La culture comme bien marchand ? Un crime contre l’Humanité !

Lumière d'une explosion nucléaire

L’Europe vivrait-elle le début d’un déclin culturel au profit de la consommation à l’américaine ? (russavia, CC-BY 2.0)

La culture européenne est de nouveau menacée par les futurs accords de libre-échange entre les États-Unis et l’Union européenne. Ces accords qui prévoient la libéralisation des échanges économiques entre les deux puissances inclus dans ses secteurs l’audiovisuel, autrement dit la partie de la culture sur laquelle les USA exercent un marketing très agressif pour imposer leur culture et par extension, leur manière de penser et de voir le monde. L’Union européenne amorcerait-elle volontairement un déclin culturel au profit des marchés financiers et d’une doctrine qui ne trouve plus sa place dans le monde d’aujourd’hui et qui disparaîtra dans un futur proche ?

La culture est l’esprit d’un peuple

La culture est un bien immatériel qui est l’esprit d’un peuple et fait son identité. À ce titre, elle n’est pas un bien marchand et n’est la propriété de personne. Avant d’être caractérisé par une nationalité, un peuple est caractérisé par une culture qui lui est propre ; l’identité culturelle ne signifie pas nécessairement une identité politique. À ce titre, la Bretagne ou la Corse ont des identités culturelles qui leur sont propres, mais une identité politique française, sans que celle-ci ne soit remise en cause par une majorité de la population. Ceux qui pourraient répliquer que la France est un pays qui ne vaut pas mieux parce qu’il détruit la culture locale ont tout faux. Les cultures locales sont préservées, si un pays a une langue officielle, elle doit être enseignée à l’école ; la langue de la République est le français et tout les citoyens de la République française se doivent de la maîtriser. Rien ne les empêche à côté de continuer à utiliser leur langue régionale dans un cadre privé. La culture nationale est celle qui permet une union politique des cultures locales sans les détruire.

La culture n’a nul autre propriétaire que l’Humanité et les peuples sont les garants de l’intégrité de la culture, de sa diversité et des échanges. La culture se transmet d’un être humain à un autre être humain sans demande de rétribution. Le droit à un accès libre à la culture est un droit inaliénable de l’Humanité et celui qui tente de le restreindre par des moyens légaux ou illégaux est coupable de crime contre l’Humanité. Nul ne peut vendre la culture, car qui voudrait vendre son esprit et son identité ?

Non à la culture de la décadence

Un libre-échange de l’audiovisuel entre les États-Unis et l’Union européenne ne serait pas, comme on tente de nous le faire croire, dans les deux sens. Les américains ont toujours utilisés des méthodes de marketing très agressives pour imposer leur culture décadente qui véhicule les mythes et l’idéologie américaine (le fameux soft power). La culture de la décadence américaine, qui déteint déjà suffisamment sur la culture européenne sans accord de libre-échange, sera la grande gagnante d’un tel accord où le soi-disant marché culturel (puisque la culture est un bien marchand avec une valeur économique, elle possède un marché) européen sera livré en pâture aux multinationales de la consommation culturelle décadente. Une oeuvre culturelle nous permet de nous évader, de nous éveiller et de nous donner un regard neuf sur le monde tout en stimulant notre imagination ; ce que les multinationales américaines nous proposent ne sont que des productions qui servent à passer du temps devant un contenu qui nous impressionne. Une fois être sorti de la salle de cinéma après un blockbuster américain, ok nous avons passé 2h à voir des gens se faire tuer avec des effets spéciaux à couper le souffle et… ? Et c’est tout ; nous n’en ressortons pas plus grandi, on a juste occupé 2h de notre temps devant un écran diffusant une image.

Plat de nachos

Après le fast food, voici la fast culture ; sur place ou à emporter ? (appthing, CC-BY-SA 2.0)

Les échanges culturels sont le moteur de coopération et de compréhension des peuples entre eux qui apprennent à se respecter, à se découvrir et donc à se faire confiance. Mais un échange culturel passe par des diffusions équitables des cultures entre elles, sans qu’il y ait derrière un intérêt financier ou économique. Ce que les américains nous proposent avec leurs super-productions ne sont que des œuvres de consommation, au même titre que les produits de MacDo ; comment des œuvres réalisées avec un budget essentiellement basé sur des aides, où l’auteur cherche une réflexion et à présenter un aspect culturel à travers son œuvre, peut rivaliser avec des œuvres de consommation disposant d’un budget de 10 millions de dollars et qui seront diffusées dans les salles du monde entier pour rapporter des recettes 10 à 100 fois plus élevées ? L’exception culturelle européenne ne doit pas être sacrifiée sur l’autel des marchés financiers au prétexte qu’une poignée de gens sans scrupules ont décidés que la culture devait être une source d’argent pour pouvoir exister et non une perte, comme la doctrine ultra-libérale le prône.

On ment aux peuples européens

Le siège de la Commission européenne à Bruxelles

Par des mensonges, on tente d’assassiner la culture européenne au profit d’une culture économique sans âme (JLogan, CC-BY 3.0)

Mr. Barroso nous dit que l’exception culturelle n’est pas négociable. Dans ce cas, pourquoi se retrouve t-elle sur la table de négociations de libre-échange où n’importe quel économiste verra que c’est un cadeau pour les américains qui n’attentent que la fin des barrières pour pouvoir nous inonder avec leur culture décadente qui ne fait qu’illustrer une vision du monde à l’agonie qui est la leur. On nous promet que cela permettra d’exporter la culture européenne aux États-Unis, alors que tout le monde sait qu’il existe dans ce pays un nationalisme très fort à faire pâlir certains courants nationalistes européens ; à ce titre, quel américain irait voir une œuvre culturelle qui n’est pas de son pays quand ce dernier lui en propose ? Malgré la décision du Parlement européen de ne pas insérer la culture dans l’accord du libre-échange, le refus de 14 des 27 pays membres et la pétition signée par 7 000 des plus grands noms du cinéma européen à l’encontre de cet accord, il semble qu’une nouvelle fois, une institution sans légitimité populaire passera outre l’avis des peuples européens pour imposer sa vision.

Lorsqu’une institution déclare la guerre aux peuples, ces derniers doivent la combattre. Et c’est à ce titre que j’appelle mes concitoyens européens à faire pression sur leurs représentants pour qu’un projet de loi de réforme de cette Commission qui n’écoute personne d’autre qu’elle-même, les multinationales et les marchés financiers soit mis en place. Que devrait être cette réforme ? Tout simplement qu’un vote de refus du Parlement européen au sujet d’une clause d’un traité ou d’une loi devienne un veto irrévocable et incontestable, même pour la Commission. C’est en redonnant le pouvoir au Parlement que la voie vers le pouvoir de l’Union donné aux peuples européens sera ouverte et qu’ils s’impliqueront réellement dans sa politique. Le pouvoir appartient aux peuples européens, pas à 27 commissaires que les peuples n’ont pas choisis, faisant de ces 27 personnes des responsables de l’Union illégitimes par nature.

Pour approfondir

Licence Creative Commons
Cette œuvre de Juraastro est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Pas de Modification 3.0 non transposé.

Advertisements

22 réflexions sur “La culture comme bien marchand ? Un crime contre l’Humanité !

  1. Je ne vois pas de problème à ce que les américains puissent nous inonder de leurs daubes cinématographiques, et qu’on puisse essayer de diffuser les nôtres chez eux.

    C’est la liberté, et c’est très bien.

    • La liberté d’abrutir les masses existe, bien qu’immorale, mais la liberté des citoyens à choisir la culture qu’il veulent avoir et non pas une qui est imposée par un marketing agressif et celle des auteurs à pouvoir diffuser une vraie culture en se protégeant de la culture de la décadence est encore mieux.

      • En quoi le marketing « agressif » (vous avez été menacé? vous avez reçu des coups?) est-il une entrave à la liberté de se culturer?

        En quoi la liberté des auteurs est-elle en danger?

      • Le marketing agressif n’est pas des menaces ou autre. Il s’agit d’un marketing omniprésent qui est dans toute la vie quotidienne du citoyen, cela s’apparente plus à du bourrage de crâne, pour ne pas dire de la propagande. On dit au citoyen « vient passer 2h à en avoir plein la vue sur nos dernières techniques d’effets spéciaux ou autre ». Si voir des blockbusters américains financés par des millions de dollars grâce à des compagnies privées qui ramasseront derrière des milliards de dollars de bénéfices est se cultiver, tu as une drôle vision de la culture. La culture ne sert pas à passer du temps juste pour tuer le temps ; il s’agit d’éveiller son esprit et de le développer en le confrontant à des créations qui appellent à la réflexion. Ce qui nous est proposé dans les œuvres de consommation permettent juste de tuer le temps sans avoir éveillé notre esprit, le style des œuvres est systématiquement le même (les spectateurs le disent même), mais c’est uniquement l’évolution technique qui permet d’attirer encore le spectateur.

        La liberté des auteurs est en danger, car ceux qui appartiennent déjà à ce marché des œuvres de consommation doivent créer un type d’œuvre qui permettra de faire des bénéfices, il a donc une liberté de créer très limitée. Quant aux artistes indépendants qui crééent encore de vraies œuvres culturelles et qui comptent sur les financements liés à l’exception culturelle européenne pour survivre, si jamais ils sont définitivement concurrencés par les œuvres de consommation, ils seront condamnés à changer de stratégie pour créer le même type d’œuvre ou bien disparaître à jamais.

    • Je suis du même avis @simple-touriste, la liberté c’est bien, le choix c’est bien. C’est aux citoyens de se responsabiliser et de ne pas financer les daubes.

      • Les citoyens ne financent rien du tout, ils permettent uniquement de rentabiliser des investissements faits par des multinationales de l’audiovisuel qui, pour la plupart, ne respectent pas et exploitent les artistes pour maximiser leurs rendements. Ensuite, les citoyens sont de plus en plus acculturés par ces daubes, donc la situation ne s’arrangera pas s’il sont de plus en plus martelés par l’arrivée massive de ces œuvres décadentes. Dans la théorie, le citoyen a le choix de ce qu’il veut voir comme œuvre culturelle, mais il a été martelé et formaté depuis sa tendre enfance à consommer son environnement et donc à se diriger vers des œuvres de consommation pour avoir un plaisir artificiel qui ne le grandi pas. Les seules personnes libres dans cette histoire sont les dirigeants des multinationales qui se font des dividendes sur ce marché qui exploite les artistes et les citoyens, qui eux ne sont aucunement libres.

  2. « Ensuite, les citoyens sont de plus en plus acculturés par ces daubes, donc la situation ne s’arrangera pas s’il sont de plus en plus martelés par l’arrivée massive de ces œuvres décadentes. »
    « Les seules personnes libres dans cette histoire sont les dirigeants des multinationales »

    Pouah.

    La tirade commence mal et finit encore plus mal.

    Commentaire partiellement modéré (pas d’insultes ou d’attaques personnelles)

  3. Que de grandes phrases consensuelles.Si la culturel est le bien de l’humanité, alors laisse les humains se le vendre, en tirer une rétribution et ainsi pouvoir se nourrir, se loger, vivre en famille, etc. À t’écouter, il faudrait virer tous les travailleurs du secteur culturel. Tu ne vois pas loin.

    • Je parle de la culture créée à des fins de rentabilité, pas de la culture dont l’argent récolté ne sert juste qu’à la soutenir financièrement. La culture étant l’âme de l’Humanité, souhaiterais-tu que l’on vende ton âme comme un simple bien de consommation ? La culture n’est pas un bien de consommation, ni un bien marchand.

      • En te suivant, il faut supprimer les entrées payantes au musées, les enchères,..

      • L’accès payant au musée permet de le soutenir financièrement. Tant que l’argent est utilisé pour pérenniser la culture et qu’il n’y a pas de recherche de profit ou de rentabilité, c’est moral et même parfaitement normal que les citoyens veillent à ce que leur culture perdure en la soutenant.

      • Le marchandage de la culture, c’est cela (entrée payante, vente d’objets…), et cela la soutient. Tu ne sembles pas apte à comprendre le système économique (tu fais des études non économiques ?).

      • J’ai parfaitement compris le système économique, en revanche je crois que c’est plutôt toi qui semble ne pas arriver à concevoir que je puisse avoir une autre vision du monde que celle que nous voyons dans la vie quotidienne. Je sais très bien qu’un échange est considéré comme marchand à partir du moment où un service ou un bien est offert en échange de quelque chose, mais j’ai une conception différente de ce qui est marchand. Pour moi ce qui est marchand, c’est ce qui est offert avec derrière volonté de rentabiliser et d’avoir une plus-value financière, ce qui n’est pas le cas de la culture où le citoyen paye juste la somme permettant de soutenir l’action du musée, de l’association… sans que ces derniers se fassent des profits. Les économistes ont leur vision de ce qui est marchand, j’ai la mienne.

      • Je ne prétend pas être un expert, mais une fois de plus je te le dis : j’exprime ma vision des choses, ma théorie. Je sais très bien que la pratique et la réalité sont différentes, mais je suis en droit d’exprimer mes pensées et ma vision des choses, me l’interdire ou ne pas le tolérer, c’est du fanatisme.

  4. Une perle illogique  » Le droit à un accès libre à la culture est un droit inaliénable de l’Humanité et celui qui tente de le restreindre par des moyens légaux ou illégaux est coupable de crime contre l’Humanité. »

    « Nul ne peut vendre la culture, car qui voudrait vendre son esprit et son identité ? » La littérature, pardi ! Et ce n’est pas tout, ton article en regorge!

    Tu te relis, au moins, avant de pondre des trucs pareils?!

    • L’art se vend, donc ce que tu appelles  » âme « ,  » bien de l’humanité  » est une culture marchandable. La culture peut tout autant être matérielle qu’immatérielle. Tu ne sais pas de quoi tu parles.

      • La pratique et la théorie sont deux choses distinctes. Ce n’est pas parce qu’il y a des pratiques que leur valeur est automatiquement valide. Je sais peut-être trop bien de quoi je parle et ce n’est pas parce que dans les faits la culture est marchandable que j’approuve ou que je doit approuver ce système.

    • C’est au contraire très logique, mais il faut réfléchir un peu au contenu au-delà de la logique faits = opinions et de la logique marchande. Par ailleurs, peut-être faut-il voir la culture pour ce qu’elle est dans son essence et non pas pour ce qu’elle vaut et ce que l’on en fait pour comprendre la logique et le sens de mes mots.

  5. Tu sembles donc approuver de virer les gens du secteur culturel tels que les commissaires-priseurs, si tu es contre le marchandage de la culture.
    C’est comme remettre en cause la nourriture : marchander des animaux morts, cela ne révolte personne, et c’est très bien ainsi.

    • Les gens du secteur culturel sont là pour maintenir la culture et la conserver. Ils ne s’enrichissent pas sur le dos des citoyens en utilisant la culture comme vecteur de marchandage. Si sur l’entrée d’un musée 75 % du prix du ticket est juste utilisé pour enrichir le chef ou autre, il y a marchandage ; si le prix du ticket permet juste au musée d’entretenir ses œuvres par le biais d’opérations de conservations et de salaires des employés qui veillent à la conservation des œuvres culturelles, il n’y a pas de marchandage.

      « marchander des animaux morts, cela ne révolte personne, » => j’ai connu des gens qui sont au contraire révolté par ce système, référence nécessaire.

  6. Non, ta phrase est insensée, comme l’ensemble de ton article.

    À t’entendre, tu nous démontrerais la quadrature du cercle, sans méchanceté de ma part.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s