou ACTA, présentés comme des lois anti-piratage pour soi-disant protéger les auteurs qui périclitent forcement à cause du piratage massif. Il y a aussi derrière un appui fort de l’élite conservatrice qui ne veut pas perdre son monopole de contrôle sur la culture et n’hésite pas à se lancer dans du copyfraud (le fait de s’attribuer des droits sur une œuvre sur laquelle nous n’en possédons pas). Le but de ces manœuvres est de criminaliser encore plus des pratiques qui sont le fruit d’une mutation sociétale et de lancer une vaste campagne de répression pour conserver le contrôle sur la culture et tout ce que cela implique, avec au passage le début d’un contrôle de l’Internet.

Le futur droit d’auteur

Logo mélangeant le logo du domaine public et le logo du copyright

Le futur droit d’auteur devra permettre un passage plus rapide vers le domaine public (Diti d’après Boris23, DP)

Contrairement à ce que les fanatiques de la culture fermée tentent de faire croire, les licences libres ne sont pas des opérations vicieuses de démantèlement du droit d’auteur. Elles sont les prémices du nouveau droit d’auteur qui, certes, mettra à bas le droit d’auteur tel que nous le connaissons encore, mais qui ne remettra pas en cause le droit d’auteur dans son essence même. Bien au contraire, il sera le droit d’auteur des origines voulu par Le Chapelier, à l’origine de la première loi sur le droit d’auteur en France en 1791 :

« La plus sacrée, la plus légitime, la plus inattaquable, et, si je puis parler ainsi, la plus personnelle de toutes les propriétés, est l’ouvrage fruit de la pensée d’un écrivain ; c’est une propriété d’un genre tout différent des autres propriétés. Lorsqu’un auteur fait imprimer un ouvrage ou représenter une pièce, il les livre au public, qui s’en empare quand ils sont bons, qui les lit, qui les apprend, qui les répète, qui s’en pénètre et qui en fait sa propriété. » – Le Chapelier, 1791 (Source : La Quadrature du Net)

Le droit d’auteur actuel ne lit que la première partie de la citation, le droit d’auteur qui arrive la prendra en compte dans son intégralité. La conception des œuvres ne pourra pas toujours être le fruit d’une personne seule qui s’appuiera sur une communauté de fans autour de lui qui l’aideront et qui auront de fait quelques droits sur l’œuvre finale. L’auteur verra ses droits moraux respectés et le public pourra réutiliser l’œuvre dans des conditions de partage et d’échanges, tout en respectant et en soutenant l’auteur dans ses créations. Enfin, le droit d’auteur ne sera pas au service d’intérêts financiers, impliquant la mise en demeure automatique dans le domaine public à partir de la mort de l’auteur, mais au service de l’auteur et du public. Au-delà de revenir à l’essence même du droit d’auteur, la culture deviendra ce qu’elle devait toujours être : la propriété de l’Humanité.

Aller plus loin

Licence Creative Commons
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Diffusion des sagas MP3 : quelles licences et quelles méthodes ?

Si la saga MP3 avait un but, que serait-il ? Être diffusé au plus grand nombre de personnes et connaître la notoriété ; cela dépend d’un facteur très important qui est celui de la licence qui permettra ou non aux utilisateurs de diffuser l’œuvre. Quels sont les meilleurs choix pour atteindre cet objectif, tout en permettant une réutilisation équitable pour l’auteur ?

Un choix décisif

Diffuser une œuvre sous tel ou tel type de licence dépend bien entendu de l’auteur. Quelles que soient leurs conditions, les licences sont toutes un contrat passé entre l’auteur et l’utilisateur de l’œuvre où l’auteur impose des conditions pour accéder et partager l’œuvre à l’utilisateur. L’importance du choix de la licence est primordial, car c’est lui qui permettra à l’auteur de décider de la méthode de diffusion de sa saga. En effet, si les licences peu restrictives pourront permettre une diffusion à large échelle, elles peuvent aussi engendrer une consommation pure de la saga via des médias tel que Youtube où l’auteur n’est pas connu et considéré. En contrepartie, des conditions de partage très restrictives peuvent permettre à l’auteur de créer une véritable communauté de fans autour de lui, mais cela peut engendrer une diffusion moindre ou moins rapide de la saga. La méthode de diffusion idéale pour l’auteur est bien sûr le passage par son site web et ce n’est pas la plus désavantageuse pour l’auditeur, loin de là.

Quelles licences ?

Il serait assez dur d’affirmer qu’il existe une licence idéale pour la publication et la diffusion des sagas MP3, étant donné que leur visibilité et leur réputation sont les facteurs primordiaux pour permettre une plus large diffusion, sans que le facteur licence puisse être une contrainte qui puisse s’exercer sur les deux autres facteurs. En effet, ce qui permet l’essor des sagas MP3, c’est la notion de libre accès que les auteurs accordent aux auditeurs, et les éventuelles contraintes qui peuvent exister en aval ont une incidence très relative sur cet essor.
La plupart des sagas MP3 n’ont pas de licences clairement définies, ce qui fait qu’on peut les considérer de facto comme étant placées sous le régime général du droit d’auteur ; cela interdit toute reproduction ou copie de l’œuvre sans le consentement de l’auteur. Ces conditions très restrictives peuvent freiner la diffusion de l’œuvre, mais elles obligent les futurs auditeurs à passer par le site de l’auteur de la saga et d’ainsi découvrir ce qu’il fait à côté. Le grand avantage du régime général du droit d’auteur est qu’il empêche la consommation des œuvres artistiques que sont les sagas MP3 (voir section suivante).

Nombreuses sont les sagas qui sont diffusées sous licence Creative Commons, dans lesquelles il faut distinguer les licences de libre diffusion (avec les conditions NC et/ou ND) et les licences libres. Les licences de libre diffusion sont pour les auteurs avantageuses, car elles permettent une diffusion de l’œuvre via d’autres médias que leur propre site web (avantage pour l’auteur qui veut une large diffusion), mais elles permettent aussi de respecter les auteurs des musiques qui sont utilisées par les auteurs en interdisant l’utilisation commerciale. Cette même interdiction empêche aussi que des commerciaux sans scrupules puissent réutiliser les œuvres des auteurs pour uniquement faire des profits. Les licences libres quant à elles sont très avantageuses pour les auditeurs et réutilisateurs, mais l’auteur prend des risques de copies sans respect de la licence et surtout de consommation de son œuvre sans qu’il en retire les bénéfices.
Cependant, l’utilisation de certaines licences est imposé par la licence des musiques utilisées dans les sagas (lorsqu’elles sont sous licence de libre diffusion ou sous licence libre).

Autres vecteurs de diffusion

L’un des marronniers sur le Netophonix est la création d’un compte Youtube pour diffuser les sagas via ce média. Si cela peut donner l’avantage d’une diffusion au plus grand monde, nous risquons surtout de tomber dans le vice de la consommation. La plupart des auditeurs des sagas MP3 sont un public adolescent ou de jeunes adultes ; cette classe de population est très consommatrice de tout ce qu’elle trouve à portée. Outre les problèmes de compression liés aux imports sur Youtube qui dégraderaient la qualité sonore, nous arriverions à une consommation pure des sagas par les auditeurs de Youtube qui consommeraient les sagas comme ils consommeraient un vulgaire soda. Cela se voit déjà avec les youtubeurs qui crééent des comptes uniquement pour centraliser un maximum de sagas dans le but d’avoir un maximum de vues sur leur compte et aussi pour donner aux autres la paresse intellectuelle de ne pas rechercher les sites des auteurs. Au final, c’est l’auteur qui est perdant, car non seulement personne ne sait qui sont les différents auteurs des sagas et le travail de ces auteurs n’est pas reconnu et évalué à sa juste valeur.

Le meilleur moyen de diffuser une saga MP3 est de faire en sorte qu’elle ne soit pas consommée, ce qui passe par restreindre quelque peu les modes de diffusion tout en respectant les contraintes de droit d’auteur qu’il peut y avoir en amont et en permettant une diffusion équitable pour l’auteur et l’auditeur (à ce titre, la licence de libre diffusion CC-BY-NC-SA est la meilleure option). Pour qu’un auteur puisse voir son travail estimé à sa juste valeur et qu’il regroupe autour de lui des gens vraiment intéressés par son travail et non pas avoir une simple bande de consommateurs anonymes (et accessoirement crétins), il doit permettre une interaction et maximiser le passage par son site web. Un travail qui est aussi fastidieux, mais nécessaire, est de faire la chasse aux petits malins qui font des imports massifs et sauvages sur des médias comme Youtube, souvent sans respecter la licence de la saga.

Sites pour découvrir les sagas MP3

Dans mon dossier sur les sagas MP3 d’avril dernier, je vous avais brièvement parlé des différents sites et plate-formes web liés à ce phénomène. Dans le billet de l’été de cette semaine, je vais approfondir le sujet et indiquer quelles sont les sagas MP3 à découvrir impérativement (bien que cela soit un point de vue purement personnel dépendant de ma sagathèque).

Netophonix

C’est LA grande référence des sagas MP3 et le site incontournable pour tout ceux qui veulent s’impliquer dans le mouvement sagasphérique. Il est disposé en deux ensembles : un ensemble encyclopédique sur un support wiki et un ensemble forum. Pour les curieux qui veulent en apprendre plus sur les sagas, leurs auteurs et les notions de base, le wiki encyclopédique est fait pour ces personnes (une partie est pompée de Wikipédia :p ). La partie forum est un lieu très actif et très intéressant pour ceux qui veulent se lancer dans la conception ou participer à une saga MP3 avec des rubriques bien organisées. Au sein du forum, s’organisent les événements IRL et les événements sagasphériques ponctuels comme les sagas de l’été ou le calendrier de l’avent de Netophonix. C’est aussi là que sont annoncés les projets de sagas, les nouvelles sorties d’épisodes et où ceux qui veulent mettre leurs talents au service de créateurs peuvent le signaler. Il est bien entendu aussi le lieu de réflexion des membres de la sagasphère à propos des sagas et des problématiques qui peuvent être engendrées.

Le forum est également un lieu que je recommande fortement pour tous ceux qui veulent étudier le phénomène des sagas MP3 en détail aussi bien par la richesse des informations qu’il contient que pour le merveilleux lieu de contact qu’il est avec la sagasphère.

Sites de collectifs de créateurs

Si on trouve la plupart des sagas sur les sites d’auteurs individuels, il existe aussi plusieurs sites de collectifs d’auteurs recensant des sagas MP3 très intéressantes. Les amateurs de science-fiction et de fantastique seront très intéressés par les sagas d’excellente qualité (à tous les plans) du site Audiodramax. À citer aussi Belisair Radiophonies, dépendant de Belisair House sur lequel je suis actif dans la partie Press.

Blogs

Outre le présent blog où je parle occasionnellement des sagas MP3, d’autres acteurs de la sagasphère tiennent des blogs intéressants où vous pouvez découvrir les problématiques liés à ce mouvement, mais également les réflexions engagées. L’un des blogs qui fait référence dans le domaine avec un contenu relativement varié est Le Nid de Johnny. Bien que peu actif depuis quelques mois, le contenu ancien porte des réflexions intéressantes agrémentées de quelques news (pour l’époque 😀 ) dont la découverte est recommandée. Un autre blog que j’avais déjà évoqué en avril est MacP3, composé d’une partie blog avec des nouvelles sur les sagas MP3 dans le MagP3 et une autre partie plus site web contenant divers dossiers intéressants sur les sagas MP3, ainsi que quelques critiques. En bref, un site très intéressant dont la lecture est fortement conseillée pour bien connaître les sagas MP3.

Sagas à découvrir

Quoi de mieux qu’agrémenter vos étés par l’écoute d’une ou plusieurs sagas MP3 ? L’avantage et l’inconvénient des sagas répertoriées par Netophonix est qu’elles sont très nombreuses (plus de 795 sagas répertoriées à l’heure où je rédige ce billet), et comme au restaurant, il est difficile de faire un choix pour découvrir. La première chose à faire est de se rendre sur la liste des sagas MP3 de Netophonix ; pour bien choisir la saga à découvrir, je conseille tout d’abord d’ordonner la liste par catégorie (la liste est ordonnée par ordre alphabétique par défaut) pour vous rendre dans la catégorie qui correspond le mieux à vos goûts. La liste ci-dessous ne répertorie que les principales grandes catégories, mais d’autres existent :

Heroic Fantasy

  • La Tour de Baal : laissez-vous conter les aventures d’une troupe d’aventuriers chaotiques-mauvais en Ombreterre tentant par les moyens les plus désespérés de retourner chez eux
  • Le Donjon de Naheulbeuk : suivez une compagnie d’aventuriers (ou de baltringues à vous de voir) à la recherche d’une mystérieuse statuette dans un donjon maléfique
  • Reflets d’Acide : tout en alexandrins, suivez les aventures d’une compagnie en quête d’un gouffre secret à explorer où se cache un terrifiant pouvoir endormi depuis des millénaires

Science-fiction

  • Adoprixtoxis : ou comment un équipage composé d’un capitaine bourrin, d’un professeur surdoué, d’une infirmière blonde, d’un enfant de 18 ans de type Kevin et d’un robot obsolète tentent de s’échapper d’une planète au nom imprononçable et à la société débile avec l’aide d’un extra-terrestre
  • Eden : suivez les aventures d’Hélène Fresh, une jeune femme participant à une expérience de cryogénisation qui se retrouve 8 000 ans dans un futur où l’Homme n’a plus sa place dans l’univers et dont les derniers survivants sont traqués par une puissante race nommée les Nemesis
  • Les Aventuriers du NHL2987 Survivaure : quand un équipage sensé sauver le monde largue par erreur une torpille proto-nucléique sur un spatioport terrien et se retrouve sans mission coincé dans le vide stellaire dans un vaisseau plus que vétuste et traqué par les belliqueux krygonites

Autres

  • Kingdom Paf (Parodie de jeu) : suivez les aventures de Dora, Cobalt et Gecko voyageant à travers des mondes qu’ils doivent protégés des armées des Sans-Queue, mystérieuses bêtes noire contrôlées par la CIA, une organisation top secrète poursuivant des buts aussi obscurs que démoniaques
  • La IIIe légion (Guerre, Humour) : à l’aube de la Guerre des Gaules, la IIIe légion, aux ordres de Pompée, tente de ralentir la progression politique de César en entravant ses actions en Gaule et en Germanie