Sites de musique libre

Pour ce premier billet de l’été, je vous emmène vers les sites web proposant des musiques publiées sous licence libre ou sous licence de libre diffusion. Car oui, il existe aussi des musiques libres de droit dont la qualité mérite le détour et il peut parfois s’agir de professionnels ayant des contrats avec des labels.

La fontaine de Joy

L’été démarre en musique ! (Bon d’accord, le 21 juin est déjà passé ^^) (Slunia, CC-BY-SA 3.0)

Dans les sites généralistes, auboutdufil.com est une première étape intéressante. Il propose plusieurs morceaux diffusés sous licences Creative Commons (libre ou libre diffusion) ou Art libre. Les groupes ayant composé ces morceaux sont assez peu connus, mais proposent des productions qui peuvent valoir le détour dans des styles musicaux très divers (pop, rock, electro, acoustique, variété…). Un autre site généraliste est ccMixter qui propose de nombreux morceaux musicaux dans de nombreux styles sous licence Creative Commons (libre ou de libre diffusion). Pour ceux qui voudraient juste découvrir des musiques libres, la webradio SynopsLive propose dans sa programmation des musiques sous licence libre de bonne qualité parfois intéressantes.

Pour ceux qui rechercheraient des musiques pour jeux comme des ambiances ou autre, la partie audio du site Newgrounds est faîte pour vous. Publiés sous licence de libre diffusion CC-BY-NC-SA, les morceaux couvrent une gamme de styles musicaux assez importante tel que le rock, l’electro ou le hip hop.
Bien que ces musiques ne soient pas libres de droit, je conseille aux amateurs de Final Fantasy VII le remix des morceaux du jeu nommé Voices of the Lifestream. Ces remix, dans des rythmes techno, rock ou classique, méritent le détour de par la qualité musicale et l’originalité des harmonies développées tout au long des morceaux.

Si vous êtes intéressé par les musiques de type electro, psychedelic ou techno, le portail Ektoplazm est le lieu rêvé pour trouver une gamme très large de musiques et de groupes dans ces domaines. Lancé en 2007, ce site propose plus de 35 millions de morceaux répartis dans plus de 7 millions d’œuvres publiées sous licence Creative Commons ; les types de licence les plus courants sont les licences de libre diffusion CC-BY-NC-SA et CC-BY-NC-ND. Les musiques présentes sur ce site sont de très bonne qualité et reflètent une diversité sonore qui explore de nombreuses pistes des styles electro, psychedelic et techno.

Pour ceux qui souhaiteraient élargir la gamme de sites de musiques libres, je vous conseille cette liste de 22 sites sélectionnés sur le site Korben (la majorité des sites listés dans ce billet y figurent).

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Absence et billets de l’été

Bonjour à tous.
Pour cause de vacances (géologiques 😉 ), je serai absent à partir de demain pendant 1 semaine.
Comme l’été arrive, une série spéciale de billets nommée billets de l’été sera lancée à mon retour. Il s’agira de billets hebdomadaires qui seront publiés pendant les mois de juillet et d’août. Ces billets vous feront découvrir les bons plans de la culture et de l’Internet libre (sites web, logiciels, musiques, livres…). Vous pourrez ainsi profiter des vacances pour mieux découvrir et apprécier ces univers.

Internet : ce monde virtuel si réel

Parce que nous sommes derrière un écran et que personne ne peut nous voir, nous pensons qu’Internet n’est qu’un monde virtuel où nos actions n’ont aucune répercussion dans notre vie réelle. Mais Internet est en réalité un monde réel qui utilise un autre espace pour mouvoir, un espace que nous ne pouvons aborder et que nous nommons virtualité.

Un monde virtuel qui n’en est pas un

Une chose que nous avons tendance à oublier de manière inconsciente est que derrière le pseudonyme, ou tout autre moyen d’identification d’un utilisateur du réseau, il y a une personne physique qui existe réellement dans le monde vivant (sauf quelques exceptions comme les bots). Les pseudonymes et autres sont des moyens d’identification de notre personne sur Internet, mais sont surtout notre identité dans ce réseau ; il s’agit de notre projection personnelle dans un monde parallèle au monde vivant dans lequel nous évoluons. Ce monde parallèle, que je nommerai monde numérique, n’est pas virtuel dans le sens où il s’oppose à la réalité du monde ; ces deux notions ne sont que des points de vues humains vis-à-vis de ce que nos sens peuvent percevoir ou non.

Globe céleste iranien de 1144 conservé au musée du Louvre

Nous abordons Internet avec une vision purement humaine et matérielle du réseau (Captainm, CC-BY-SA 3.0)

Internet est un monde qui utilise un autre référentiel pour exister, d’autres lois, une autre philosophie, d’autres logiques… Internet est perçu comme un étranger, une entité inconnue et l’inconnu a toujours effrayé les Hommes depuis la nuit des temps. Pour nous rassurer, nous nous disons qu’il ne s’agit que d’une chose qui n’existe pas réellement, qu’elle n’influe pas sur notre vie réelle. Cette négation permanente apporte un climat à la fois de méfiance, mais aussi d’irresponsabilité des utilisateurs (le réseau est virtuel, donc nos actes sont aussi virtuels et n’ont aucune incidence sur la vie réelle).

Des échanges indirects réels

Malheureusement pour ceux qui raisonnent ainsi, le réseau est bien réel et sa réalité se manifeste bien au-delà et en dehors de lui-même. Ainsi, les actions qui violent la loi peuvent engager des procédures qui peuvent amener les utilisateurs vers un juge réel dans un tribunal réel, et cela uniquement parce qu’ils pensaient agir librement de manière purement virtuelle sans que la vie réelle ne soit influencée. Lorsque nous communiquons via les courriels, l’IRC… nous nous adressons à une personne physique présente derrière un écran d’ordinateur ou de tablette, tout comme nous. À la différence avec les échanges dans la vie réelle qui se font de manière directe, les échanges par Internet se font de manière indirecte ; en effet, nous déléguons notre capacité à nous exprimer sur Internet à notre représentant sur le réseau et notre interlocuteur fait de même. Ainsi, les échanges se font bien d’une personne physique à une autre, mais de manière indirecte avec les intermédiaires que sont nos représentants sur le réseau.

Un monde parallèle réel

Internet est le reflet du monde dans lequel nous vivons. Il s’agit d’un monde, d’une dimension à part entière avec ses règles, ses caractéristiques et sa population. Si les organisations internationales et les états tentent de prendre le contrôle d’Internet, ce n’est pas pour rien : c’est tout simplement parce qu’au sein de ces organisations hiérarchisées, on ne peut accepter qu’il existe dans le monde que nous contrôlons (ou plutôt que nous croyons contrôler), une dimension parallèle et anarchique qui puisse échapper à tout contrôle, surtout lorsqu’elle est le fruit même des Hommes. Le réseau est considéré avec suspicion, car il est perçu comme un extra-terrestre ou un espion

Représentation d'artiste d'un lever de soleil sur l'exoplanète Kepler-22b

Internet : un monde inconnu et fascinant (Denisng, CC-BY-SA 3.0)

Internet est plus qu’une simple société : c’est un monde à part entière. Un monde décentralisé, sans chef, dont le fonctionnement anarchique permet une autorégulation plus efficace que tout ce que les polices et services secrets du monde pourraient faire. Ce monde est immatériel, car il est caractérisé par des données chiffrées qui sont échangées via des ondes électromagnétiques, mais il dispose de supports physiques pour exister, tels les câbles, les satellites ou les serveurs. Sa structure lui permet d’échapper au contrôler de toute organisation qui ne pourra jamais que contrôler au pire une portion du réseau qui sera bientôt remplacée par un autre lieu semblable, mais sans contrôle. Les utilisateurs du réseau sont des copies des personnes physiques présentes dans le monde réel. Ces copies, nous les contrôlons, mais nous leur donnons aussi une personnalité à la fois semblable et distincte de notre personnalité réelle. Les internautes ont en réalité deux Moi : le Moi du réel et le Moi de l’Internet ; autrement-dit, nous avons tous plusieurs consciences et personnalités, chaque conscience et chaque personnalité ayant été conçue pour une dimension unique.

Internet est un monde vivant qui est le reflet de l’Humanité toute entière. Personne ne pourra jamais le contrôler à 100 %, car sa liberté et son égalitarisme font de lui un monde indépendant et parallèle aux structures et organisations mises en place dans un autre monde. Le jour où l’une de ses organisations déclarera la guerre à l’Internet, il déclarera la guerre à l’Humanité, mais aussi à un autre monde. Mais peut-être que cette guerre des mondes à déjà commencée…

Wikirencontre franc-comtoise sur Arbois

Après Belfort en 2010 et Besançon en 2012, a eu lieu samedi 15 juin 2013 la troisième wikirencontre organisée en Franche-Comté, dans la petite ville jurassienne d’Arbois. Principalement axée autour de la géologie et des vins du Jura, cet événement a été l’occasion d’apporter de nouvelles photos à Wikimedia Commons et de motiver de futures contributions sur Wikipédia sur les articles liés à la région arboisienne. 10 contributeurs venus de Franche-Comté, de Bourgogne, de Savoie et de la région lyonnaise ont participé à cette édition 2013.

Vue panoramique du vignoble et de la plaine jurassienne depuis le belvédère de Pupillin.

Vue panoramique du vignoble et de la plaine jurassienne depuis le belvédère de Pupillin.

Le programme matinal s’est principalement déroulé dans les alentours de la petite cité comtoise avec vue sur la reculée d’Arbois depuis le belvédère du Fer à Cheval, la visite de la cascade des Tufs de la Petite Cuisance, la visite du village des Planches-près-Arbois, le belvédère de Pupillin avec vue sur le vignoble arboisien et le nord de la Bresse, et enfin la visite du fanum gallo-romain de Pupillin, classé Monument Historique. De nombreuses photos ont été prises par les wikipédiens qui iront enrichir la médiathèque en ligne Wikimedia Commons. Pour l’anecdote, ce site web devient l’un des rares, sinon l’unique site au monde à disposer d’images du fanum de Pupillin.
Après un repas très convivial et très riche en échanges, l’après-midi fut composé d’une visite du musée de la Vigne et du Vin du Jura et d’une chasse aux monuments historiques du centre-ville d’Arbois ne disposant pas encore d’images sur Commons.

Reculée d'Arbois vue depuis le belvédère du Fer à Cheval

Reculée d’Arbois vue depuis le belvédère du Fer à Cheval

La cascade des Tufs de la Petite Cuisance

La cascade des Tufs de la Petite Cuisance

Fanum gallo-romain de Pupillin

Fanum gallo-romain de Pupillin (Otourly, CC-BY-SA 3.0)

Les wikirencontres sont des événements qui permettent aux wikipédiens de se rencontrer physiquement, d’échanger leurs idées, mais aussi de travailler ensemble et collaborativement sur le terrain. Elles permettent également d’enrichir la culture générale et d’éveiller leur curiosité de manière conviviale qui bénéficie aux articles de l’encyclopédie concernés par les sujets de ces wikirencontres.

Château Pécauld abritant le musée de la Vigne et du Vin du Jura (Otourly, CC-BY-SA 3.0)

Une prochaine édition des wikirencontres en Franche-Comté sera prévue pour 2014 avec probablement une visite dans le nord de la région.

Programme PRISM : un scandale prévisible

La découverte du programme secret PRISM de la NSA (National Security Agency), qui consiste à collecter toutes les données des utilisateurs de services de grands groupes américains tels que Google, Facebook ou encore Microsoft, est en réalité la suite logique d’une corrélation de trois événements : la surveillance mondiale des télécommunications par cette organisation (symbolisée par le réseau Echelon), la capacité quasi-infinie des multinationales du web à collecter les données à des fins économiques et la naïveté et l’égocentrisme des internautes qui les poussent à étaler toute leur vie sur Internet.

Une surveillance mondiale

Depuis une vingtaine d’années, nous savons que les télécommunications sont espionnées à l’échelle mondiale par un réseau de stations d’écoutes, appuyées par des satellites, nommé Echelon, programme né dans les années 1970 du traité UKUSA qui regroupe une collaboration entre les services de renseignement américains, britannique, canadien, australien et néo-zélandais. Grâce à ce système, les états membres ont accès à n’importe quelle communication du monde de n’importe quel ordre (privée, secrète, publique…). Si officiellement le but de ce programme était de lutter contre le bloc communiste (du temps de la Guerre froide), puis contre le terrorisme, les témoignages d’anciens agents impliqués dans le réseau et de journalistes d’investigations qui ont mis ce réseau à jour dans les années 1990 révèlent que les cibles n’étaient pas les ennemis, mais les alliés et partenaires commerciaux. Si aucune preuve n’existe officiellement, le réseau aurait été impliqué dans l’espionnage économique et industriel en faveur des entreprises américaines, leur permettant de remporter nombre de contrats contre des concurrents européens. Pour en savoir plus sur Echelon, je vous conseille cette enquête très révélatrice.

Base Echelon de Menwith Hill, au Royaume-Uni

Depuis les années 1970, le réseau Echelon espionne les télécommunications du monde entier ; ici, la station d’écoute Echelon de Menwith Hill, au Royaume-Uni (Matt Crypto, DP).

La NSA est au cœur du réseau Echelon, c’est la seul des cinq organisations de renseignement à posséder l’intégralité des informations fournies par le réseau ; ainsi, elle a le pouvoir de partager les informations qu’elle désire. Cependant, Echelon trouve ses limites avec l’arrivée massive d’Internet, dont les échanges ne sont pas par satellite, mais par des câbles souterrains et sous-marin. Si l’interception des anciens câbles était encore possible, l’arrivée de la fibre optique rend ces opérations extrêmement difficiles.

À partir du moment où il devient impossible d’intercepter les informations sur le réseau de circulation, il n’y a plus qu’un seul moyen possible : aller les chercher sur leur lieu de stockage, autrement dit, les serveurs. Par chance pour la NSA, la majorité des services du web sont tenus par des entreprises américaines dont les serveurs sont situés aux États-Unis. L’opération est rendue d’autant plus facile que les entreprises conservent les données personnelles de leurs utilisateurs pour des motifs économiques et que l’opinion publique américaine accepte, depuis le 11 septembre 2001, d’être espionnée par ses propres services secrets afin qu’ils assurent sa sécurité. Dans un tel contexte, un programme comme PRISM peut facilement être monté, surtout quand il rencontre l’approbation du Congrès et que les entreprises impliquées ne peuvent que se soumettre aux injonctions de l’État fédéral et de la justice.

Les données personnelles : la mine d’or du web

En dehors de la législation, qu’est-ce qui permet à PRISM de nous espionner ? Tout simplement les données personnelles que nous laissons traîner pour l’éternité sur le web, car elles sont récupérées par les groupes qui tiennent les services que vous utilisez. Ces données sont une mine d’or pour les entreprises du web, car elles leur permettent de vous connaître et de cibler dans leurs pubs les services et produits qui seront susceptibles de vous intéresser selon les sites que vous avez visité ou les requêtes que vous avez rentré dans un moteur de recherche. Ainsi, vous serez dirigés vers des services correspondant à vos centres d’intérêts, ce qui peut vous inciter à acheter sur le web des choses que vous n’envisagiez même pas d’acquérir durant votre navigation. Mais encore plus au-delà, au fur et à mesure que ces services vous connaissent, ils peuvent deviner vos choix futurs et vous orienter dans la direction qu’il a deviné et qui risque d’être la bonne. Cela permet aux grandes entreprises de connaître les modes pour différentes catégories de la population et de prévoir la future mode afin de s’adapter immédiatement.

« Big Brother vous regarde », la comparaison entre PRISM et le système de surveillance imaginé par Orwell est saisissante (Frederic Guimont, licence Art Libre)

C’est à ce même titre que PRISM nous connaît et nous espionne. En récupérant nos données personnelles, les agents peuvent savoir qui nous sommes, comment nous pensons, ce que nous aimons, ce que nous détestons, comment nous agiront dans un temps futur… et ainsi, débusquer les futurs vrais ou faux supposés terroristes. Car c’est au nom de la lutte contre le terrorisme que ce programme a été lancé ; un programme qui est cependant extrêmement intrusif et qui fait, de manière très inquiétante, écho avec le système de surveillance télécran utilisé dans le célèbre roman 1984 de Georges Orwell (œuvre qui a par ailleurs vu ses ventes exploser depuis la découverte du programme PRISM et la comparaison qui en est faite avec le célèbre Big Brother). Bien qu’il y ait une nuance de taille entre le système imaginé par Orwell et celui du programme PRISM (les télécrans peuvent voir les moindres mouvements du moindre citoyen 24h/24 et 7j/7), une telle intrusion dans notre vie privée est alarmante, car cela peut amener à de graves dérives dignes d’une dictature totalitaire.

Un manque d’éducation

Enfin, le dernier point qui permet aux grandes sociétés de pomper nos données personnelles, et qui permet donc à PRISM d’y avoir accès, est le manque d’éducation patent des internautes lambda vis-à-vis du web et de ses dangers. En France, les écoles se mettent à enseigner les dangers liés aux réseaux sociaux et au fait de ne pas donner ses coordonnées à n’importe qui sur le web ; s’il s’agit d’un bon départ, cela est encore insuffisant. Beaucoup de gens ignorent encore que le simple fait de chercher un mot ou une expression dans le moteur de recherche de Google, Yahoo! ou Bing (Microsoft) est déjà une donnée personnelle que l’on fourni aux entreprises qui gèrent ces moteurs, ils connaissent un nouvel aspect de vos centres d’intérêts ou de votre simple curiosité. Ce que les internautes doivent savoir c’est que tout action qu’ils entreprennent sur un réseau centralisé tenu par une société privée est une donnée qui sera enregistrée de manière quasi-définitive et traduite en source d’argent pour ces sociétés. Ces mêmes données sont aujourd’hui traduites par PRISM en source d’informations pour la NSA.

Une chose que nombre de gens ont tort de commettre, c’est de trop faire confiance à ces sociétés qui détiennent leurs données personnelles. Comment peuvent-elles s’émouvoir qu’une agence de renseignement capte leurs données sur les serveurs de compagnies qui les stockent à des fins économiques, alors qu’il s’agit d’une logique assez simple ? C’est une dérive qui devait tôt ou tard arriver et par manque d’éducation au niveau de leurs données personnelles sur le web, les citoyens se sont eux-mêmes faits complices de la mise en place de ce programme.

Quelles solutions ?

Drapeau de l'Union européenne

Les citoyens européens doivent prendre l’initiative et prendre conscience du caractère essentiel de protéger leurs données personnelles (Verdy p, -xfi-, Paddu, Nightstallion, Funakoshi, Jeltz, Dbenbenn & Zscout370 ; DP)

Les solutions contre ce type de programme existent ; tout d’abord, sur un plan législatif à l’échelle européenne. À plusieurs reprises, l’Union européenne a tenté de mettre en place des lois solides très protectrices de la vie privée sur Internet, lois qui ont été laminées durant leur conception par le lobbying des géants du web et d’autres sociétés associées qui verraient une source de revenus considérable s’envoler. Les citoyens et les grands acteurs de l’Internet citoyen doivent participer à la conception de ces lois et créer un contre-lobby pour préserver l’indépendance et la liberté d’Internet et protéger efficacement les citoyens qui voient leurs données personnelles transformées en source d’argent et qui sont à présent utilisées dans des programmes d’espionnage étrangers. Ensuite, l’Union européenne doit créer un pôle Internet suffisamment puissant pour concurrencer le monopole américain dans ce domaine et amener les citoyens à utiliser les services européens de l’Internet qui doivent être créés par des cyber-citoyens européens et qui doivent concurrencer efficacement les services américains. Cela implique aussi de permettre une grande liberté d’entreprendre sur le réseau qui doit passer par une réforme globale de la propriété intellectuelle.

S’il n’est pas garanti de pouvoir contrer PRISM qui semble être accepté dans le principe par la plupart des citoyens américains, les citoyens européens doivent prendre conscience et être vigilants vis-à-vis de leurs services secrets. Cela doit passer par des réformes où ces services doivent rendre des comptes clairs à la Nation qu’ils doivent protéger. De tels programmes aussi intrusifs, dont l’efficacité est contestée du fait de l’importance des données accumulées et des moyens parallèles sur Internet qui permettent d’échapper à ce genre de programme, ne peuvent exister si les citoyens contrôlent l’action de ceux qui les protègent. Un équilibre doit exister entre le secret nécessaire pour mener à bien les actions préventives à l’encontre de personnes ou de groupes de personnes qui menacent la sécurité de l’État et son intégrité et le droit de regard et de contrôle des citoyens pour limiter les abus potentiels. L’efficacité des services pourrait même s’en trouvée renforcée s’ils ont la confiance de citoyens prêts à les aider dans leur tâche, et cela passe par une ouverture et non pas par un culte du secret le plus total qui ne peut qu’entretenir une suspicion constante et réciproque entre les citoyens et les services.

À la phrase du président Obama qui affirme que l’on ne peut pas avoir 100 % de sécurité et 100 % de vie privée, je lui oppose cette phrase très explicite d’un autre américain célèbre, Benjamin Franklin : « Ceux qui sont prêts à abandonner une liberté fondamentale pour obtenir temporairement un peu de sécurité, ne méritent ni la liberté ni la sécurité. »