Comment débuter sur OpenStreetMap en France

Logo d'OSM

Logo d’OSM (OpenStreetMap, CC-BY-SA 2.0)

Projet de cartographie mondiale libre créée collaborativement par une communauté d’utilisateurs anonymes, OpenStreetMap (abrégé en OSM) est aujourd’hui un projet du monde libre qui fait autorité dans son domaine, après 9 ans d’existence (créé en 2004). Si la plupart des villes et bourgs du monde sont bien couvertes avec une exactitude relativement bonne (les améliorations encore possibles étant plus de l’ordre du détail que seuls les perfectionnistes dans mon genre iraient modifier XD), de nombreux villages des campagnes sont encore peu ou pas du tout traité, dans certains cas, seuls leur nom est indiqué au milieu de nulle part sur un fond qui n’attend plus qu’à être complété.

Étant un projet libre, il vous est très facile de contribuer à OSM si vous avez quelques notions en cartographie et si vous maîtrisez un peu l’anglais, et vous pourrez ainsi améliorer le traitement cartographique de votre village, quartier, département ou même de votre région préférée ! Je vous indiquerai via ce billet quelles sont les astuces et les meilleurs outils pour débuter sur OSM, et particulièrement avec un éditeur assez complexe, mais très complet nommé JOSM. Cependant, pour contribuer à ce projet, vous devez impérativement créer un compte. Avant de modifier une carte, n’oubliez pas non plus de vous renseigner sur le wiki de documentation.

L’éditeur

Modifier une carte d’OSM nécessite de passer par un logiciel spécialisé créé pour OSM que l’on nomme l’éditeur. Il existe deux grands types d’éditeurs : l’éditeur interne et les éditeurs externes. Si vous débutez complètement dans la contribution à OSM, je vous conseille d’abord d’utiliser l’éditeur Potlatch 2 qui est l’éditeur interne intégré au navigateur. Ce logiciel fonctionnant en flash et étant d’autant plus lourd si la carte possède beaucoup d’objets, je vous conseille de limiter au maximum d’ouvrir en même temps d’autres applications en flash sur votre navigateur, au risque de voir le plugin planter, et par conséquent de perdre toutes vos données non enregistrées sur OSM. Malgré ce défaut (qui dépend en grande partie de votre navigateur, donc fortement déconseillé aux utilisateurs d’Internet Explorer et aux navigateurs ne supportant pas le support Adobe Flash), Potlatch est un excellent outil pour démarrer la modification sur OSM de par son interface d’édition en WYSIWYG (vous voyez directement le résultat de vos modifications, comme sur un logiciel de traitement de texte de type Word) et aussi par un balisage prêt à être configuré, couplé à une aide claire.

Si vous souhaitez travailler de manière plus « privée » (avec Potlatch 2, vous travaillez sur Internet directement à partir d’une interface web), vous pouvez aussi utiliser un éditeur externe qui est un logiciel que vous installez sur votre ordinateur, ce qui a l’avantage de vous permettre de sauvegarder vos données sur votre disque dur, contrairement à Potlatch 2. Les deux principaux éditeurs pour OSM sont Merkaator et JOSM qui peuvent aussi bien être installés sur Linux que sur Windows ou Mac/OS. N’utilisant pas Merkaator, je ne peux que vous recommander de lire sa page de documentation. JOSM est quant à lui un logiciel fonctionnant sous Java, ce qui implique d’avoir Java d’installé sur son ordinateur pour le faire fonctionner. JOSM se démarque par une interface WYSIWYM (opposé du WYSIWYG) et est destiné à des contributeurs plus expérimentés. Cependant, l’utilisateur dispose d’un accès direct au code des différents objets et peut les modifier et les paramétrer en détail. Ce logiciel permet également de faire des tests ou encore de travailler à l’écart du serveur OSM sans qu’aucune des données sur lesquelles nous travaillons ne soit modifiée par un tiers durant ce laps de temps (les données étant importées sur l’ordinateur). Cependant, attention aux conflits de versions qui peuvent apparaître si un utilisateur a modifié la même zone que vous avant que vous ayez pu envoyer vos modifications, il vous faudra dans ce cas d’abord actualiser les données modifiées sur JOSM avant d’exporter les données que vous avez modifiées.

Outils intégrés

Prototype du plugin Cadastre-fr

Prototype du plugin Cadastre-fr (Pieren, CC-BY-SA 2.0)

De nombreux outils peuvent être utilisés pour modifier et améliorer précisément les cartes d’OSM. Le premier outil de base que l’on trouve sur Potlatch 2 est la vue aérienne qui se révèle être utile pour tracer des routes, des voies ou pour délimiter des zones de forêts ou encore des étendues d’eau. Pour rendre la carte encore plus précise dans la délimitation des bâtiments, dans le tracé des routes ou encore dans la délimitation des zones modifiées par l’homme est l’utilisation du cadastre français (attention aux éventuelles erreurs qui peuvent exister). L’utilisation du cadastre peut se faire sur JOSM à l’aide d’un plugin nommé Cadastre-fr ; ce plugin permet d’obtenir en fond les images numérisées du cadastre français et ainsi obtenir une très grande précision pour délimiter notamment les bâtiments et les différentes zones d’une ville ou encore des champs.

Outils annexes

En complément des outils intégrés, vous pouvez affiner vos modifications en utilisant des outils ou des sites externes gouvernementaux ou d’institutions spécialisées. Géoportail se révèle être très intéressant pour comparer les vues aériennes aux délimitations de zones du cadastre afin de faire correspondre au mieux les limites de zones comme des limites champs-résidence ou champ-forêt. Un site qui fait référence pour la délimitation et la désignation des zones d’occupation des sols est le site de Corine Land Cover, un programme européen destiné à cartographier l’occupation des sols en Europe. La plupart des zones d’occupation des sols en Europe délimitées sur OSM sont issues de la récupération des données des cartes de ce programme (la réutilisation de ces données étant libre tant que la source est citée). La précision de la délimitation de cette carte étant parfois un peu légère à l’échelle locale, je recommande d’utiliser cet outil en couplage avec Géoportail et le cadastre afin de délimiter le plus précisément possible les zones d’occupation des sols.

Enfin, tout dernier outil très utile et presque indispensable : la connaissance personnelle de la région que l’on cartographie.

Licence Creative Commons
Cette œuvre de Juraastro est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Pas de Modification 3.0 non transposé.

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