Qu’est-ce qu’un internaute libre ?

L’année 2013 aura été celle de l’explosion d’une véritable bombe au sein de l’Internet. Si l’on soupçonnait et l’on savait depuis longtemps que les états du monde entier tentaient d’espionner les internautes pour savoir ce qu’ils faisaient sur le réseau, on ignorait l’ampleur de l’opération. Le fait de savoir que de nombreux états nous espionnent ou sont susceptibles de nous espionner nous amène à réfléchir sur le statut de l’internaute libre.

Les internautes et l’Internet

La plupart des internautes sont insouciants et inconscients de la réalité de l’Internet et des dangers qui s’y meuvent. Ces qualificatifs désignent deux des trois catégories d’internautes les plus courantes (la troisième étant celle des avertis conscients). Les insouciants sont ceux qui naviguent sur l’Internet sans vraiment connaître sa dimension réelle, son essence, quels en sont les dangers et les avantages réels ; pour eux, il s’agit plus d’un utilitaire et d’un banal moyen de communication plus efficace et plus pratique que tout ce qui a été fait jusqu’à présent. Les inconscients sont ceux qui ont une certaine connaissance de l’Internet, qui sont au courant des problèmes de vie privée liée aux programmes d’espionnages ou aux cookies, mais qui ne se sentent pas concernés, car n’ayant rien à cacher, ils n’ont rien à se reprocher et donc rien à craindre.

La dernière catégorie, celle des avertis conscients, sont ceux qui prennent au sérieux les problèmes de vie privée liés à l’Internet et font en sorte que leur navigation sur le réseau se fasse dans le respect de leur vie privée. On retrouve dans cette catégorie, le groupe des cybernautes, c’est-à-dire les activistes qui agissent sur l’Internet dans le but de défendre le réseau et ses utilisateurs et qui veillent à ce qu’il reste en dehors du contrôle d’une entité illégitime.

Richard Stallman à Wikimania 2005

Les cybernautes veillent sur l’Internet libre et sur les libertés de ses utilisateurs (Elke Wetzig, CC-BY-SA 3.0)

Un internaute n’est pas toujours libre

Naviguer sur Internet donne un sentiment de liberté sans limites, car il n’y a en apparence aucune force de l’ordre ou aucune loi explicite indiquant ce que l’on peut faire et ne pas faire. S’il est exact qu’aucune loi d’aucun état ne peut réellement s’appliquer de manière légitime sur le réseau du fait de sa dimension mondiale, les états utilisent quelques moyens pour contrôler les agissements de leurs citoyens. Pour savoir ce qu’un internaute fait sur le réseau, il y a plusieurs moyens, légaux comme illégaux, relativement efficaces. Sur le plan légal, les services de renseignement peuvent exiger que les entreprises détenant des données de connexions (les FAI, les entreprises proposant des services sur le web…) leur fournissent ces données. Le cadre de telles requêtes peut être légal (sans être pour autant légitime, une loi sécuritaire fondée au mépris de libertés individuelles n’est jamais légitime), mais peut aussi être illégal.

L’internaute n’est en réalité pas vraiment libre s’il laisse les états ou des entreprises infiltrer ses données de connexion qui sont une véritable mine d’or d’informations personnelles. Peu importe la finalité de la récupération de ces données, l’internaute perd de nombreuses libertés individuelles qui sont intimement liées à la vie privée. L’un des exemples les plus emblématiques est la liberté de penser, car si les états s’autorisent à tout savoir de ce que vous pensez tout haut comme de ce que vous pensez tout bas, ils peuvent alors conserver ces données qui pourraient vous être reprochées un jour.

La plupart des pays concernés par l’Internet démocratisé à grande échelle sont des démocraties certes, mais l’Histoire démontre à maintes et maintes reprises qu’une démocratie n’est pas éternelle et qu’elle peut basculer vers un régime dictatorial de manière progressive. Par conséquent, les informations que le régime démocratique a récolté sur vous pourront être utilisées par le régime dictatorial qui suivra qui pourra les utiliser contre vous.

Sommes-nous libres dans un univers surveillé ?

L’Internet existe sous de nombreuses formes ; certaines sont étroitement surveillées, d’autres le sont moins. La surveillance de l’Internet dépend à la fois de ce que les états recherchent, mais aussi de leur capacité technique à infiltrer le réseau, qui n’est pas illimitée. Bien entendu, nous n’avons pas une vraie liberté à naviguer dans un univers surveillé, car ceux qui vous surveillent savent ce que vous faîtes et peuvent vous contrôler en conséquence. Votre liberté n’est qu’apparente et masque la réalité qui est que la personne ou l’organisation qui vous connaît sait exactement ce que vous pensez, ce que vous aimez ou ce que vous voulez faire ; à partir de là, vous êtes aisément manipulable.

Paranoïa dites-vous ? Pourtant, les cookies que les sites web envoient sur votre ordinateur sont des incitations à consommer qui sont d’autant plus irrésistibles qu’elles vont dans le sens de vos goûts ; par ce biais, l’entreprise derrière le site tente de manipuler votre consommation pour que vous achetiez une chose que vous n’aviez pas prévu d’acquérir. Ainsi, vous n’êtes pas libres de choisir l’objet que vous voulez acquérir et le moment où vous voulez l’acquérir, car c’est l’entreprise qui le fait à votre place.

L’internaute libre dans tout ça ?

Logo du réseau Tor

Le réseau Tor : un moyen très efficace de naviguer librement sur l’Internet sans être surveillé (Tor Project, CC-BY 3.0)

Au milieu de toute cette imbrication de moyens de surveillance, la notion d’internaute libre a t-elle encore un sens ? La réponse est oui ; mais pour y parvenir, il faut y mettre les moyens techniques et psychologiques. Sur le plan technique, il faut empêcher les intrusions par le biais de l’utilisation de logiciels libres quand vous utilisez l’Internet. Deuxième point : empêcher l’interception des données que vous recevez par l’usage des connexions sécurisées (HTTPS, SSH…). Troisième point : consulter et supprimer régulièrement les cookies qui sont installés sur votre ordinateur par les sites web que vous consultez (fonctionnalité présente dans le navigateur web). Un autre moyen très efficace pour empêcher le pistage de vos connexions : l’utilisation du réseau Tor qui vous attribuera une IP intraçable à chaque que vous vous connectez ; il faut savoir cependant que naviguer avec Tor est comme utiliser la fonctionnalité de navigation privée, ce qui signifie que vous n’avez pas d’historique de connexion ou de cookies d’installé.

Si un internaute procède à la mise en œuvre de ces moyens techniques, qui ne sont pas difficiles à installer, il est déjà plus libre. Mais pour être totalement libre, il lui faut aussi franchir une barrière psychologique. Tout d’abord, il doit prendre conscience que les libertés individuelles dont il jouit ont été acquises par de grands combats et qu’il est de sa responsabilité à veiller à ce que personne, et pas même les états, ne vienne les lui enlever, même pour un motif qui pourrait paraître légitime. Il doit aussi comprendre que l’on n’agit pas en fonction des sentiments et que les états jouent sur le sentiment de la peur pour justifier leurs agissements. Enfin, il doit savoir dire non aux tentations et à ce qui pourrait paraître être des fatalités, mais qui n’en sont pas si on a la volonté de se battre.

L’internaute libre est au final celui qui est capable de dire non, aussi bien psychologiquement que techniquement, à ce que l’on tente de nous imposer par des moyens pervers. Mais il est aussi celui qui prend conscience que l’Internet appartient à l’Humanité et que les états n’ont pas à y faire leur loi de manière arbitraire et qu’il est de son devoir d’être humain de faire en sorte à ce que l’Internet reste un réseau mondial libre.

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Accéder à un site web en se passant des moteurs de recherche

Ce tutoriel a été réalisé avec Firefox 20.0

Si la NSA s’est intéressée aux géants du web, c’est parce qu’ils détiennent de nombreuses données sur les internautes. La plupart de ces données sont les requêtes envoyées aux moteurs de recherche qui en disent long sur nos centres d’intérêts, nos goûts, mais aussi nos fournisseurs et bien d’autres choses. En quelques mots-clés, vous pouvez étaler votre quotidien et votre personnalité de manière encore plus détaillée que sur Facebook ou Twitter, et ce à votre propre insu. Les pratiques actuelles font que beaucoup d’internautes sont entièrement dépendants des moteurs de recherche lorsqu’ils cherchent à accéder à un site web qu’ils connaissent, alors qu’il existe des moyens autant efficaces dans leur navigateur.

Vos requêtes en disent long sur vous

Lorsque vous entrez un ou plusieurs mots dans la barre d’un moteur de recherche, celui-ci fait bien plus que vous afficher des résultats, il enregistre au passage l’objet de vos requêtes à des fins diverses (publicités, affinement futur des résultats…). Certes, il ne faut pas non plus abandonner totalement leur usage, mais il faut le limiter dans la mesure du possible. Une pratique qui est relativement courante est d’utiliser les moteurs de recherche pour accéder à des sites que les internautes consultent régulièrement. La conséquence est que le moteur de recherche enregistre que vous demandez souvent des requêtes autour de certains thèmes, il peut dès lors en conclure vos centres d’intérêts et disposer par conséquent d’informations personnelles et privées que vous ne vouliez pas nécessairement transmettre à un tiers.

C’est sans grande importance diriez-vous. Sauf que vous ne savez pas ce que l’organisation à laquelle appartient le moteur de recherche va faire de vos données ; elle peut très bien les vendre, les transmettre à des services secrets étrangers… Bref, elle peut en faire ce que bon lui semble. Ces informations qui étaient privées et personnelles deviennent publics et n’importe qui pourrait potentiellement y avoir accès. Quelques requêtes sur un moteur de recherche peuvent être plus révélatrices d’une personnalité qu’une mise sur écoute. Comment contourner ou limiter les effets de ce problème ? En utilisant des fonctionnalités internes à votre navigateur (notez que ce qui va suivre ne marchera pas si vous utilisez Chrome ou Internet Explorer).

La barre d’url et l’historique de navigation

Grâce à l’historique de navigation et à son cache, votre navigateur se souvient des sites que vous avez consulté (sauf si vous étiez en mode de navigation privée ou que vous avez supprimé votre historique et votre cache). Une première méthode, qui est un peu barbare, est l’utilisation de la barre d’url (la barre où s’affichent les adresses des sites web) où vous pouvez soit entrer le début de l’adresse du site que vous avez consulté (si vous vous en souvenez) ou bien entrer le nom du site ou le titre des pages que vous avez consulté, le navigateur vous affichera alors des propositions de pages web. Ces propositions varieront selon les termes et la précision des url que vous entrerez dans la barre.

Une autre méthode plus conventionnelle est l’utilisation de l’historique de navigation (Historique > Afficher l’historique). Dans cet outil, vous pouvez retrouver les pages et sites que vous avez déjà consulté soit en consultant la liste chronologique, soit en tapant le nom du sites ou des termes présents dans le nom des pages web dans la barre de recherche de l’historique qui vous affichera les pages qui contiennent les termes rentrés (dans leur titre ou leur url). Si vous utilisez la liste chronologique, ne perdez pas de vue que consulter une page web la fera remonter dans la liste chronologique ; par exemple, si vous avez consulté une page le mardi et que vous la consultez de nouveau le mercredi, il vous faudra la chercher dans la liste du mercredi si vous souhaitez la consulter de nouveau le jeudi.

Les marque-pages

Si certaines pages sont intéressantes, mais que leur url ou leur nom est trop complexe ou que vous avez la flemme de passer par l’historique, vous pouvez demander à votre navigateur d’enregistrer cette page dans vos marque-pages. Pour ce faire, il suffit d’aller dans le menu Marque-pages et de cliquer sur le bouton Marquer cette page ; la page que vous êtes alors en train de consulter sera enregistrée dans l’arborescence de vos marque-pages. Pour vous y retrouver, n’oubliez pas d’organiser vos marque-pages en différents dossiers pour éviter d’avoir à terme une liste de dizaines de pages désorganisée dans votre menu des marque-pages. Pour vos sites favoris, vous pouvez même les enregistrer dans votre barre personnelle, ce qui fera apparaître des boutons en lien vers ces sites dans la barre située sous la barre d’url.

Une autre fonctionnalité qui s’apparente aux marque-pages est la page Nouvel onglet où vous pouvez lister vos sites favoris. En cliquant sur le bouton avec un + situé à la droite de vos onglets, vous ouvrez un nouvel onglet avec un menu (s’il est activé) de 9 cases où apparaissent les pages que vous avez consulté le plus fréquemment. Les pages présentes dans ce menu changent au gré de leur nombre de consultation, mais vous pouvez épingler certaines pages dans ce menu pour qu’elles apparaissent systématiquement lorsque vous ouvrez un nouvel onglet. Pour cela, il vous suffit de placer votre souris sur la case où est présente la page qui vous intéresse ; deux boutons s’affichent dans la case, une croix en haut à droite et une épingle en haut à gauche. Si vous cliquez sur la croix, la page sera supprimée du menu ; si vous cliquez sur l’épingle, la page restera à son emplacement à chaque fois que vous ouvrirez un nouvel onglet, quel que soit son nombre de consultations.

La restauration de session

Vous effectuez un travail en utilisant plusieurs sites web simultanément dans différents onglets et vous devez l’interrompre pour une raison quelconque ? Vous ne savez pas comment faire pour conserver tous vos onglets, car vous avez consulté pleins d’autres sites entre-temps et que les sites que vous utilisez sont noyés dans votre historique ? Il existe une solution simple et efficace. Il vous suffit de fermer votre navigateur en laissant tous les onglets ouverts, le navigateur vous demandera si vous souhaitez fermer tous les onglets en même temps, cliquez sur le bouton Fermer les onglets. Lorsque vous reprenez votre travail plus tard, ouvrez votre navigateur comme d’habitude et cliquez sur le menu Historique ; là, vous avez la possibilité de cliquer sur un bouton Restaurer la session précédente qui restaurera tous les onglets qui étaient ouverts à la fermeture de votre navigateur. Si jamais votre ordinateur coupe brutalement, votre navigateur restaurera automatiquement la session quand vous le rouvrirez.

Voilà ! Grâce à quelques petites fonctionnalités de votre navigateur, vous pouvez consulter vos pages et sites favoris sans passer par les moteurs de recherche, préservant un peu mieux votre vie privée. Cela n’est possible cependant qu’à condition d’utiliser un logiciel libre qui ne récupérera pas vos préférences.

Critique de la culture et de l’Internet libres : entre élitisme et fanatisme

Nul système créé par l’Homme n’est parfait et ne peut souffrir de la critique. La culture et l’Internet libres n’échappent pas à cette règle, mais il est intéressant d’étudier la sociologie des personnes critiquant ces concepts, souvent avec virulence, et surtout de voir quels sont les motifs de ces critiques.

Image du blackout de Wikipédia contre SOPA

La critique d’Internet et de la culture libre, les derniers vestiges d’une élite qui périclite et prône un nouvel obscurantisme (Wikimedia Foundation, DP)

Élitisme

Lorsque l’on se penche sur les critiques de l’Internet et de la culture libres de manière globale, on s’aperçoit qu’elles proviennent généralement des élites intellectuelles, détentrices incontestées du savoir pendant des siècles jusqu’à l’arrivée de la révolution culturelle du XXIe induite par la démocratisation d’Internet. Les critiques ne sont mues que par la simple idéologie de gens imbus du pouvoir qu’une série de diplômes obtenus à la suite de plusieurs années d’études leur a octroyé. Se croyant légitimes et supérieurs aux autres parce qu’ils ont faits des études, ils ne peuvent penser que la base populaire puisse avoir la même culture sans avoir dépensé un sou et ont eu l’opportunité d’apprendre par eux-mêmes.

La culture libre est bien ce symptôme hérétique suprême aux yeux de ces élites qui voient le savoir et la culture qui échappent non seulement à leur contrôle, mais qui en plus (ô grand crime !) sont désormais créés, diffusés et partagés par cette même base populaire. En plus de perdre le contrôle qu’elles avaient sur les masses, ces élites perdent aussi en grande partie leur raison d’exister : à quoi cela leur sert d’être dans ce monde si ce même monde se met à faire leur travail qui leur revient de droit (divin) ? Bien entendu, tous les membres de ces élites culturelles et du savoir ne sont pas dans cette catégorie et une bonne partie d’entre eux sont pour et accompagnent cette libéralisation du savoir et de la culture au plus grand nombre. Ces initiatives passent par la mise à disposition libre et gratuite de publications scientifiques, le recrutement de personnes passionnées par une discipline sans avoir de diplôme… Mais certains événements, comme la numérisation privée avec des fonds publics d’œuvres dans le domaine public accompagnée de copyfraud, montrent que cette catégorie de gens qui soutiennent le mouvement libre ne sont pas toujours aux commandes des institutions dont la mission initiale est de diffuser la culture et le savoir sans restriction, ni discrimination.

Inauguration de la salle Labrouste en juin 1868

Une élite au pouvoir contesté qui s’y accroche comme une moule à son rocher (H.Linton, DP)

Professionnalisme

Dans la continuité de cette pensée élitiste, le professionnalisme joue aussi un rôle important dans les critiques provenant de certaines disciplines. En effet, alors que les professionnels avaient un monopole relatif dans leur domaine, l’accessibilité des nouvelles technologies et la simplification juridique qu’offrent les licences libres permettent au public de faire ce que les professionnels faisaient eux-mêmes seuls il y a encore quelques années ; par conséquent, ces derniers se retrouvent avec des concurrents de taille qui leur feraient perdre des parts importantes de marché. Deux exemples assez emblématiques sont les milieux de l’encyclopédisme et de l’art.

Le modèle de Wikipédia et l’organisation du savoir qu’elle présente sont critiqués par les maisons d’édition d’encyclopédies traditionnelles. On note par ailleurs que certaines personnes critiquant Wikipédia avec virulence (et ce n’est pas forcement les encyclopédistes eux-mêmes) cherchent à faire porter le chapeau au site web de la fin des encyclopédies sur papier. En dehors de l’élitisme qu’il y a derrière ces types de critiques qui considèrent que les bouseux du peuple (selon leur point de vue) ne peuvent pas avoir autant de savoir qu’une petite élite ne représentant que 0,001 % de la population mondiale, il y a aussi une tentative de discrétisation dans les milieux littéraires par la généralisation d’un phénomène dont Wikipédia n’est en réalité qu’un des nombreux facteurs. La fin des encyclopédies sur papier est en partie due au succès de Wikipédia, qui est gratuite et offre un savoir équivalent dans certains domaines et couvre une gamme de domaines plus larges, mais aussi au fait que le coût d’acquisition d’une édition d’une encyclopédie papier est beaucoup trop onéreux pour le citoyen moyen (plus de 1 000 euros par édition complète), comparé à celui des éditions numériques où l’abonnement annuel ne dépasse pas les 100 euros dans la majorité des cas. Cependant, Wikipédia est considéré comme un concurrent dangereux par ces milieux professionnels plus ou moins liés à l’encyclopédisme et à la transmission du savoir et donc tous les moyens (même les plus pervers) sont bons pour l’abattre.

L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert dans les rayonnages du bureau du directeur de l'ENC

La fin des encyclopédies papier, un processus logique de l’évolution numérique de la société (Marie-Lan Nguyen, CC-BY 3.0)

Les licences libres sont aussi la cible de critiques très virulentes provenant des milieux professionnels de l’art. En effet, ces licences permettent à des particuliers de produire des œuvres parfois comparables à celles des professionnels, qui eux vivent de leur travail artistique. Une fois encore il y a mise en concurrence entre le modèle de libre partage des licences libres et le modèle ancien sous le régime du droit d’auteur et de ses restrictions. Enfermés dans leur dogme commercial et de rentabilité de leurs œuvres, les professionnels ne peuvent admettre qu’une personne tierce puisse acquérir et faire partager librement leurs œuvres sans que l’artiste ne touche une redevance. De fait, les acteurs de ces milieux professionnels artistiques se lancent dans des délires comme quoi les licences libres sont le mal absolu, une hérésie économique et financière qui amène à la décadence de leur profession et que les nouveaux artistes qui se tournent vers ces licences se font pigeonner par des consommateurs sans scrupules et des juristes malhonnêtes qui proposent ces licences. Ainsi, la libre diffusion des œuvres par des non-professionnels serait la cause de leurs difficultés à se faire publier. Une fois de plus il est beaucoup plus facile d’abattre celui qu’on voit comme un concurrent, plutôt que se remettre en question, car enfermé dans des dogmes d’un autre âge et périmés à l’ère du libre partage.

Nationalisme et anti-américanisme primaire

Chaque peuple possédant une identité culturelle la revendique et dispose donc d’une part de nationalisme, même si certains s’en défendent. Internet et la philosophie de la culture libre sont principalement issus des États-Unis qui exercent encore un rôle non-négligeable dans le fonctionnement du réseau. Internet est par essence un réseau mondial et la culture libre entend bien dépasser les frontières et être une philosophie concernant l’Humanité toute entière ; dans les élites culturelles et dans les pensées nationalistes, le fait qu’il puisse exister au sein de l’État et du peuple une entité perçue comme étrangère, car n’étant pas issue du peuple et n’étant pas contrôlée, est tout bonnement inacceptable. Internet étant un réseau mondial, décentralisé et sans que les états puissent y exercer un réel contrôle, il est donc inconcevable sur le plan nationaliste et culturel qu’il puisse exister dans notre vie quotidienne une chose que l’on ne contrôle pas et qui ne soit pas issue de notre peuple. Encore pire, elle permet de partager la culture et d’en recevoir une autre, le crime suprême ! Notre peuple voit sa culture partagée avec des étrangers et la voit défigurée par une culture étrangère et donc forcement inférieure.

Représentation de la nécessité de la conquête de l'Ouest au nom de Dieu aux États-Unis

Une culture nationale est toujours considérée comme étant supérieure et elle ne doit en aucun cas être polluée par les autres ; Internet est à l’encontre de cette pensée (John Gast, DP).

Par ailleurs, comme tout cela provient essentiellement des États-Unis (à la base), il ne s’agit que d’une expression de plus du soft power américain qui tente d’imposer leur culture et leur idéologie par tous les moyens, même les plus pervers. En ce sens, une partie du rejet d’Internet et de la culture libre par certains groupes de personnes sont le fruit d’un anti-américanisme qui leur fait oublier qu’avant d’être américain, Internet est mondial et que si certains peuples sont envahis par les projets américains, c’est peut-être aussi parce que ces peuples n’ont pas pris le train d’Internet au bon moment et que la libre création et la liberté d’entreprendre sur le réseau n’ont pas été assez soutenus par les gouvernements de leurs pays. Ainsi, la liberté d’entreprendre et d’innover s’est principalement concentrée aux États-Unis et cela explique la présence quasi-permanente de sites américains dans les services du réseau. Mais une fois de plus, crier au loup et au complot et toujours plus simple que de se remettre en cause.

Carte du nombre d'hôtes Internet par pays

Par l’absence de réactivité des gouvernements face à la révolution d’Internet, le réseau reste encore principalement centré sur les États-Unis (Powerkeys, DP)

Ultra-libéralisme

Une dernière idéologie à l’encontre des philosophies qui animent l’Internet libre et la culture libre est l’ultra-libéralisme économique. On pourrait penser que ces milieux se réjouiraient d’une philosophie partageant leurs valeurs et permettant la libre commercialisation des produits, mais ce n’est pas le cas. En effet, cette culture est tout d’abord basée sur le libre partage et la collaboration, ce qui va à l’encontre de la pensée ultra-libérale où c’est chacun pour soi et où tout s’achète et tout se vend. Ensuite, l’argent n’est pas au cœur des projets libres et n’est pas obtenu à partir des circuits économiques traditionnels, mais à partir de dons ; le modèle économique des projets libres est en réalité à contre-courant du modèle prôné par les ultra-libéraux.

Vue sur des pièces et billets de dollars

L’argent, une valeur centrale de l’ultra-libéralisme, mais pas de la culture libre (Administration américaine, DP)

Enfin, les valeurs de base des projets libres ne sont pas du tout les mêmes que celles des ultra-libéraux, car si l’argent et l’individu sont au centre de la pensée ultra-libérale, c’est l’Humain qui est au centre de la philosophie libre. Une telle connotation peut avoir des relents de communisme (l’ennemi juré de l’ultra-libéralisme) et certains n’hésitent plus à en faire le parallélisme ; à la seule nuance que la société Internet serait plus une société anarchique que communiste dans son fonctionnement. Mais cela n’a pas d’importance aux yeux d’hommes de pouvoir qui voient l’ordre établi par eux et pour eux bafoué par les citoyens qui se retrouvent dans le réseau qu’est Internet.

La culture libre et l’Internet libre ne sont pas exempts de défauts et peuvent être critiqués pour différents motifs tout à fait valables. On note cependant que les critiques les plus virulentes proviennent de gens qui voient leur pouvoir contesté par la philosophie animant ces notions ou qui ne partagent pas les valeurs de cette philosophie. Mais surtout, au fur et à mesure que les critiques avancent, elles plongent vers l’extrémisme qui se mue avec le temps en un fanatisme déraisonné où tout ce qui touche de près ou de loin à cette philosophie devient une cible à abattre prioritairement par tous les moyens possibles et imaginables, légaux comme illégaux, moraux comme immoraux. Cela peut paraître absurde, mais l’art de l’attaque et de la diffamation est toujours plus aisé que l’art de la critique, surtout lorsque les arguments manquent ou ne sont pas crédibles. Cependant, nous pouvons être sûr que la culture libre et l’Internet libre vont dans le bon sens grâce à ces fanatiques qui se mobilisent, car c’est lorsque les fanatiques s’en prennent à nous que nous sommes certains d’être sur la bonne voie.

La réforme du droit d’auteur

Le rapport Lescure remis ce mois-ci au Président de la République le montre, le droit d’auteur est aujourd’hui inadapté aux pratiques de l’Internet et doit en conséquence être réformé. Cependant, cette réforme doit se faire en faveur des citoyens, tout en permettant un respect des artistes, et non en faveur des grands lobbys qui se servent de la législation pour engranger un maximum d’argent aussi bien sur le dos des consommateurs que des auteurs.

Le droit d’auteur aujourd’hui

Dans la législation actuelle, l’auteur d’une œuvre jouit d’un droit de propriété exclusive qu’il peut opposer à tous sur ce qu’il créé. En droit français, ce droit de propriété est subdivisé entre les droits moraux, c’est-à-dire le fait que son nom soit rattaché à son œuvre et qu’il soit le seul détenteur du droit de divulguer ses œuvres, qui est un droit inaliénable et perpétuel, et les droits patrimoniaux, que l’auteur peut céder à des tiers par contrat, qui regroupent le droit de représentation et le droit de reproduction. La législation actuelle rend illicite toute reproduction ou représentation d’une œuvre sans le consentement de l’auteur ou des ayant-droits, qu’elles soient gratuites ou payantes ; cette condition est cependant inadaptée aux pratiques de l’Internet qui sont basées sur la notion de libre partage, ce que l’on nomme communément le piratage lorsqu’il est illégal.

Symbole du copyright

Le droit d’auteur est subdivisé entre les droits moraux et les droits patrimoniaux (Domaine public)

Pour endiguer le piratage, l’industrie de la culture a tenté de mettre en place aux États-Unis et en Europe des lois répressives à l’encontre des internautes, afin de les obliger à se tourner de nouveau vers l’offre légale, sous peine d’être considérés comme des grands criminels au même titre que les meurtriers. Fort heureusement, ces lois, nommées SOPA et PIPA aux USA et ACTA dans l’UE, ne sont pas passées grâce à la très forte mobilisation des internautes et des grands acteurs de l’Internet qui représentent un poids économique non négligeable aujourd’hui, et particulièrement aux USA. Malgré ces échecs, il existe déjà des mesures répressives à l’encontre du piratage, l’une des plus célèbres est la mesure française nommée HADOPI. Dans la logique actuelle, les citoyens qui ne payent pas sont des criminels en puissance qu’il s’agit de punir comme s’ils avaient commis un meurtre et s’ils avaient braqués une banque ; sachant que ces mesures ont été créées par et pour les grandes sociétés de la culture, comme les maisons de disque, qui pigeonnent aussi bien ceux qui achètent que ceux qui crééent les œuvres, c’est en réalité très logique : ceux qui ne fournissent pas de l’argent dans un système où tout s’achète et se vend sont des hérétiques.

Dépénaliser le libre partage et la libre adaptation non-marchands

Pourquoi est-il absurde de criminaliser le piratage ? Tout simplement parce qu’une mesure va se concentrer sur la principale méthode utilisée, mais les internautes ne sont jamais à court de ressources et trouveront toujorus un moyen pour contourner le problème. C’est ce qui se passe actuellement, le piratage qui se basait principalement sur le partage P2P périclite au profit de méthodes dont la traçabilité est très difficile comme le streaming et contre lesquels la législation ne peut rien faire. La majeure partie de ces échanges se font d’un citoyen lambda à d’autres citoyens lambda qui globalement ne cherchent qu’à partager librement des œuvres sans en tirer une quelconque rémunération. L’absurdité de la législation actuelle est justement qu’elle se concentre sur ce type de partage, négligeant le vrai piratage illégal qui est le piratage d’œuvres à des fins commerciales. Le rapport Lescure (page 30) va dans ce sens en proposant de réorienter la lutte contre le piratage vers la contrefaçon à des fins lucratives, sachant par ailleurs que le piratage non lucratif n’est pas la principale source de pertes dans l’industrie de la culture, contrairement à ce que les lobbys tentent de nous faire croire pour justifier la mise en place de lois répressives.

Un autre point sur lequel la réforme du droit d’auteur doit passer est aussi la dépénalisation des adaptations d’œuvres sous le droit d’auteur par des personnes tierces à des fins non marchandes. En effet, les outils numériques permettent aujourd’hui à n’importe quel citoyen de mettre en pratique sa créativité et de créer ses propres œuvres. Sachant que tout le monde ne dispose pas de talents pour tout faire soi-même, la plupart des personnes sont obligées d’utiliser des œuvres dans leurs créations. La législation actuelle les rend illégales tant que l’auteur ou les ayants-droits n’ont pas donnés leur accord ; sachant que la probabilité que ces personnes demandent une contribution financière au réutilisateur qui sera démesurée (surtout si l’œuvre adaptée est destinée à des fins de diffusion non-marchandes), nombreux sont ceux qui n’envisageront même pas de demander l’autorisation. Par ailleurs, il n’y a aucun préjudice envers l’auteur et les ayants-droits d’adapter une œuvre sans percevoir de l’argent. En conséquence, les adaptations d’œuvres faites par le citoyen à des fins non lucratives doivent rejoindre les dispositions d’exceptions au droit d’auteur, la seule obligation du citoyen sera de respecter les droits moraux de l’auteur de l’œuvre originale. Il s’agit également d’une piste proposée par le rapport Lescure (page 36).

Point également très important : inclure la liberté de panorama dans le droit français. Cela serait à la fois une liberté de plus acquise pour les citoyens, mais cela alignerai la France avec les autres pays de l’Union européenne, sachant qu’elle est l’un des derniers pays à ne pas avoir inclus la liberté de panorama dans sa législation.

Carte de la liberté de panorama en Europe

La France est l’un des derniers pays de l’Union européenne à ne pas avoir inscrit la liberté de panorama dans sa législation. Légende : rouge = pas de liberté de panorama ; jaune et vert clair = liberté de panorama sous certaines conditions ; vert foncé = liberté de panorama pour n’importe quelle œuvre. (King of Hearts, CC-BY-SA 3.0)

Mieux reconnaître les licences libres et pénaliser le copyfraud

La diffusion de la culture passe par les vecteurs aujourd’hui majeurs que sont les licences libres et le domaine public. Le droit français ne reconnaît encore à l’heure actuelle aucune licence libre, alors qu’elles prennent de plus en plus d’ampleur ; par ailleurs, la plupart de ces licences sont relativement bien adaptées au droit français. Les œuvres tombées dans le domaine public doivent être diffusées, ce qui passe par des opérations de numérisation pour utiliser Internet comme vecteur de diffusion, ce qui favorise à la fois la diffusion de la culture, mais aussi préserve les originaux conservés dans les bibliothèques nationales. Cependant, le domaine public doit être protégé et le copyfraud doit être pénalisé d’une peine suffisamment lourde pour être dissuasive, afin d’éviter des partenariats entre des instituts publics et des entreprises privées qui amènent à des copyfraud en faveur des entreprises privées ou encore éviter l’apposition d’un copyright sur les œuvres numérisées. La numérisation d’une œuvre dans le domaine public n’en est qu’une adaptation et contrairement à ce que l’on tente de nous faire croire à la BNF, cela n’entraîne pas la création de nouveaux droits. Il s’agit également d’une position prônée par le rapport Lescure (page 38).

Par ailleurs, la réforme du droit d’auteur serait facilité par une réforme de certaines licences libres. Je pense notamment à la licence Creative Commons qui dispose d’une clause nommé CC-BY-NC-ND qui permet un libre partage de l’œuvre en interdisant la réutilisation commerciale et l’adaptation. Sachant que cette licence irait à l’encontre d’une réforme du droit d’auteur en faveur des adaptations amateurs à des fins non marchandes, Creative Commons devrait supprimer cette clause associant l’interdiction de faire de l’utilisation commerciale et d’adapter l’œuvre. Par quoi la remplacer ? Par rien, ou plutôt, ceux qui voudront déposer leurs œuvres sous licence de libre diffusion devront choisir entre la CC-BY-NC ou la CC-BY-ND ; autrement dit, ils devront choisir entre interdire la réutilisation à des fins commerciales ou interdire l’adaptation.

Symbole de la licence CC-BY-NC-ND

La CC-BY-NC-ND doit être supprimée au profit de la CC-BY-NC ou de la CC-BY-ND (Creative Commons, CC-BY 3.0)

Mettre fin aux mesures répressives

Une dernière nécessité est de mettre fin aux mesures répressives à l’encontre des citoyens et de cesser de céder à des lobbys immoraux qui ne respectent ni le citoyen, ni l’auteur. La création de ces dispositifs ne sont là que pour permettre à de grandes sociétés d’engranger un maximum d’argent qui profitera d’abord aux actionnaires avant de profiter aux auteurs des œuvres. Si le rapport Lescure propose un progrès en assouplissant les mesures d’HADOPI (notamment la suppression de la coupure de l’accès à Internet), les réformes qu’il propose sont insuffisantes. La vraie réforme courageuse serait l’abolition pure et simple d’HADOPI et d’étendre à la justice et à la cyber-police la possibilité de traquer les vrais pirates, ceux qui violent le droit d’auteur à des fins lucratives, et de cesser de traquer les citoyens honnêtes qui ne font que partager. Le libre partage permet avant tout de découvrir et si jamais celui qui découvre un auteur apprécie ses œuvres, il est fort probable qu’il soit prit d’un certain respect envers lui et ira donc acheter ses œuvres. Bien entendu, la vraie grande réforme qui éviterait la situation actuelle serait de mettre à bas les multinationales voyous de la culture et de favoriser les labels indépendants.

Sources

Wine : l’ami de l’étudiant libre

Logo de Wine

Logo de Wine (TotoBaggins, licence GNU 1.2 et CC-BY-SA 3.0)

La plupart des logiciels spécialisés que nous utilisons quand nous sommes étudiants sont des logiciels conçus pour Windows avec l’extension .exe. Un problème vous pourriez dire pour une personne comme moi qui utilise Linux, mais c’est un problème qui se contourne facilement avec un logiciel nommé Wine.

Qu’est-ce que Wine ?

Wine est un logiciel libre, publié sous licence LGPL, permettant d’exécuter des programmes Windows sous d’autres systèmes d’exploitation, comme Linux ou Mac/OS. En grande partie conçu par une communauté de bénévoles (environ 50 % du code), une partie de son code est fourni et soutenu par des intérêts commerciaaux. Toujours en cours de développement (version actuelle stable : 1.4.1), il peut soutenir la plupart des programmes Windows ; le développement de Wine est l’un de plus longs de tous les logiciels libres, démarré dans les années 90, le projet Wine n’a vu la version 1.0 stable du logiciel sortir qu’à la mi-2008.

Avoir Windows sur Linux

Quel est l’intérêt d’avoir Wine sur Linux pour y faire fonctionner des programmes Windows quand je vous ai dit il y a quelques temps qu’il existe de nombreux logiciels libres performants plus ou moins spécifique que les étudiants peuvent utiliser ? Parce que la plupart des logiciels spécialisés utilisés par les étudiants ne sont théoriquement utilisables que sur Windows ; Wine permet donc de pallier ce problème pour les étudiants possédant Linux comme système d’exploitation, ou même Mac/OS.

Un outil de diversification

De plus, Wine permet de diversifier ses logiciels en ayant des logiciels libres tout en possédant des logiciels propriétaires très performants. La diversification des logiciels est notamment utile pour tout amateur ou futur professionnel en informatique qui ne sera pas toujours confronté à des logiciels libres ou à Linux ; bien comprendre l’informatique c’est aussi en connaître tous les aspects, même ceux qui ne correspondent pas à nos valeurs. La diversification des logiciels permet également une diversification des tâches pouvant être effectuées sur l’ordinateur, ce qui amène à une plus grande polyvalence de nos compétences et savoirs-faire en informatique.

Maîtriser un nouvel outil en informatique nécessite de s’entraîner régulièrement pour ne pas perdre la main. Pour prendre un exemple personnel, nous avons appris en TP d’informatique l’utilisation d’un logiciel nommé TriDraw permettant de réaliser des diagrammes de classifications sédimentologiques à partir de données extraites depuis un tableur. Bien qu’extrêmement simple à installer, ce logiciel ne marche que sous Windows (fichier .exe), ce qui n’est guère possible de faire sous Linux sans avoir Wine. À partir de Wine, je peux faire fonctionner ce logiciel sur mon ordinateur et ainsi m’entraîner à l’utiliser chez moi, et non pas attendre d’être dans une salle informatique de l’UFR pour m’entraîner sous Windows.

Wine permet de s’affranchir de la barrière que constitue l’absence de Windows pour certains logiciels. Bien que Microsoft semble prendre au sérieux le potentiel de Wine et tente aujourd’hui de développer des techniques pour empêcher l’utilisation de Wine sur ses nouveaux logiciels, je pense bien que Wine est aujourd’hui la meilleure alternative qu’un utilisateur libre puisse avoir pour bénéficier des quelques avantages à avoir Windows, aussi bien pour travailler que pour… jouer :D.

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