La culture libre, cet iceberg sur l’océan de la société (1)

Iceberg en Antartique éclairé par le soleil

Georges Nijs, Wikimedia Commons, CC-BY 2.0

Partie 1 : la vision de la surface

La société est comparable à un immense océan, à la fois unifié tout en étant divisé. Ceux qui naviguent dans ses eaux doivent apprendre à la dompter, à la connaître et à maîtriser son navire en fonction de ses humeurs. Parmi ces objets flottant sur cet océan, la culture libre est semblable à un immense iceberg ; seul un dixième de son volume est visible, nous savons que les neuf autres dixièmes existent, mais nous ne connaissons ni leur nature, ni leur organisation. Cet iceberg ne fond pas, car il a su dompter la mer sur laquelle il dérive et sait sous quelles latitudes il doit rester pour maintenir son intégrité et comment faire face aux exigences et aux humeurs de la société.

Un géant célèbre, mais inconnu

L’iceberg de la culture libre s’articule autour des principes de libre partage et de libre réutilisation. Les auteurs des œuvres laissent aux utilisateurs la liberté de modifier et de diffuser l’œuvre pour qu’elle puisse être améliorée et se pérenniser. La création de ces œuvres se fait très souvent dans le cadre de projets collaboratifs entre des personnes partageant des sensibilités semblables autour d’un même objectif. Nous ne voyons qu’un seul dixième de cette immense structure interconnectée où les différents projets vivent en symbiose et échangent entre eux. Ce dixième est constitué des projets les plus connus (Linux, Wikipédia…), mais nous n’en connaissons que la surface que la société daigne vouloir nous montrer. Par ailleurs, nous ne connaissons pas les neuf autres dixièmes cachés par les eaux sombres de l’océan de la société qui n’a pas propulsée ces projets dans la partie émergée de l’iceberg.

Une blancheur apparente

Lorsque nous voyons la surface blanche de cet iceberg brillant au soleil, nous aimerions bien voir cette blancheur à l’intérieur même de la structure. Mais en fouillant sous cette surface glacée, nous nous apercevons que la glace est constituée d’un bleu océanique ; grande déception, nous ne rencontrons pas la pureté blanche de la surface. Pourquoi cela ? Tout simplement parce qu’à force de regarder la surface de cette masse immense, à écouter les beaux sons qu’elle émet, nous en oublions qu’elle est constituée des eaux bleutées de l’océan de la société, cette société qui ne peut et ne pourra jamais fournir cette blancheur pure. Notre vision de la surface de l’iceberg est faussée par l’image idéalisée que nous nous en faisons, couplée à l’illusion d’optique fournie par la lumière du soleil.

Entendrais-je par là que le fonctionnement des projets libres ne sont que des tromperies ? Non, je dirais plutôt que le citoyen ne se borne qu’à écouter l’iceberg et à le regarder, il ne cherche pas à savoir comment il est fait, il l’idéalise à partir de ses observations superficielles, de ses impressions et de ses sentiments. Il en fini par croire que le libre est une facette pure de la société, mais oublie qu’il est constitué de simples humains issus de la société, avec leurs qualités et leurs défauts. Le citoyen ne voit que les qualités, mais en creusant sous cette surface pure, il (re)découvre les défauts et en tire une amère conclusion qu’on l’a trahi, alors qu’il s’est menti à lui-même sans le savoir.

Le citoyen peut connaître l’inconnu du libre

Au final, que peut-on conclure ? Que le citoyen a la possibilité de fouiller et de naviguer dans cet iceberg de la culture libre, grâce à la transparence des projets, à l’open-source et aux licences libres. Il navigue sur l’océan de la société qui aimerai qu’il reste sur le pont de son navire pour qu’il ne puisse voir que ce qu’elle veut lui montrer. En faisant fi de cette surface, il peut plonger dans les eaux sombres pour découvrir la facette cachée que la société ne montre pas. Mais pour cela, le citoyen doit faire l’effort de s’équiper, de plonger et de découvrir tout en gardant un esprit critique vis-à-vis de ce que la société lui montre, sinon il est condamné à n’être déçu que lorsqu’il découvre tout ce que la société lui a caché et tout ce qu’elle lui a miroité.

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