De la révolution culturelle du XXIe siècle

La démocratisation d’Internet a permis un nouveau mode de diffusion de la culture, qui échappe au contrôle des organisations et vecteurs traditionnels de la culture, où ce ne sont plus les élites qui transmettent la culture au peuple, mais où le peuple transmet directement la culture au peuple. En parallèle, l’ultra-libéralisme et la marchandisation de la culture font apparaître une nouvelle forme de culture populaire, relayée et créée par les médias de masse, qui se démarque de la culture traditionnelle tout en l’influençant. Dans toute cette confusion, les conservateurs de la culture tentent par tous les moyens, légaux ou illégaux, moraux ou immoraux, de récupérer le pouvoir et le contrôle qu’ils détenaient pendant des siècles, se heurtant à la résistance et à l’assaut d’un monde qui ne veut plus qu’on lui dicte ce qu’il doit savoir ou non. Bienvenue dans la grande révolution culturelle du XXIe siècle.

Vision du monde interconnecté

Internet permet de connecter le monde entier à lui-même et de procéder à des échanges culturels sans précédent (Junior Melo, CC-BY-SA 3.0)

De la culture élitiste à la culture libre

Pendant des siècles, la culture a été entre les mains d’une petite élite qui était à la fois producteur et diffuseur de culture. Cette dernière était donc créée et diffusée selon ses seuls critères, avec un contrôle et une censure dont certains aspects pourraient presque rappeler 1984 de George Orwell. Pendant cette longue période, les élites étaient ceux qui savaient et qui décidaient de ce que le peuple devait savoir ou ne pas savoir ; mieux, elles repéraient et engageaient leurs successeurs parmi les talents qui se trouvaient au sein du peuple afin de les formater selon leur mode de pensée et lui accorder un pouvoir qui lui faisait oublier son altruisme envers le peuple. Ceux qui se refusaient à suivre cette pensée unique se voyaient rejetés et calomniés des pires manières possibles par l’élite dominante. La culture et le savoir permettent à ceux qui savent d’avoir un pouvoir inégalé vis-à-vis de ceux qui ignorent et qui veulent savoir. Ils deviennent des instruments d’endoctrinement et permettent de formater le peuple selon les critères établis par la classe dominante qui, ne pouvant se permettre que sa sainte parole soit contestée, n’hésite pas à supprimer ses opposants des manières les plus immorales qui soient.

Ainsi fut la situation de la France de la Révolution jusqu’aux années 70 ; l’affaiblissement de la religion et la chute du pouvoir monarchique avait mis au pouvoir une caste anti-cléricale qui détenait un contrôle absolu sur la culture. Cela fut son arme pour formater le peuple selon son mode de pensée ; cela peut passer par le mythe napoléonien de « Nos ancêtres les gaulois », avec l’arnaque archéologique d’Alésia où certains objets retrouvés avaient en fait été transférés depuis le site supposé de Gergovie et où ceux qui osent contester sa localisation se font immédiatement rejeter par les archéologues, comme si plusieurs hypothèses étaient impossibles (et cette situation demeure encore aujourd’hui). L’école républicaine, bien qu’elle soit un formidable vecteur d’égalité et de diffusion de la culture, reste un instrument de formatage des pensées du peuple ; un très bel exemple est celui de la célèbre Alsace-Lorraine qu’il fallait absolument reprendre aux prussiens, ce simple formatage a ainsi pu permettre une grande mobilisation facile des troupes en 1914. Les années 1960 avec l’existence d’une télévision et d’une radio entièrement contrôlée par l’État sont également un magnifique exemple de ce pouvoir qui détient la culture et décide de ce que le peuple doit savoir ou non et comment il doit penser.

Vue d'artiste du ministère de la Vérité de 1984

« L’ignorance c’est la force » : le contrôle du savoir et de la vérité pour contrôler les masses, un thème orwellien que l’on retrouve dans les élites culturelles de nos pays (Jordan L’Hôte, CC-BY 3.0)

Que ceux qui me lisent se rassurent (en partie), je suis un républicain et je reconnais à la République et à ses institutions les pouvoirs qui lui ont été conférés démocratiquement par le peuple ; le paragraphe précédent ne montrait que les dérives d’une élite qui a su s’installer dans les palais de la République afin d’exercer au mieux son pouvoir. Mais toute chose, même mauvaise, a une fin ; avec la libération des mœurs dans les années 1960-1970, est apparue une nouvelle forme de culture, libre, créée par le peuple et qui échappe au contrôle exercé par la caste dominante. L’ultime sacrilège ! La virulence des attaques des conservateurs et des élites au pouvoir démontre à quel point cette nouvelle culture était un danger pour eux : leur pouvoir et leur contrôle sur les masses était remis en cause, chose impensable dans ces milieux où la tradition monarchique est encore très présente. Pourquoi cette élite n’a t-elle pu cette fois-ci empêcher cette énième contestation de son pouvoir ? Pour deux choses : l’incompréhension des exigences de leurs opposants et parce que cette nouvelle culture n’était pas l’œuvre d’un petit groupe de personnes, mais de toute une génération qui allait transmettre ses idées à ses enfants et petits-enfants. Le législateur a bien entendu du faire des concessions à ce nouveau mouvement libre, renforçant son pouvoir. Mais c’est avec l’arrivée d’Internet que les élites perdirent définitivement leur contrôle sur la culture et le savoir.

Internet et la culture

C’est à ceux qui ont initiés cette nouvelle culture libre que nous devons également la création d’Internet. La conséquence logique fait qu’Internet est imprégné dès ses origines par cet aspect totalement libre de partage et d’échange de la culture qu’il le caractérise encore aujourd’hui. Car tel est le but d’Internet si on doit lui en donner un : être un lieu d’échanges libres global, sans contrôle par les états ou toute autre entité. Sa structure anarchique et auto-régulatrice en fait un paradis pour ceux qui sont enfin libres de s’exprimer et de diffuser ce qu’ils souhaitent, tout en évitant les abus, et un véritable cauchemar pour les états et institutions qui ne peuvent exercer aucun contrôle sur un réseau sans tête pensante et où les internautes sont égaux et protégés par l’anonymat. La conséquence est que les structures hiérarchisées ne peuvent s’insérer ou comprendre Internet, car son fonctionnement ne suit aucune logique hiérarchique et est purement égalitaire et anarchique, de fait elles ne peuvent le contrôler et le contenu ne peut être censuré.

Internet est le plus grand vecteur de culture du monde, de la meilleure comme de la pire. Le réseau suit un processus logique de libéralisation de la culture qui est amorcé depuis plus d’un demi-siècle. En plus de permettre la libre diffusion de la culture déjà existante, il permet d’en créer une nouvelle et de la diffuser tout aussi librement. Ce que l’on appelle maintenant la culture Internet est celle qu’Internet et l’informatique en général engendrent de part leurs possibilités quasi-illimités. Elle se caractérise par une grande mixité et une anarchie des genres qui reflète le fonctionnement même d’Internet, les œuvres issues de cette nouvelle culture sont nés de la pensée à l’origine d’Internet qui anime chaque internaute, sans qu’il en ait forcement conscience.

Vue d'artiste représentant un lien merveilleux oublié

La culture Internet est à l’origine d’œuvres qui reflètent son fonctionnement et la pensée qui l’anime : une liberté anarchique de créer et de partager (Shirley Locks, domaine public)

Culture ouverte contre culture fermée

Il n’existe pas de bonne ou de mauvaise culture, une culture est caractéristique d’une époque et d’un lieu donnés et correspond à un certain type de vision du monde et de mœurs ; en revanche, on peut distinguer les cultures ouvertes des cultures fermées. Les premières sont caractérisées par des notions de partage et d’échanges, qu’ils soient inter-culturels ou intra-culturels, on y retrouve la culture libre ainsi que toutes les cultures qui se nourrissent de l’échange avec d’autres cultures et qui permettent une ouverture de l’esprit humain vers des points de vue divers afin de lui permettre de se forger son propre avis, sans contrainte ou formatage. Une culture nationale peut être une culture ouverte si elle prend en considération les autres cultures qui l’animent, comme les cultures régionales, et si elle accepte d’échanger avec des cultures différentes ; n’oublions pas qu’échanger ne veut pas dire adopter. Des sites de collaboration internationale peuvent être un excellent moyen d’être des lieux d’échanges culturels. Des sites comme Wikipédia sont rédigés par des gens issus de plusieurs cultures différentes ; plutôt que de mettre en place une culture dominante qui écrase les autres, ces sites doivent permettre une mixité et un échange culturels afin de montrer la diversité qui anime leurs communautés, ce qui leur permet de prendre une dimension réellement mondiale et de résister aux tentatives de sabordage provenant des fanatiques et nationalistes de tous poils.

Les cultures fermées sont des cultures qui sont repliées sur elles-même, ne se nourrissant que de leur propre gloire et s’estimant généralement supérieures aux autres, car elles sont les meilleures. Une bonne partie d’entre elles tentent de s’imposer partout dans le monde en écrasant les autres cultures, par des moyens doux ou violents. Les meilleurs exemples de ce type de culture sont la culture américaine, les fanatiques religieux de tous bords ou certains aspects de la culture française. Pour ces cultures, la pureté qui fait l’unicité de la culture doit être préservé autant que possible, quitte à se mettre les autres à dos ; elles sont conservées par de véritables gardiens de temple qui ne tolèrent aucune échange, aucune mixité ou contestation à propos de leur propre culture. Entre le culte entretenu par les gardiens de ces cultures et le nationalisme avec les dérives qu’il entraîne, il n’y a qu’un pas. C’est au nom de ces cultures prétendument supérieures que les élites peuvent asseoir leur pouvoir et l’arrivée d’Internet a engendré une nouvelle grande culture ouverte qui remet en cause cet ordre établit des cultures séparées supérieures les unes par rapport aux autres.

Culture actuelle et culture de la décadence

Ceux qui critiquent Wikipédia se plaisent à railler sa caractéristique à avoir des articles aussi bien sur les grands écrivains que sur les petites starlettes de la télévision ou personnages de jeux vidéos. Ces critiquent sous-entendent que Wikipédia est inférieure aux autres encyclopédies de référence, car elle ne diffuse pas que du savoir académique, mais aussi du savoir populaire, considéré comme étant une culture de classe inférieure par les élites, ne méritant ni étude, ni reconnaissance. Dans leur pensée unique conservatrice et passéiste, les élites n’envisagent pas une seule seconde que notre époque puisse avoir une culture propre, la culture est forcement l’œuvre du passé, pas du présent. Il suffit de lire les programmes de français du lycée pour voir que la culture littéraire s’y arrête à la mort de Jean-Paul Sartre, soit en 1980 ; coïncidence, il s’agit de la même période où la culture a commencé à se libérer du carcan orwellien des élites.

Ces mêmes élites qui parsèment les couloirs de « l’éducation » nationale sont aussi parmi les plus grands flingueurs de Wikipédia lorsque l’occasion se présente. Dans cette catégorie, les plus modérés prônent la séparation sur Wikipédia de la culture académique et de la culture populaire, un peu comme la séparation de l’Église et de l’État, ce qui est normal vu qu’il ne faut pas mélanger les torchons et les serviettes. Il est impensable d’envisager que la culture actuelle serait une culture à comparer et à mettre sur pied d’égalité de la culture de nos aïeuls. Et pourtant, notre société actuelle possède bien une culture et c’est en cela que Wikipédia est une encyclopédie complète : elle dispose d’articles sur toute la culture du monde, de ses origines jusqu’à nos jours.

Image vectorielle représentant une manette de console

Wikipédia serait une encyclopédie inférieure à cause d’articles sur les jeux vidéos ? (Everaldo Coelho et YellowIcon, licence publique générale GNU 2.1)

La culture actuelle n’est pas si différente de celle de nos ancêtres, elle s’est juste adaptée aux nouvelles technologies et aux nouveaux savoirs-faire qui s’offrent à nous ; c’est une évolution logique qui suit son cours depuis l’aube de l’Humanité. Bien sûr, la différence que l’on peut constater est que la culture s’est grandement affranchie de la religion, ce qui explique pourquoi ceux qui critiquent le plus la culture actuelle sont des conservateurs plus ou moins affiliés aux mouvements religieux radicaux. Bien sûr, il y a aussi les élites issus de la « culture classique » qui s’adonnent à dire que les jeux vidéos, les séries télévisées et autres ne sont pas de la culture ou alors une culture de rang inférieur comparée à celle que l’on nous présente dans les musées d’arts ou dans les bibliothèques. Mais malheureusement pour eux, il s’agit bien d’une forme de culture, une culture qui utilise la technologie et ses possibilités et qui est totalement affranchie des règles établies par des dogmatiques qui voient leur pouvoir s’échapper. Cependant, le grand amalgame qui est fait est celui entre la culture actuelle et une de ses composantes, mais qui malheureusement est l’une des plus visibles : la culture de la décadence.

Quelle est cette culture ? Il s’agit d’un type que l’on retrouve régulièrement dans l’histoire de l’Humanité avec systématiquement les mêmes caractéristiques : le grand spectacle, le voyeurisme, l’argent et l’expression sans bornes des instincts primitifs de l’Homme. Pourquoi un tel succès de cette culture qui n’est emplie que de vices ? Parce qu’elle permet au peuple d’oublier les soucis du quotidien dans un monde violent où les états et les structures traditionnelles volent en éclat, elle permet au peuple de ne pas se poser de questions sur ce qu’il voit et elle permet au peuple de manifester ses instincts primaires que la société lui demande d’étouffer sans en être responsable. Entre les émissions de télé-réalité de notre époque et les combats de gladiateurs de l’empire romain, la finalité est la même avec toujours la recherche de l’expression de l’Homme sous sa forme bestiale pour impressionner et divertir les gens ; seuls les lieux changent : la télévision et le salon ont remplacés l’arène.

Gladiateur mourrant

La culture de la décadence nous montre toujours la bestialité et le pire côté de l’Homme, pour le plus grand plaisir de ceux qui voient ces spectacles (Fedor Andreevich Bronnikoff, domaine public)

Cette culture de la décadence révulse t-elle les élites culturelles conservatrices ? En apparence oui, car elle est contraire à la morale et à la pensée formatée qu’elles ont choisies. Mais la réalité peut montrer que cette culture est pour eux un allié de circonstance, car pendant que le peuple regarde sa chute en direct, les élites font en douce la guerre aux communautés libres pour les ramener sur les chemins de la raison ou les réduire au silence éternel.

La guerre des conservateurs

Le mode de pensée des conservateurs est monarchique, pour eux le pouvoir leur revient de droit (divin) et toute personne qui s’en empare est un usurpateur et tout contestataire est un hérétique. Le processus logique de la libéralisation de la culture est que les élites conservatrices tentent par tous les moyens de récupérer ce pouvoir en utilisant l’intégralité des appareils législatif, économique, technique… Pour reprendre ce pouvoir, il faut réduire et contrôler de nouveau l’accès à la culture et à l’aube du XXIe siècle, cela revient à contrôler Internet. Lorsque Internet se démocratise dans les années 1990, les élites tentent tout de suite de prendre un contrôle sur ce nouveau monstre anarchique sans chef (et donc sans responsable). Il faut de toute urgence responsabiliser Internet pour pouvoir avoir un contrôle et avoir un intermédiaire qui exercera la censure voulue par application de la loi. Successivement en France, on tente de faire porter la responsabilité aux FAI, puis aux hébergeurs, mais ces dispositions sont censurées par le conseil constitutionnel, soit la plus haute instance juridique en France ; aux États-Unis, une chose similaire se produit.

Avec la chute des États-nations et l’arrivée au pouvoir mondial d’organisations transnationales comme l’Union européenne ou les sociétés multinationales, ce n’est pas auprès des états que les conservateurs de la culture trouvent leurs alliés, mais auprès des ultra-libéraux. Avec elles, ils vont tenter de mettre en place des lois répressives pour contrôler Internet et ce qui y est diffusé. Dans cette logique, naissent SOPA, PIPA et ACTA des lois respectivement américaines et européenne dont le but est de réprimer les violations de droit d’auteur avec des méthodes dignes de la Corée du Nord ou de l’Iran. Tandis que SOPA et PIPA sont retoquées début 2012 par la grande mobilisation des lobbys de l’Internet, de Google à Wikimedia en passant par Facebook, ACTA est rejetée à l’été 2012 grâce à la grande mobilisation des citoyens européens qui ont permis une victoire écrasante du non (plus de 90 % des suffrages exprimés au parlement européen). Si la bataille législative est pour l’instant en faveur de l’Internet libre, les conservateurs de la culture se lancent dans une opération beaucoup plus perverse.

L’attaque frontale ne pouvant guère marcher face à une communauté nombreuse, soudée et attentive, les élites se livrent à des moyens plus discrets, mais très efficaces pour réduire l’accès à la culture. Les deux axes de cette stratégie sont : donner l’illusion que les élites permettent l’accès libre à la culture à tous et utiliser l’appareil ultra-libéral pour le réduire et le contrôler. Un excellent symptôme de cette stratégie est la numérisation d’œuvres dans domaine public par la Bibliothèque Nationale de France (BNF) par le biais d’une entreprise privée, ce qui rendra l’accès à ces œuvres payant, alors qu’il est sensé être gratuit. Pour les détails, je vous laisse soin de lire le très bon billet de Pierre-Carl Langlais, mais on peut conclure de cette situation que si on compare la stratégie de Google par rapport à celle de la BNF pour la libre diffusion d’œuvres numérisées dans le domaine public, Google est très altruiste par rapport à l’institution française. En résumé, les élites conservatrices de la culture tentent de garder leur contrôle et leur pouvoir en utilisant un procédé illégal qui est le copyfraud, c’est-à-dire s’arroger des droits d’auteur sur une œuvre tombé dans le domaine public, une pratique qui semble déjà courante sur Gallica (les œuvres numérisées dans le domaine public sont marquées d’un copyright).

Symbole du domaine public

L’attaque frontale législative ne pouvant marcher, les élites tentent de s’attaquer au domaine public (Carl Flisch, domaine public).

Les citoyens doivent être propriétaires de leur culture

Pour conclure, nous vivons une révolution culturelle où l’accès libre à la culture et au savoir est enfin possible grâce à Internet. Cependant, le mouvement libre fait face à la résistance de ceux qui détiennent la culture et le pouvoir qui l’accompagnait et qui n’ont pas l’intention de l’abandonner. Pour contrer ces dictateurs de la culture, les citoyens doivent s’approprier leur culture, la découvrir, l’assimiler et la partager à ceux qui ne peuvent y avoir accès. Les citoyens éclairés sont ceux qui ont connaissance de ce qui les entoure et qui savent ; ce sont ceux qui détiennent le pouvoir et dans nos démocraties, le pouvoir ne doit pas être aux mains de quelques élites cultivées, mais aux mains de tous les citoyens. C’est leur vigilance et leur engagement qui feront qu’ils vaincront contre ceux qui croient savoir comment le reste du monde doit penser afin de le contrôler. Les élites culturelles reprendront-elles le pouvoir ? C’est peu probable, car l’expérience d’Internet a déjà atteint un stade irréversible et toutes les tentatives de censure que les élites mettent en place sont vouées à l’échec, car leur incapacité à comprendre son fonctionnement et la pensée qui l’anime ne pourra les amener qu’à engendrer des effets Streisand à la chaîne.

Mais plus encore, pour être vraiment libres et avoir le savoir et le pouvoir, les citoyens doivent venir à la culture qui les attend à bras ouverts et doivent sortir de leurs a-priori sur cette dernière qui n’est pas synonyme de faste ou de richesse financière. La culture est pour tous et n’est pas réservée aux élites qui savent et qui veulent en savoir plus. La culture décadente de notre société est un poison à combattre qui n’est qu’une gigantesque arnaque destinée à divertir le citoyen pendant que les puissants qui se croient tout permis magouillent tranquillement dans leur coin. La vraie culture est celle vers laquelle le citoyen va, pas celle qui est allée au citoyen, c’est celle que le citoyen contrôle, pas celle qui contrôle le citoyen. La culture fait l’Homme et l’Homme fait la culture, ils sont un.

À voir

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6 réflexions sur “De la révolution culturelle du XXIe siècle

  1. Il ne faut pas oublier toutefois qu’on doit la création d’Internet aux militaires, et sa diffusion aux universités américaines, et que ni l’un ni l’autre n’avaient de visées particulièrement altruistes et populaires… Et que l’accès dématérialisé à la culture et à la connaissance passe par des avancées technologiques qui, pour l’instant, hélas, sont loin d’être ouvertes à tous. Sans aller dans le fin fond de l’Afrique il suffit d’essayer de trouver une connexion internet dans le sud du Maroc, voire, pire encore, dans la France profonde. Mais ce n’est pas le principal sujet de ce texte très dense qui mériterait une étude plus détaillée.

    • Sur un plan technique strict en effet, mais l’essence d’Internet tel que nous la connaissons aujourd’hui provient des mouvements hippies qui ont créés ceux que l’on nomme aujourd’hui les hackers. L’accès à la culture passe bien sûr par des avancées technologiques, mais il est possible que d’autres modes de diffusion puissent apparaître ; Afripédia est un bon exemple de cette diffusion hors ligne.

      Bien sûr que je pourrais aller plus loin, mais il ne s’agit là d’un petit essai et si je devais tout détailler, je devrais éditer un livre ;).

  2. Pingback: Wikipédia et les médias : l’éternelle incompréhension | Juraastro

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