11 janvier 2013 : le combat d’une vie interrompu par l’intolérance

Bougie de la mémoire

In memoriam Aaron Swartz (Matthew Bowden)

Beaucoup de gens oublient que nous ne devons pas l’Internet et les libertés qu’il procure aux grandes entreprises qui tiennent les sites web les plus visités au monde (en dehors de la Wikimedia Foundation). Si le réseau mondial nous permet d’y être libre, c’est grâce à des gens qui sont convaincus que nous avons le droit de partager librement notre culture et notre savoir avec n’importe qui et que nul état ou organisation ne devrait avoir un monopole exclusif sur leur conservation et leur diffusion.
Nous oublions parfois que nous combattons des gens rétrogrades, mais aussi dangereux qui n’hésitent à utiliser un appareil répressif extrêmement violent pour conserver leurs privilèges et leur monopole sur la culture et le savoir. Une violence telle qu’elle peut amener à la mort de ses victimes et ce fut le cas d’un des hommes les plus emblématiques en faveur de la culture libre, dont le combat de toute une vie est brutalement interrompu un funeste 11 janvier de l’année 2013 : Aaron Swartz.

Before I Leave This World et Armenian Soul, par Ivan Torrent ; deux musiques de circonstance en mémoire à Aaron Swartz

Un homme d’action et précoce

Né le 8 novembre 1986, à Chicago, Aaron Swartz fait partie de la catégorie des acteurs précoces de l’Internet libre, c’est-à-dire ceux qui ont consacré une partie de leur vie à ce combat dès leur jeunesse. Il fréquente et discute avec les pionniers de l’Internet dès l’âge de 14 ans, des gens qui deviennent rapidement ses pairs. Mis au défi par ces derniers, il participe de manière très importante à la conception technique du flux RSS, l’un des modes de diffusion des contenus web les plus utilisés aujourd’hui, notamment au sein des blogs et des sites d’actualités. Dans le même temps, il permet la réalisation technique des licences Creative Commons, imaginées en 2001 par le juriste américain Lawrence Lessig, et en développe même le concept.

Essentiellement un homme d’action, Swartz fait partie de ceux qui voulaient un libre partage de la connaissance à tous sans aucune restriction ou monopole. C’est ce combat qui allait lui coûter la vie, en se mesurant à l’un des systèmes judiciaires les plus répressifs du monde (à un tel point qu’il serait osé d’affirmer que les États-Unis sont un état de droit). En 2010-2011, il accède à la base de données JSTOR, qui recense plusieurs millions d’articles scientifiques, et en copie plus de 4,8 millions qu’il prévoit de diffuser par la suite. Arrêté en juillet 2011, il est poursuivit par le procureur des États-Unis et par le MIT (JSTOR n’ayant jamais porté plainte et s’étant même impliqué dans la défense de Swartz après qu’il ait déclaré que les documents téléchargés ne seraient pas publiés).

Aaron Swartz aux rencontres Wikipédia de Boston, en 2009

Aaron Swartz aux rencontres Wikipédia de Boston, en 2009 (Sage Ross, CC-BY-SA 2.0)

Considérant que partager c’est voler, la justice américaine s’est alors décidée à persécuter Swartz, dans le but d’en faire un exemple. Il est alors inculpé pour pas moins de 13 chefs d’accusation, dont la peine maximale était de 35 ans de prison assortie d’un million de dollars d’amende, soit une peine comparable à celle d’un meurtrier. L’acharnement de la justice était tel que le procureur aurait proposé un deal à Swartz (une pratique extrêmement courante dans le système judiciaire américain) : si le jeune homme plaidait coupable (encore aurait-il fallu trouver de quel crime il aurait été coupable), la peine de prison serait ramenée à 3 ans, mais il serait déchu de ses droits civiques. Une déclaration qui aurait dû avoir lieu au printemps 2013 au cours d’un procès devant une cour fédérale ; un procès qui n’aura jamais lieu : le 11 janvier 2013, Aaron Swartz se suicide par pendaison dans son appartement de New York. Il avait 26 ans et était promis à un grand avenir dans le monde de l’Internet et de la culture libre.

Victime d’un système judiciaire répressif et d’une idéologie rétrograde

L’acte d’Aaron Swartz nous rappelle que la lutte pour un Internet et une culture libres n’est jamais acquise à l’avance et que ceux qui s’y engagent se heurtent à une aristocratie du savoir et de la culture qui garde jalousement ce qu’elle détient comme un dragon garde son trésor. Nous voyons aussi que la révolution culturelle engagée par l’Internet engendre une panique au sein de cette aristocratie qui arbore des comportements extrêmes, avec notamment une grande intolérance vis-à-vis de ceux qui se mettent en travers de sa route.

À cela s’ajoute un système judiciaire extrêmement répressif dans un pays où la démocratie est une notion très fluctuante. Sans parler que les procureurs sont élus dans ce pays et que l’acharnement de la justice américaine était à la fois motivée par des considérations personnelles et idéologiques.

Aaron Swartz portant un tee-shirt aux couleurs de l'Electronic Frontier Foundation, en 2009

Aaron Swartz portant un tee-shirt aux couleurs de l’Electronic Frontier Foundation, le 11 janvier 2009 (Nick Gray, CC-BY-SA 2.0)

Aaron Swartz a rejoint la longue liste des personnes qui ont été sacrifiées sur l’autel de l’intolérance et de l’égoïsme. Mais son éthique et sa pensée resteront à jamais vivaces pour ceux qui voudront suivre ses traces et faire en sorte que la culture et la connaissance soient à jamais la propriété de l’Humanité toute entière.
Il a été un véritable enfant de l’Internet et restera à jamais dans le panthéon de ceux qui ont permis au réseau mondial d’être un lieu de liberté et d’échanges sans précédent.

Pour tous ceux qui veulent contribuer au partage de la connaissance et de la culture, que se soit pas le biais de Wikipédia (projet dans lequel Swartz était contributeur) ou quelconque autre moyen, qui veulent défendre un Internet libre et une culture libre et qui souhaitent défendre la vie privée des internautes face aux attaques des états et des intérêts privés, n’oubliez jamais Aaron Swartz ; il fait partie des grands hommes qui ont fait l’Internet que vous connaissez et il n’y aurait rien de plus honorable que de poursuivre son œuvre pour préserver ce joyau de l’Humanité.

Voir aussi

Wikidata ou le pire projet jamais créé par Wikimedia

Avant-dernier né des projets de Wikimedia Foundation, Wikidata est aux données sur Wikipédia ce que Wikimedia Commons est aux images pour les projets de la Wikimedia Foundation. L’objectif initial du projet est louable, mais l’opacité et la complexité du wiki font qu’il est en réalité une fausse-bonne idée qui se révèle être le pire de tous les projets jamais lancés par la Foundation.

Représentation de la centralisation des données sur Wikidata

Représentation de la centralisation des données sur Wikidata (HenkvD, CC-BY-SA 3.0, Wikimedia Commons)

Un lancement contestable

Wikidata a été développé par l’association Wikimedia Deutschland au début de l’année 2012. Il est ouvert à la contribution fin octobre 2012 et est alors mis entre les mains de la Wikimedia Foundation qui se charge à la fois du déploiement et de la maintenance du site. Bien que l’arrivée de ce projet ait été annoncée régulièrement durant toute l’année 2012, l’énorme problème qui se pose est que la communauté wikimedienne n’a pas été consultée pour le lancement ou non de ce site. Les différentes versions de Wikipédia se sont alors retrouvées avec un nouveau projet qui allait changer leur manière de contribuer, sans pour autant avoir leur mot à dire. La conséquence est que l’on se retrouve avec un projet qui rentre assez péniblement dans les pratiques wikipédiennes et qui est une véritable usine à gaz que la plupart des contributeurs, même expérimentés, n’arrivent pas à maîtriser. La conséquence est que ces contributeurs renoncent alors tout simplement à relier leurs nouveaux articles avec des liens interwikis, étant donné que la nouvelle doctrine est « Wikidata ou rien ». Cependant, je ne parle là que des liens interwikis, donc la modification sur Wikidata n’est pas intuitive, mais n’est pas encore trop compliquée lorsque le système a été compris ; ce qui est beaucoup plus inquiétant est ce qui se passera quand les phases 2 et 3 seront achevées (centralisation des données des infobox et des listes) où les données sont plus complexes.

Une définition contradictoire

Le principe de base de Wikidata qui est de centraliser en un seul wiki les données de base des articles de Wikipédia comme les liens interwikis, les populations dans les infobox… semble de prime abord être une bonne chose. Cependant, il est assez problématique de voir un tel projet ne pas avoir de définition claire pour sa propre communauté (bien que ce problème existe également chez la plupart des contributeurs de Wikipédia). Si on lit sur la page d’accueil de Wikidata « Base de connaissance libre », on lit dans la définition et dans l’introduction du site qu’il s’agit d’une base de données. Or, ce sont deux types de bases qui sont très différents ; dans sa définition même, Wikidata se rapproche plus d’une base de données.

Par ailleurs, un énorme problème va très très vite se poser au niveau de la gestion des données des infobox. En effet, Wikidata est un projet international sans version linguistique spécifique (comme Commons) ; les données devront être reliées à des sources fiables et vérifiables sur Wikipédia, mais comment ces données pourront être gérées si les différentes sources utilisées par les différents utilisateurs sont différentes ? Par exemple, la population de la France, on peut supposer que les américains utiliseront les données du World Factbook de la CIA qui donne une estimation de 65,95 millions d’habitants en juillet 2013, mais les contributeurs français pourront leur opposer les données de l’INSEE qui affichent 64,61 millions d’habitants, mais datent de 2010. Quelle source devra être utilisée pour quelle donnée ? Un véritable casse-tête dans un projet où des sources fiables et officielles peuvent être variées et donner des versions différentes. Si l’objectif de Wikidata est d’uniformiser les données sur toutes les Wikipédia, il est difficile de concevoir comment cet objectif pourrait être atteint à partir de sources variables, mais tout aussi légitimes les unes que les autres.

Un frein à la contribution sur Wikipédia

D’après les créateurs de Wikidata, la centralisation de ces données permettrait d’améliorer la qualité des contributions sur Wikipédia, car les contributeurs ne perdront plus leur temps à effectuer la maintenance des données des infobox. C’est une vision des choses qui se défend, mais à laquelle s’oppose la complexité du code et du fonctionnement du projet. Il est même très probable que Wikidata ait l’effet inverse et bride la participation à Wikipédia dans certains domaines où la manipulation de données prend une part non-négligeable dans les contributions. D’expérience, les nouveaux contributeurs ne savent pas souvent que les images de Wikipédia sont situées sur Commons et demandent régulièrement comment placer les images sur Wikipédia. Le même problème va arriver avec Wikidata, car le contributeur devra préalablement savoir que les données se trouvent sur un autre wiki, sinon il sera très vite dérouté de voir des données dans l’article qui n’apparaissent pas dans son code. Par ailleurs, les nouveaux contributeurs ne tentent pas toujours de partir dans des projets très ambitieux et la mise à jour de données est généralement un point de départ intéressant pour voir de manière simple comment modifier un article. Si jamais le nouveau sait qu’il doit aller sur Wikidata pour effectuer cette mise à jour, il risque fort de ne rien faire du tout, au vu de la grande complexité du fonctionnement du site et abandonnera son projet, ce qui pourrait même engendrer une perte de motivation de participer à Wikipédia, si la prise en main à la contribution lui paraît beaucoup trop complexe.

Par ailleurs, si jamais Wikidata venait à être vandalisée, ce seront toutes les versions linguistiques de Wikipédia qui seront affectées. Wikidata ne peut être comparée à Commons, car il est impossible de vandaliser une image directement ; le vandalisme de l’illustration ne pourra se faire que sur Wikipédia avec le changement de l’image dans le code de la page, donc une seule version linguistique sera affectée. Sur Wikidata, le vandale va détériorer 285 fois Wikipédia pour le prix d’un seul clic !

En résumé, Wikidata est :

  • Un projet non-légitime, car imposé sans consultation communautaire
  • Un projet flou et opaque dans sa définition même, ce qui permet d’émettre un énorme doute quand à son efficacité
  • Un projet dont la gestion du contenu sera très hasardeuse, donc d’une fiabilité très relative
  • Un projet qui risque plus de décourager et de faire fuir les nouveaux contributeurs sur Wikipédia que de les encourager et les aider à participer
  • Un projet extrêmement plus vulnérable au vandalisme que Wikipédia

De mon point de vue, Wikidata aurait une utilité et une efficacité réelle si son application restait confinée aux liens interwikis, car la gestion centralisée de ce type de liens est un progrès incontestable. Mais je peux avertir la communauté d’une chose, si j’utiliserai Wikidata pour les liens interwikis, qu’elle ne compte pas sur moi pour faire de même avec les autres données.

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Données publiques payantes ou comment arnaquer le citoyen

Cet article est une chose que j’aurai dû produire en janvier dernier, mais par manque de temps, je n’ai pas pu m’y atteler. Les médias ont parfois l’avantage de nous rappeler certains événements et c’est à la lecture d’un article du Monde à propos de l’hommage rendu à Aaron Swartz à Austin (Texas) qui m’a rappelé l’absurdité et la malhonnêteté d’une situation malheureusement très courante : les données publiques et gouvernementales qui sont financées par les impôts du citoyen ne sont pas en libre accès.

Hommage à Aaron Swartz

Il me faut d’abord commencer par rendre hommage à Aaron Swartz, jeune américain de 26 ans qui s’est suicidé le 11 janvier dernier, alors qu’il était poursuivi par la justice américaine pour avoir diffusé en libre accès la quasi-totalité (soit 4,7 millions) des données provenant de la plate-forme payante gouvernementale JSTOR qui rassemble des centaines de publications scientifiques universitaires. Le jeune homme encourait jusqu’à 50 ans de prison et 4 millions de dollars d’amende, soit « une peine de prison plus sévère que des tueurs, des trafiquants d’esclaves et des braqueurs de banque« , selon Ian Millhiser (Center for American Progress Action Fund). La situation fut d’autant plus absurde que ce n’est pas la principale victime de cette affaire (le JSTOR) qui a engagée une procédure judiciaire, mais directement le procureur du Massachusetts, avec le soutien du Massachusetts Institute of Technology (MIT). Le grand décalage a surtout été de reléguer au rang de grand crime ce qui relevait au pire d’un simple délit.

Mais Aaron Swartz était bien plus qu’un simple hacktiviste, il était aussi un grand développeur ; avec sa mort, le réseau Internet perd l’un de ses plus grands contributeurs qui aurait pu encore faire de grandes choses. À son palmarès, on compte la fondation de nombreux sites web de partage et de lutte contre la censure sur Internet ; il fut, à l’âge de 14 ans, l’un des co-fondateurs du format RSS que nous utilisons tous pour suivre par exemple les publications de nouveaux billets de blog. Ses activités étaient peut-être parfois illégales, mais je n’interprète pas cela comme du crime ou même un délit ; pour moi, il s’agit de désobéissance civile qui se caractérise par protester contre des lois injustes et/ou absurdes en les violant. Bien entendu, ce n’est pas la première fois que des actes de désobéissance civile sont réprimés avec autant de violence, les années de décolonisation ou de l’apartheid en Afrique du Sud où la police et l’armée n’hésitaient à tirer sur les foules en sont des exemples flagrant. La seule différence aujourd’hui est que la police et l’armée ont été remplacées par les tribunaux et que les fusils ont été remplacés par des lois. Gageons cependant que la mort d’Aaron Swartz n’aura pas été sans conséquences et que les politiciens se décideront bientôt à réformer des lois qui ont été créées pour le simple plaisir de lobbys ultra-libéraux qui n’agissent que par avidité et dont toute résistance leur est insupportable.

Un impôt qui ne dit pas son nom

Même si la plupart des données publiques commencent à être en libre accès, un nombre encore trop important ne l’est pas, et derrière c’est au citoyen de payer pour un « produit » dont il a financé l’élaboration par le biais de ses impôts, tandis que les organismes gouvernementaux font coup double en récupérant l’argent par le biais des impôts conventionnels et par le biais d’un impôt qui ne dit pas son nom. Peut-on accepter de voir des gens et des organisations payés par notre argent nous demander de payer pour obtenir une chose à laquelle nous avons directement contribué financièrement ? Depuis quand les artistes et scientifiques demandent-ils à leur mécènes de payer pour obtenir ce qu’ils ont pu créer grâce à l’argent de ces derniers ? Le droit du citoyen lorsqu’il place de l’argent dans une organisation est d’avoir un retour sur ce qui a été produit et la consultation de ces retours doit se faire sans investissement supplémentaire. Un auteur qui demande de l’argent à ceux qui lui ont permis de créer son œuvre ne fait que manifester rien d’autre qu’un pur mépris à leur encontre.

Des états criminels

Nous avons le droit de savoir ce que font ceux qui travaillent grâce à notre argent. Nous avons le droit d’avoir des retours. Nous avons le droit de savoir. Ils ont le devoir de nous rendre des comptes et ce gratuitement. Un état qui prive ses citoyens de tels droits est à mes yeux ni plus ni moins qu’un état criminel qui commet à la fois un crime économique en extorquant autant d’argent que possible aux citoyens et un crime à l’encontre de l’Humanité en privant les citoyens d’avoir un accès libre au savoir qui est une chose universelle sans valeur marchande. Aussi je vous appelle tous, quelque soit votre nationalité, à faire pression sur vos représentants pour leur demander de changer ces lois oppressives et exiger la publication gratuite et en libre accès de toutes les données publiques et gouvernementales.

En opprimant ceux qui osent se dresser contre eux, les états et des lobbys sont des criminels, des dictatoriaux qui refusent toute contestation. La soif de l’argent les conduira à leur perte, car comme le disait Gandhi, jamais ceux qui oppriment un peuple ne gagnent et tôt ou tard, les tyrans tomberont de leur piédestal. Mais nous devons tous avoir conscience que plus nous serons nombreux, plus nous serons fort et plus les tyrans de l’argent seront rapidement balayés. Au nom de nos droits fondamentaux et de notre liberté, nous devons agir et ne jamais désespérer ; une lutte contre un ennemi puissant est toujours longue et plusieurs batailles doivent être menées pour gagner la guerre. Cessons de croire qu’une seule action suffit et cessons de penser qu’ils sont trop fort pour nous ; ils jouent sur notre facilité à être désespérés pour mieux nous opprimer et nous soumettre. Tous les citoyens se doivent d’être persévérants et d’attirer de plus en plus de monde dans leur sillage ; c’est à force de batailles et de victoires qu’ils gagneront leur guerre et que les tyrans seront balayés.

Sources

Licence Creative Commons
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