Le dieu argent : protecteur, mais aussi la plus grande menace d’Internet

L’argent a toujours été l’un des plus grands paradoxes de l’Humanité, il est à la fois bienfait et source de grands malheurs. Certains lui vouent un véritable culte, tandis que d’autres partent en croisade contre son influence. Peu importe l’avis que l’on peu avoir à son sujet, l’argent est une variable omniprésente qui, sauf rares exceptions, détermine la possibilité de réalisation d’un projet humain. À ce titre, l’argent est celui qui a permis à Internet d’être ce qu’il est aujourd’hui, mais il est aussi la facteur alimentant ceux qui s’attaquent au réseau pour l’assujettir et/ou le démanteler.

De la création d’Internet…

Toute entreprise humaine nécessite des investissements pour se concrétiser et Internet n’a pas échappé à cette règle. La création du réseau est en effet le fruit d’investissements par l’armée américaine et quelques universités de ce pays. Par extension, la création des différents acteurs et des structures qui ont permis la mise en place de l’Internet et du fonctionnement que l’on connaît aujourd’hui ont été permis par des investissements plus ou moins lourds. La création du réseau et de ses composantes ont été le fruit d’investissements couplés à l’action de personnes qui ont su bien utiliser ces sommes pour qu’Internet devienne le réseau de l’Humanité et non de seulement quelques personnes ou organisations qui auraient un contrôle total sur Internet.

…à sa préservation

Qu’est-ce qui permet la préservation d’un Internet libre sans censure ? Toujours l’argent… du-moins dans une certaine mesure. L’un des cas les plus emblématique de ce modèle de l’argent protecteur d’Internet se trouve dans les années 1990 avec la création et l’exportation du logiciel de cryptage PGP, permettant une protection des transferts de données sur le réseau. En effet, à l’époque de la conception de ce logiciel, le cryptage était une technologie dont l’exportation était encadrée de manière très stricte et son exportation était donc illégale. De fait, l’auteur du logiciel, Philip Zimmermann, fit l’objet d’une enquête criminelle pendant 3 ans qui fut classée sans suite, pour quelle raison ? Parce que cette technologie était très profitable au secteur bancaire qui pouvait effectuer ses transactions en toute sécurité via Internet et a donc soutenu le créateur de cette technologie. De fait, la justice américaine s’est pliée devant le secteur bancaire, l’une des plus grandes manifestations humaines de l’argent. L’autre cas emblématique est la puissance des lobbys de l’Internet qui permettent de faire capoter des projets de lois comme SOPA.

C’est l’usage de ce même argent qui permet à des organisations comme l’Electronic Frontier Foundation de défendre les droits des citoyens sur Internet. C’est aussi l’argent qui permet de faire tourner de nombreux sites web et de créer et de diffuser la culture libre par le biais des dons des citoyens, permettant la préservation d’un Internet libre.

L’argent : la machine de guerre des organisations

Il s’agit d’une vérité depuis l’Antiquité : le nerf de la guerre, c’est l’argent en quantité illimité. En effet, avec l’argent vous pouvez acheter des armes, les perfectionner, enrôler des soldats… Dans ce domaine, les organisations gouvernementales et non gouvernementales ne se privent pas d’injecter des millions, voire des milliards, d’euros dans leur guerre contre Internet et la libre diffusion de la culture par ce réseau. Ainsi, les états n’hésitent pas à injecter des milliards d’euros dans des programmes de surveillance du réseau ; la loi n’est pas un frein puisque la plupart des ces programmes sont illégaux et fonctionnent avec une opacité telle que le législateur ne peut pas faire grand chose pour les arrêter, sauf de refuser de voter les financements futurs de ces programmes. Le parfait exemple est celui du programme de la NSA qui n’est pas menacé d’un contrôle ou d’un arrêt par un texte de loi, mais par un refus de votation des futurs financements.

Du côté des lobbys de l’industrie dite culturelle et des organisations culturelles, l’argent est aussi le principal moteur de leur guerre contre Internet. Tandis que les uns injectent des millions d’euros pour soutenir leurs pions dans les assemblées législatives afin de faire voter des lois répressives allant dans le sens de leurs intérêts économiques, les autres utilisent les deniers publics pour privatiser la culture et empêcher le mécanisme de libre-diffusion lié à Internet.

L’argent est une arme à la fois utile pour Internet et dangereuse. La puissance économique du réseau et de ses acteurs lui permettent de garde une relative indépendance, mais les états sont toujours là pour injecter des milliards d’euros dans des technologies et des programmes pour brider la liberté du réseau.

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